ZENITER-Alice--sombre-dimancheJe ne connaissais pas Alice Zenitzer, jeune auteur de 26 ans qui parait il s'est fait connaitre en publiant il y a trois ans Jusque dans tes bras, une satire de la politique française d'immigration. Les éditions Albin Michel ont permis de me faire découvrir cet auteur à l'occasion de son second roman,  Sombre Dimanche paru pendant cette rentrée de janvier, et c'est peu dire que je ne le regrette pas.

En effet, Sombre Dimanche est une saga familiale comme je les aime, qui mélange habilement petite et  histoire avec un grand H et surtout qui nous invite au voyage, dans une région qu'on connait peu, à savoir les bords du Danube,et plus précisément, à Budapest, en Hongrie, où elle a campé son intrigue. C’est un roman sur  la Hongrie,  un pays où la jeune romancière a travaillé et où elle se rend très régulièrement.

Les mutations politiques que connaît la Hongrie depuis plus de cinquante ans ont des répercussions dévastatrices sur la vie des protagonistes qui vivent et meurent au rythme des révolutions populaires et des soubresauts géopolitiques.

Ce sont quinze ans de la vie d’Imre que nous suivons dès lors dans ce Sombre dimanche ( du nom d'une chanson populaire très connue en Hongrie). Quinze années aussi de la vie d’une famille, avec les souvenirs qu’elles charrient et les deuils qu’elles amènent.

Mais sur tout la longueur du livre, sont racontés carrement pratiquement 50 ans d’histoire de la Hongrie, de l’espérance communiste au rêve européen moderne, tous deux anéantis par le joug soviétique.

 Alice Zeniter nous offre un récit à la fois drole et touchant  dans lequel les personnages souffrent d'une incompatibilité  au bonheur. Le livre, comme les grandes sagas familiales, traite de plusieurs grandes thématiques : la politique, les secrets familiaux, les affres de la passion, les relations amicales.

Roman à la fois grave et tendre, et  qui nous ménage des moments bien plus légers et même assez fantaisistes, grace à certains dialogues pas piqués des vers, ce Sombre dimanche est une des très bonnes surprises de cette rentrée littéraire de janvier 2013.