the-a-la-menthe-ou-t-es-au-citronLa semaine passée, lors de mon article sur les ouvrages autour du théâtre, je vous disais que j'avais vu deux pièces de théâtre à deux jours d'intervalle, et il est donc plus que temps que je revienne un peu sur la première  de ses deux soirées théâtre, qui, une fois n'est pas coutume, s'est déroulée loin de ma bonne ville de Lyon.

En effet,  j'ai profité d'un séjour  familial de quelques jours sur Paris pour assouvir mon désir de visionner une des pièces phares qui se jouent sur la capitale, et si possible avec un grand nom en tête d'affiche.

Désirant voir en priorité des pièces légères (autant, je préfère des drames au cinéma, autant en spectacle, je préfère un peu plus de gaieté que de gravité), j'avais opté pour celle qui fait rire le Tout Paris, à savoir  Une heure de tranquilité avec l'immense Fabrice Lucchini.

N'étant pas sur place,j'avais chargé ma  chère maman  de réserver des places un mois à l'avance en n'imaginant pas une seule seconde que tout était déjà réservé deux mois avant, et que même les réservations pour la reprise des représentations en octobre prochain étaient déjà presque complètes.

Même punition pour la pièce  de Francis Veber avec Gugnot, Cher Trésor ou celle avec Pierre Arditi. Du coup, j'ai mis de coté mon envie de voir de grands acteurs et j'ai assuré mes arrières en allant voir une pièce qui  fait un vrai carton  depuis plus de vingt ans sur Paris, et qui a notamment eu le molière 2011 de la pièce comique.

Cette pièce, c'est  Thé à la menthe ou t’es citron, une pièce de l'auteur à succès  Patrick Haudecoeur, habitué des succès retentissants : Frou-Frou-les-Bains, La Valse des Pingouins…Depuis trois ans ans qu'elle joue au théâtre Fontaine,  elle fait le plein tous les soirs ( à'lheure où les autres théatres ont bien du mal à se remplir), les spectacteurs en ressortant souvent avec la pèche et ayant eu leur dose de rire.

Dans Thé à la menthe ou t’es citron, on assiste aux répétitions d'une troupe, un peu comme dans une pièce que j'avais adoré dans ma jeunesse, Et comment va ce vieux John?, une pièce qui m'avait fait hurlé de rire et que j'avais revus deux fois en deux ans d'intervalle.?

Dans les deux cas, on nous raconte les péripéties d’une troupe de théâtre miteuse qui prépare un vaudeville. De l’ultime répétition à la première, la pression monte et l’ambiance devient électrique.

Si on ne sait pas au début d'une pièce qu'on assiste aux répétitions, on peut vite halluciner tant les acteurs jouent faux et outrés et que la pièce semble être un boulevard du plus mauvais effet. 


Heureusement très vite, on voit l'envers du décor et on s'apercoit que ­Julien, fils du producteur de théatre et pas forcément très finaud, le rôle principal de ce vaudeville, celui d'un gentleman cambrioleur. Sa partenaire bourrue ne lui facilite pas la tâche. ­

 Et la pièce nous dévoilera un éventail de professionnels du monde du théatre qui ne le sont pas vraiment ( professionnels) : une metteur en scène qui prodigue des explications pour le moins  filandreuses, une actrice principale au bord de la crise de nerf, un technicien nonchalant, une costumière insensée, un jeune premier extrêmement maladroit...

Pour moi qui venait de lire ces deux ouvrages sur le monde de théatre, voir l'envers de ce monde dans ce qu'il y a de pire était assez jouissif, même si la pièce reste un peu au ras de paquerettes sur ce sujet, et surtout, met quand même un peu de temps à prendre sa vitesse de croisière.

Car si la première partie, celle des répetitions, m'a laissé un peu de marbre, tant on est dans la caricature, la seconde, avec le soir de la première, qui évidemment, va se passer aussi castatrophique qu'annoncé, est assez tordante et a déclenché les rires en cascades. Lors de la grande première de la pièce, les protagonistes doivent compter avec des imprévus et les catastrophes s'enchaînent.

L'intérêt de la pièce monte crescendo après des débuts déroutants, le spectateur entre, complice, dans la folle ronde que mènent les acteurs avec en point d'orgue un festival burlesque des clichés du théatre de boulevard.

Grace à cette seconde partie, enlevée et drôle, le spectacle reste un bon divertissement,  joué par des comédiens qui maitrisent assurément leur sujet ( dont dans cette nouvelle distribution les experimentés Eliza Maillot et Urbain cacelier (l'épicier d'Amélie Poulain)  mais tout cela ne mérite peut-être pas, à mes yeux, le titre de meilleur spectacle comique de 2011.

N'y avait t-il vraiment rien de plus drôle cette année là dans les théatres parisiens? En 2011, mais en 2013, également d'ailleurs...

Ne les fréquentant plus, je ne saurais répondre à la question, mais en tout cas, j'ose imaginer que Lucchini chez Zeller m'aurait plus enthousiasmé, ne serait ce que parce que Lucchini en chair et en os, quand même, c'est autre chose que cette sympathique troupe de "théophiles".....