Baz'art  : Des films, des livres...
22 mai 2013

Ces invisibles qui ne le resteront assurément pas!!

dvd invisiblesL'année passée, j'avais tendance à penser que s'il y avait une thématique qui émergeait le plus dans mes lectures et les films que je voyais, c'était certainement celle- terrible- du deuil d'un enfant, avec au moins 6 livres et 3 films vus sur le sujet.

Cette année, incontestablement, une thématique principale semble se profiler d'après la grande majorité de mes chroniques, et c'est celle de l'homosexualité (ma récente chronique du beau Yossi étant le dernier exemple en date).

Sans doute est-ce du au fait que la question de l'homosexualité est devenu le sujet de société numéro un depuis le débat sur la loi  autour du mariage pour tous, toujours est t-il qu'une quantité d'oeuvres, notamment cinématographiques, abordent ce sujet,  souvent de façon intimiste et intelligente, et comme c'est vers ce genre d'oeuvres que je suis le plus souvent attiré, c'est celle ci que je regarde en priorité.

Et parmi ces oeuvres vues récemment abordant frontalement le thème de l'homosexualité, un de mes belles experiences cinématographiques réside indubitablement dans la vision en DVD test du film documentaire de Sébastien Lifshitz, Les Invisibles, et je sais pertinement que je ne suis pas le seul à le penser, tant ce film a fait fureur un peu partout où il a été présenté.

  Ce documentaire, sélectionné à Cannes Hors Compétition (une rareté et un  honneur pour un documentaire), a connu un succès public considérable, ainsi que la consécration suprême en février dernier,  avec le  César du Meilleur documentaire.

N'allant peu voir des documentaires en salles, non seulement car j'aurais tendance à être a priori plus attiré par la fiction et aussi car peu de cinéma sur Lyon n'en passe ( excepté ce cher Comoedia dont j'ai parlé récemment) , je n'avais pas dérogé à mes régles avec Ces Invisibles, et m'en  étais un peu voulu surtout au moment des Césars ( quand même j'aurais pu au moins aller voir le meilleur documentaire français de l'année!)

Heureusement, grâce à Ad Vitam, distributeur du film, et éditeur du DVD, qui est sorti le 2 mai dernier, j'ai pu voir le DVD du film, et les passionnants bonus qui l'ont accompagnés et à la vision de l'oeuvre de sebastien Lifshitz, je peux affirmer que cette reconnaissance générale est plus que largement méritée!

Pour ceux qui seraient passés à cotés du buzz autour de ce film, rappelons un peu l'origine du projet. Le cinéaste Sébastien Lifschitz, dont j'avais déjà beaucoup aimé les  premières fictions Les Corps ouverts » (1998) ou, Presque rien » (2000), et un peu moins ses plus récentes, a choisi de donner la parole à une douzaine de personnages ayant pour points communs leur âge supérieur à 70 ans et leur homosexualité assumé.

En nous exposant à travers leurs récits, extrêmement émouvants, leur parcours, ces témoins d’un âge, où le regard envers leurs attirances sexuelles était particulièrement négatif, nous rappellent que la lutte contre l’homosexuel qui fait rage aujourd’hui est issue d’un combat social datant d’un demi-siècle.

 Dans un cadre  profondément cinégénique (le cinéaste a choisi le format scope, inhabituel pour un documentaire, mais dont le choix s'avère profondément cinématographique et judicieux) ,constitué de splendides  vues rurales, ou de vues des calenques marseillaises, chaque intervenant  revient sur des décennies de vécu dans une société qui les mettait au ban, les contraignant au silence, à l’aliénation conjugale dans des mariages non désirés ou les forçant au combat, à la revendication, alors que leur différence était désapprouvé par tous, à commencer par la loi républicaine... 

Avec sincérité et sans fausse pudeur, ces homosexuels qui ont  tous  aujourd'hui entre 60 et 80 ans nous livrent leurs témoignages et différents parcours et répondent tous, différement à cette même question posée: comment assumer et vivre au grand jour une orientation sexuelle considérée comme maladie psychiatrique dans la France de l'après-guerre?

La grande force du film, c'est que jamais  leur discours  n'est hargneux, vindicatif,  ni didactique, tant ces protagonistes possèdent énormément de recul sur leur histoire, de vivacité d’esprit également.  Ils nous racontent leur combats, leurs désilussions, leurs frustrations, certes, mais aussi et surtout  leurs joies, leurs bonheurs et leur  quotidien aujourd'hui.

Une oeuvre à la fois instructive, intelligente et sensible, parfois même amuante qui insistent sur l'humanité de ses hommes et femmes à la fois tellement ordinaires et tellement extraordinaires.

J'ai particulièrement apprécié l'espieglerie de Bernard, la franchise et la ( fausse?) candeur de Pierrot,  et l'humour  et la malice de Thérèse, mais je pourrais tous les citer, tant chacun dans leur genre proposent des témoignages passionnants....

 Car ces hommes et ces femmes, de classes sociales différentes,  savent parfaitement exprimer  travers de leur vécu différent, un témoignage d’une époque révolue, alors qu’aujourd’hui la France débat sur le mariage pour tous. Vraiment un magnifique documentaire qui n'a pas volé sa reconnaissance unanime!!

Et le long entretien avec le cinéaste, présent dans les b onus du DVD nous montrent si besoin est que Sébastien Lifshitz a porté son projet depuis longtemps et a fait un choix cornélien pour trouver ses invisibles. Le réalisateur révèle l’origine du projet, les rendez-vous ratés avec certains anonymes qui n’ont pas pu faire ce film, il évoque ses choix artistiques pour obtenir une authentique réalisation de cinéma et non un documentaire télévisuel, ou la réception généreuse de son film et notamment comment ses protagonistes ont ressenti cet engouement. 

Commentaires
B
c'est vrai qu'on n'en voit pas tant que cela sur les blogs, et moi meme j'en parle pas tant que cela, mais prochainement j'ai prévu d'en parler d'un autre qui a encore eu plus de succes que ces invisibles :o) merci pour ton com bonne soirée
Répondre
M
J'en avais entendu parler lors des Césars et je dois dire que ce docu me donne très envie. Ca a l'air d'une très belle oeuvre et je pense que je vais essayer de me le procurer en dvd... c'est chouette de lire des reviews de documentaires, j'adore ça et on n'en parle pas assez ! :)
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 475 305
31e édition des 𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐣𝐨𝐥𝐚𝐢𝐬
 
 
 

 

Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

Après avoir annoncé la venue de Sting, Aluna dévoile la suite de sa programmation 2027 : Orelsan, PLK, Vianney, Lost Frequencies, Suzane, Yann Muller, le collectif “Ensemble !!!”, Manon Lisa et St Graal rejoignent l’affiche. À Ruoms, près des gorges de l’Ardèche, le festival réunit les générations et les univers musicaux dans un cadre singulier : un camping cinq étoiles devenu le berceau d’une aventure musicale portée par tout un territoire.

 

 

 

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

  

 la 27e édition de l'Arras Film Festival  se tiendra du 6 au 15 novembre 2026.

Des avant-premières en présence des équipes de films, des invité.e.s d'honneur (Jean-Pierre Jeunet, Volker Schlöndorff, Yolande Moreau & Gilles Porte);  la compétition européenne;  un focus sur le cinéma belge; les Visions de l'Est; 2 rétrospectives ("Crimes à l'Italienne", avec des films de Pietro Germi, Mario Bava, Dario Argento, Elio Petri ...& "Patron, ouvriers, révolution", pour explorer un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière);
Pas moins de 115 films seront présentés!! 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés