grande-boucle-L-9LmQIwPas de sélection des 3 films de la semaine pour ce mercredi 12 juin, car, mis à part le nouveau Sofia Coppola, The Bling Ring,  dont j'ai déjà parlé ici même, ce mois de juin n'est pour le moment, pas vraiment fertile en grands films, et il m'est  dès lors, et cette semaine encore, un peu difficile d'en ressortir trois.

En lieu et place de ma rubrique traditionnelle, je vais donc vous donner un compte rendu critique d'un film qui sort en salles ce jour, un film que j'ai vu quelques temps avant qu'il sorte, et que je n'aurais pas forcément placé au départ dans mes 3 de la semaine.  Ce film, c'est La Grande Boucle, la nouvelle comédie de Laurent Tuel, le cinéaste de Jean Philippe, avec Johnny Halyday,  dont je vous ai déjà parlé à l'occasion du jeu concours que j'ai lancé la semaine passée.

La Grande boucle, comme son nom l'indique, a pour toile de fond le tour de France, et j'ai pu le voir il y a un peu plus de 15 jours de cela, lorsqu'il est passé dans le Pathé de ma ville,  dans une salle pleine à craquer pour notamment venir acclamer l'enfant du pays,  Clovic Cornillac bien sûr,  qui ne manque pas une occasion de revenir sur Lyon et de clamer son amour pour sa ville natale!!

Mais Clovis n'était pas le seul à être venu présenter cette grande boucle, car il y  avait autour de lui,  toute l' équipe du film au grand complet, et surtout étaient aussi présents de grands sportifs lyonnais ( dont le staff complet de L'olympique lyonnais), et également   Gérard Collomb, le Maire de Lyon, assis juste à coté de moi, et toute l'équipe municipale chargée du sport!!

Il faut savoir que le Tour de France va passer sur Lyon cette année, le 13 juillet prochain exactement, avec même un passage sur ma chère colline de la Croix Rousse, et que, ce film, complètement à la gloire du Tour, était une opportunité magnifique de faire la promotion de cet évenement, qui malgré quelques couleuvres avalées ces derniers temps, notamment avec ces affaires de dopage qui empoisonnent chaque année l'actualité du Tour, reste un des derniers évènements sportifs fédérateur et universel.

Même ceux qui détestent le Tour de France ont forcément une anecdote ou une émotion qui lui est rattachée, cette fameuse ambiance de juillet caniculaire où l'on est  bercé par le moteur de l'hélico alors que le caméraman s'attarde sur le clocher d'une église d'un village bien paumé au fin fond du limousin et que l'inénarrable Jean Paul Olivier nous raconte pour la énième fois que c'est ici que Louison Bobet a attaqué au kilomètres 124 dans la montée de Saint Rouergue pour partir à la victoire finale.....Pas la peine d'aller piocher bien loin ces souvenirs, c'est gravé au fin fond de ma mémoire, et en discutant avec les gens, je m'aperçois qu'on est des milliers à avoir ces mêmes souvenirs, et à regretter ce temps doré où le Tour de France avait, me semble t il , meilleure presse et meilleure réputation que maintenant!!

Bien qu'on le raille parfois, et moi aussi de temps en temps, je reconnais à cet évenement hors du commun  une vertu essentielle, celle d'exhaler  un idéal sportif, avec les principes de solidarité et d'entraide inhérentes, et qu'il contribue aussi à mettre en valeur la beauté des nombreuses régions de France qu'il traverse au gré de chaque étape.

Ce qui est certain, c'est qu'il paraissait étonnant que cet évènement hors du commun n'ait pas encore SON film à lui, et c'est désormais chose faite avec cette Grande Boucle, une comédie qui chante totalement les louanges du Tour, et qui a obtenu l'aval et le soutien de l'ASO, la société  organisatrice du tour qui a accepté que l'équipe du film tourne pendant la course de l'an dernier, mais à condition qu'ils aient un droit de regard sur le scénario. 

Cette collaboration avec l'ASO constitue à la fois un atout et une des limites de ce film. En effet, dans un premier temps, cela donne un vrai gage de crédibilité sur l'aspect sportif du film. Tout l'aspect captation du tour est parfaitement fidèle à la réalité, on s'immerge bien dans l'atmosphère propre au tour, et  on ne constate que très rarement ( Nelson Monfort dont je vais reparler très bientôt)  un manque de justesse ou d'authenticité sur la course et sur l'ambiance propre au tour.

La grande famille du milieu cycliste est ici parfaitement retranscrit, et l'on voit bien que sur le Tour de France, cohabite à la fois en toute bienvaillance cyclistes professionnels,  amateurs, et les grands admirateurs qui s'installent sur le bord des routes pour assister aux passages des coureurs.

 Mais malheureusement, cette volonté de servir complétement le Tour de France donne aux film un coté publicitaire et hagiographique pour le moins génant : entre les différents placements de produits et de sponsors ( Cochonou, sport 2000 ect) que l'on voit tout au long du film,  les participations vraiment à coté de la plaque de Nelson Monfort  et de Michel Drucker à la toute fin du film, et la volonté de ne pas surtout pas parler des choses qui fachent ( le dopage est esquissé vers la fin du film, mais vraiment pas de façon bien sérieuse) confère au film un aspect "grande opération marketing" qui a tendance à primer largement sur le coté  artistique et cinématographique de l'oeuvre.

En le comparant à un autre film francophone que j'ai vu et qui a également comme thème principal le cyclisme  (mais pas exclusivement comme ici sur le Tour de France), je reconnais aisément que le Vélo de Ghislain Lambert  était bien plus percutant et convaincant, mais Laurent Tuel (dont le "Jean Philippe" ou alors Jeux d'enfants avec Karin Viard étaient déjà moyens) n'est pas l'excellent Philippe Harel et puis, un film avec Poelvorde est forcément au dessus des autres dès le départ.

Mais le film n'est pourtant pas du tout honteux, comme peuvent l'être certaines comédies françaises, grace aux vertus  dont je parlais plus haut, qu'il défend  du début à la fin du film, et grâce aussi au regard plein de tendresse qu'il pose sur ces gens modestes et passionnés. Ces personnages bien sympathiques sont défendus par des acteurs parfaitement dans leur rôle, comme Philippe Duquesne des Desciens,  ou encore le toujours épatant Bouli Lanners, terriblement attachant en directeur sportif vaguement escroc mais tellement  humain. 

Et dans le role principal,  Clovis Cornillac qui  interprétait déjà un sportif  (footaballeur) dans Mensonges et Trahisons de Laurent Triard, montre qu'il est toujours très à l'aise dans les rôles très physiques et  populaires, et il croit bien à son personnage. D'ailleurs,  lors de la rencontre après le film, Clovis, devant sa famille, et donc très en forme, nous a avoué qu'il avait vraiment donné de sa personne  lors du tournage, en faisant des kilomètres et des kilomètres de vélo, même en haute montagne .

Ce rôle de sportif qui ira au bout de lui même pour récupérer et sa femme et l'estime de son fils (rattrapé finalement bien vite, mais on est dans une comédie qui ne s'embarasse pas forcément de psychologie) lui va comme un gant. Le casting est donc aux petits oignons, et cela  fait partie des points positifs de ce film pas du tout désagréable à la vision, mais qu'on oublie quand même pas mal peu de temps après l'avoir vu...

Mais, pour répondre à la question posée dans mon titre, sachez, que si vous aimez le vélo, n'hésitez pas, ce film vous fera passer un excellent moment de divertissement. Dans le cas contraire, et si aussi, vous êtes allergique aux comédies franchouillardes populaires, vous pouvez passer votre.....chemin!!!!

Les participants à mon concours auront remarqué que mine de rien dans ma chronique, j'ai répondu aux deux questions posées lors de ce jeu concours qui s'est fini hier et dont le nom des gagnants est en ligne...fort, le filou, pas vrai?