daran Je ne suis pas sûr que si je vous dis  : "Qui va là, j'te prie ?", ca va parler à grand monde, mais pour moi, cette phrase fut mon précieux sésame de mes nuits d'adolescence et de passage à l'âge adulte, lors de mes-nombreuses- nuits d'insomnie.

Cette phrase, c'était un dénommé Maurice, animateur sur Skyrock, qui la sortait à tout bout de chanmps à ces auditeurs.

Je ne saurais expliquer pour quelle raison, ce Maurice, si éloigné de moi sur plein de domaines, me fascinait totalement, sans doute la voix, au point que je me laissais influencer par mal de ses recommandations.

Il était tellement persuasif que  ses conseils musicaux  pouvait  me pousser à écouter des choses à priori totalement écoutés des miens. Maurice aimait ( aime toujours, même si j'ai appris qu'il est actuellement installé à la Nouvelle Orléans) le rock qui tache, qui remue l'âme et le corps.

Mais dans ces rockeurs purs, il y en avait un qui était un peu différent de ce qu'il diffusait généralement....

Je veux parler de Daran et les chaises, un groupe de rockeurs que Maurice  défendait avec sa passion habituelle, en diffusant quasiment tous les jours sur ses ondes,  deux ou trois morceaux emblématiques de son émission, des morceaux comme "8 Barré", "Dormir Dehors" ou "Via Felicita", des morceaux qu'il diffusait en générique de fin de son émission, vers les 2 heures du matin, collant parfaitement à l'ambiance d'avant coucher.

CLIP: Dormir dehors - DARAN

  Daran et les chaises, c'était le nom d'un groupe composé du leader, Jean-Jacques Daran  et des musiciens et amis, les fameuses chaises en question.  Par la suite, "Dormir dehors"  fut diffusé sur d'autres ondes que sur Skyrock et son émission, vous l'avez surement déjà entendu, et son deuxième album, Huit barré, le propulse sur le devant de la scène en 1995, grâce à ce  tube Dormir dehors.

Cet album, "Huit Barré", je l'ai écouté des jours et des jours pendant plus d'une année, tant j'étais sensible à cet univers pop rock rempli de plages mélancoliques à la guitare, et aussi de ses textes pleines d'énvie d'évasion, de rendez vous manqués, de critique de la société matérialiste de l'époque ( ca s'est pas beaucoup arrangé depuis).!

Et ce qui m'a certainement le plus touché chez Daran, c'est sa  voix hors du commun, une voix profonde qui entre droit au coeur  et réhausse un peu l'âme...

Daran a ensuite connu un beau petit succès avec cet album ( il n'avait plus besoin de l'aide de Maurice) puis avec le suivant, Déménagé en 1997, mais ensuite il s'est un peu perdu, laissant tomber ses comparses meublés, et préférant mettre son talent d'auteur pour d'autres artistes comme Florent Pagny ou Calogero, et a retenté un retour en 2007 avec un très bel album le petit peuple du bitume en 2007 que je suis un des seuls à avoir acheter et à avoir adoré, tant on reconnaissait son style lyrique et saturé en même temps. Cet album, composé de pas mal de longues plages, aux solos instrumentaux longs et ébouriffants, contenait quelques perles exceptionnelles, comme ce Mouvement des Marées dont je ne suis pas encore revenu : 

Daran m'a toujours émerveillé par la qualité de sa voix, sa musique et ses propos, qu’il soit avec ses « chaises » ou non.  Malheureusement, le  grand public n'a pas forcément pensé comme moi et cet album est sorti dans une très grande discrétion.

  Perfectionniste et en constant renouvèlement, Daran trouve toujours une manière de surprendre et de séduire à nouveau son public. Le chanteur endosse pour la première fois le rôle de producteur pour son nouvel album qu'il n'a pas crée en France, mais au Québdaran cdec, sa nouvelle patrie de résidence depuis 2 ans.

Car, devant le peu de succès que la France lui accordait, et fatigué également de cette société française dans lequel il ne reconnaissait plus, Daran s est ’installé au Québec de façon permanente. Lui qui était toujours déçu de la quitter et heureux d’y revenir, est dorénavant résident de la Belle Province. Ce changement ouvre la voie vers un nouveau Daran. C’est ainsi qu’est né au Québec son 7ème album studio, "L’homme dont les bras sont des branches", sorti en mai dernier en France, et que j'ai eu la grande chance d'écouter grâce à Laurie de l'agence VS.

Inspiré par un nouveau pays, Daran s’est entouré de musiciens québécois de renom : André Papanicolaou (Vincent Vallières, Les Chiens) Guillaume Chartrain (Damien Robitaille, Mara Tremblay) et Marc Chartrain (Pascale Picard, Les Chiens). L’artiste a voulu profiter du savoir-faire de ses compères du Québec, leur laissant apposer leurs touches à ses compositions importées de France.

Pour ce nouvel opus, Daran revisite légèrement l’atmosphère sombre de ces anciens albums, mais y ajoute un optimisme et une petite légereté bienvenue.

L’album oscille entre des ballades poignantes  (Pas peur, Le Hall de l’Hôtel dont le texte est signé par son pote MIOSSEC), des titres énergiques (Kennedy, Merci qui) et des chansons comme seul Daran sait en faire: frontale, fiévreuse comme ce  "Une caresse une claque" que je vous propose dès à présent :

Mais parmi les 10 morceaux de ce nouvel album, ma préférée est certainement "sur les quais", ballade poignante et bouleversante que j'ai écouté  10 fois à la suite, un morceau dans lequel  je reconnais parfaitement la patte Daran faite de mélancolie et d'espoir en même temps, et dans laquelle sa voix, presque étouffée a   rarement été aussi émouvante.

 Profond, pessimiste et pourtant tout plein d'espoir, un titre à la mesure de tout un très bel album, et pour venir défendre ce très bel album, Daran reviendra à la rentrée refaire un tour en France (notamment à Paris dans la belle salle du  Café de la Danse en novembre), histoire de faire regretter à ses compatriotes de n'avoir rien fait pour le retenir …

Et pour cet été caniculaire qui semble s'imposer, un peu de la fraicheur québécoise de Daran semble particulièrement bienvenue, non?