slapDans le billet que j'ai consacré en plein milieu de l'été sur la série En Analyse, je vous disais ma bonne résolution, dans un avenir proche, à savoir, celle d'essayer de voir et de chroniquer, dans un futur proche, plus de séries qu'actuellement, et si possible des séries plus récentes que Six Feet Under ou la série avec Gabriel Byrne.

J'ai essayé de mettre dès cet été ma promesse en application en regardant l'intégralité d'une série avant même sa diffusion sur une télé française, puisque cette série en question, La Gifle,  va passer pour la première fois en France à partir de ce soir, sur Arte à 20h45 et qu'elle sort en DVD en même temps, (mardi dernier exactement, série éditée par les éditions Montparnasse -un grand merci à eux et notamment à Fleur, pour la découverte).

Bon, je l'admets:  l'exploit n'est pas si impressionnant si je vous dis qu'il s'agit en fait de ce qu'on appelle une mini série, puisqu'elle est composée uniquement de  8 épisodes de 52 minutes, donc rien à voir au départ avec les durées exponentielles des Dexter ou autres Mad Men, séries dont je n'ai pas encore réussi à trouver le temps de regarder.

Et d'ailleurs, je dois dire que je l'ai trouvé bien trop courte cette série, tant elle m'a enthousiasmé et tant j'aurais aimé continuer le voyage avec tous ces personnages, et notamment les 8 principaux, qui ont chacun droit à un épisode dans lequel il est le personnage principal. Car, et c'est la grande particularité et l'immense qualité de cette oeuvre, chaque chapitre embrase le point de vue d'un personnage différent à chaque fois, comme le faisait d'ailleurs le roman de Cristos Tsiolkas, un roman (également) australien qui avait énormément plu à la publique et à la critique lors de sa publication en 2011 chez Belfond ( ah, Belfond, je vous aime!!), et que j'avais beaucoup regretté ne pas avoir lu.

La série, comme le livre, suit ainsi le quotidien d’une famille d’immigrés grecs et de leurs amis, dans la banlieue tranquille de Melbourne. Une communauté paisible en apparence, qui va lentement mais surement se déliter après la gifle donnée par l’un d’eux au fils d’un autre membre du groupe.

Et chaque chapitre donnera donc voix à 8 personnages présents à ce barbecue, non pas pour qu'il nous raconte la scène de son point de vue (comme je le pensais au départ), mais pour que l'histoire continue chronologiquement, mais à chaque fois  vu sous le prisme d'un des témoins ou un des acteurs de cette fameuse gifle, qui prendra des proportions et des résonnances assez incroyables et totalement irrémédiables sur tous les membres de cette collectivité.

 

 La gifle est donc une magnifique ( mini) série , une de celles qui possède une vraie âme, grâce à un très beau scénario parfaitement construit, et également  à de très belles idées de mise en scène, avec notamment des variations évidentes en fonction de l'identité du personnage clé de l'épisode en question. 

Ces personnages ne sont pas vraiment sympathiques et admirables et nous dévoilent quantités de bassesses et de tares de différents niveaux (racisme, violence, alcoolisme, homophobie, mysoginie, supériorité entre classes sociales), mais ils possèdent en même temps une vraie profondeur psychologique, et chacun aura son mot à dire, et  aucun personnage ne sera sacrifié ni caricaturé.

Alors certes, certains de ces individus ( Aisha, le grand père, Richie) ont plus notre bienvaillance que d'autres, difficilement moins aimables ( Rosie, Harry..), mais la série, telle qu'elle est construite, nous permet de tenter de comprendre les motivations des uns et des autres et de tenter de cerner l'ambivalence et les doutes de la nature humaine.

 La série est en outre portée par une distribution absolument formidable, et ce, dans tous les rôles, mêmes les plus petits. Parmi les acteurs, citons simplement Melissa George (que j'avais justement déjà vu dans En analyse)) qui campe la mère de l'enfant tête à claque victime de la gifle. Jonathan LaPaglia (que je ne connaissais pas mais qui joue dans pas mal de série visiblement), Sophie Okonedo (vue dans pas mal de films britanniques),  et  Alex Dimitriades (que je n'avais pas revu depuis "Hartley, coeurs à vif", ca fait un choc! )  de ce  miroir peu reluisant mais si passionnant de la société contemporaine, car l'histoire se passe en Australie, mais pourrait parfaitement se dérouler aux USA ou même en France, où les questions relatives à l'éducation, à l'immigration, à la puissance de l'argent sont tout aussi prégnantes.

Bref, une série, certes pas follement gaie ( je vous ai déjà parlé de deux comédies lundi et mardi, il est temps que je revienne un peu sur les drames, non), mais terriblement impressionnante de maitrise et dans laquelle chacun se reconnaitra forcément. Une très belle série, qui ne peut que me donner envie d'en voir d'autres, du même acabit!!