cet été là Un des premiers romans graphiques que j'ai lu il y a une dizaine d'années fut le magnifique Blankets (paru chez Casterman) de Craig Thompson, un éblouissant roman graphique aussi bien dans l'histoire racontée (un récit initatique et romance foudroyante) que dans la force et la beauté des dessins. 

Craig Thompson lui même a beaucoup défendu  un autre roman graphique sorti récemment, Cet "Eté là", paru aux éditions rue de sèvres, avec notamment une pluie d'éloges de sa part au verso de la BD, et forcément cette référence m'a donné envie de découvrir ce roman graphique, presque aussi volumineux que Blankets (presque 400 pages).

Avec "cet été là" (à ne pas confondre avec les romans de Véronique Olmi et de Willima Trévor qui portent le même titre) écrit et illustré par deux cousines canadiennes, Jilian et Mario Tamaki, on est là aussi dans le récit iniatique et d'apprentissage, et si on atteint pas les sommets de l'oeuvre de Thompson, cet ouvrage se lit avec un vrai plaisir de lecture.

On y suit deux adolescentes, Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cet étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, Windy aime encore jouer.

Autrement dit,  on suit dans ce roman graphique qui prend son temps avec beaucoup de pertinence nos deux attachantes héroïnes à la croisée des âges et des chemins composent comme elles le peuvent avec ce qui leur arrive. On les accompagne avec délice le temps d’un été en pente douce.
Voilà une bien belle plongée dans cette période si difficile qu'est l'adolescence. Une plongée aussi tendre que cruelle, un peu douce amère, avec une certaine poésie qui ne nous épargne ni  les transformations du corps, les difficultés relationnelles avec les parents, et toutes les problématiques  inhérentes à cette période charnière.

Bref, un très bel album,  plein de douceur, de légèreté et de profondeur aussi, dont la lecture cet été parait toute indiquée.

 Mariko TAMAKI et Jillian TAMAKI
Cet été-là
traduit de l’anglais par Fanny Soubiran
Rue de Sèvres
2014 
20 €