affiche-les-combattants-1Pas de sélection ciné de la semaine ce mercredi. Non pas qu'il n'y ait pas de film interessant à l'affiche ( notamment le dernier Olivier Assayas "Sils Maria" présenté en sélection officielle de Cannes ou Nos étoiles contraires, le mélo adolescent pret à me faire chialer), mais plutot que j'ai déjà vu le film incontestablement le plus important de cette semaine, l'excellent premier film de Thomas Cailley, "Les Combattants". 

Vous devez avoir déjà entendu parler de ce film et notamment chez moi, dans mon article pour vous faire gagner des places pour le film (concours qui a eu un très beau succès, ce qui montre que le film est attendu) qui a remporté tous les prix de la Quinzaine des Réalisateurs 2014 et sortira en salles dès aujourd'hui.

Thomas Cailley (déjà auteur d’un court métrage fort remarqué, Paris-Shangai, Grand prix du festival d’Angers) était présent au Comoedia fin juillet pour défendre son film, mais vu la forte réactivité du public et les longs applaudissements qui s'en sont ensuivis, il aurait eu les spectateurs dans sa poche même s'il n'avait pas pris la peine de faire le déplacement de son Sud Ouest natal jusqu'à Lyon.

"Les combattants" est en effet un coup de maitre pour un premier long métrage, qui parvient à orchestrer fort habilement la rencontre de deux personnages opposés ainsi que la rencontre de genres du cinéma également peu semblables (comédie romantique, buddy movie film de troufion,  film de catastrophe...).

photo-les-combattants-1408Le film démarre comme une chronique, puis raconte une histoire d’amour sous des atours de film d’aventure.  Ainsi,  et c'est assez rare dans le cinéma français pour le souligner, ces Combattants sont une oeuvre surprenante de bout en bout, puisqu'on ne sait jamais vraiment ce qui va se passer, et le jeune cinéaste ( issu de la FEMIS, qui prouve qu'on peut sortir de cette école sans être formaté cinéma français un peu intello) nous démontre un vrai talent  d’aborder les choses profondes avec un humour  et une tendresse vraiment réjouissantes.

Comme le réalisateur l'a dit dans sa passionnante itw à la fin du film, c’est la confrontation entre ces deux types de paysages qui lui a inspiré ses deux personnages principaux, Madeleine et Arnaud. Lui, ça serait ces étendues plates comme son univers, son parcours de vie Plutot rectiligne. Quant a madeleine, à l’inverse, serait ce feu qui peut ravager subitement ce paysage, et par là, ramener une forme de beauté.
Convaincue qu’il faut se préparer physiquement à la survie, car la fin du monde est proche,  madeleine prefere se figurer un monde de rigidité, de droiture illusoires. Elle représente cette alternative à la « réalité » dans laquelle Arnaud évolue. Et on ne cessera de dire à quel point face à un excellent Kevin Azaïs, Adèle Haenel explose littérallement dans un rôle où elle démontre merveilleusement toutes les facettes de son jeu.

photo-les-combattants-1398"Les Combattants" est donc également une comédie grâce au décalage de cette rencontre, mais attention, pas de comique frontal ou de vannes, un comique plus burlesque, car ce sont les réactions des personnages qui sont drôles, pas leur blagues.

Le film est constitué de trois parties assez distinctes (la chronique sociale où l'on suit la vie d'Arnaud, la chronique militaire où l'on suit le stage dans l'armée de nos deux personnages et le film de survivor où les deux héros doivent lutter seuls dans la nature) et si la troisième m'a semblé un peu plus faible que les deux premiers, elle finit par une scène très étonnante que je ne vous dévoile pas mais que vous découvrirez en allant voir ces excellents Combattants qui devraient, du moins je l'espère mettre une tannée...au box office!!

Bande-annonce : Les Combattants - VF