gerontohpilia

La semaine passée a été consacrée au Festival Lumière qui s'est achevé hier après midi avec la belle cérémonie de cloture consacrant Pedro, et si j'ai bien prévu d'écrire plusieurs billets dessus, je n'ai pour l'instant pas eu le temps de totalement les finaliser.

Commençons donc par ce début de semaine avec un DVD d'un film dont je vous ai fait gagner quelques exemplaires la semaine passée et que j'ai vu dans la foulée. Il s'agit de Gerontophilia de Bruce la Bruce, ce film  racontant une histoire d'amour hors norme puisqu'entre un jeune homme de 18 ans et un homme plus âge (on va être diplomate), de ...82 ans!!

Je connaissais surtout de nom le Canadien Bruce LaBruce,  essentiellement connu pour Hustler White (1996), portrait de prostitués de Los Angeles et qui est très connu du milieu underground, vu qu'il est l'auteur de certains films pornos expérimentaux que je n'ai jamais eu l'occasion, même par curiosité de visionner en intégralité ( ma cinéphilie a parfois quelques limites).

Changement de cap notable avec ce Gerontophilia,  puisque le réalisateur signe, pour la première fois, un film « classique », plus grand public,  une love story visible presque par tous, même si les protagonistes de cette histoire d'amour ne sont pas forcément comme tout le monde.

En effet, le héros de cette histoire est un  jeune homme de 18 ans qui  tombe amoureux d'un octogénaire et tous deux vont vire une histoire où se mêle amitié, tendresse et sexe....

Si le sujet peut effectivement un peu choquer sur le papier, je savais déjà que Bruce La bruce optait ici sur la forme pour un film  bien plus accessible que d'habitude  sur les plans narratif et esthétique, par rapport à son oeuvre antérieure.

Ainsi le cinéaste peut aborder un sujet tabou sous une forme qui désamorce la dimension potentiellement scabreuse, voir même glauque, du sujet, et pour nous narrer une bien belle histoire d'amour, certes différente de la norme,  mais filmée, avec ce qu'il faut de justesse et de sensibilité, avec un film qui brise toutes les normes rencontrées jusqu’à présent dans les comédies romantiques. Gerontophilia  n'est jamais provoquant et dérangeant, dépourvu notamment, comme on aurait pu au contraire le craindre, y penser, du moindre  contenu sexuellement explicite.

La réussite évidente du film tient au fait que  cette histoire d’amour semble aller de soi, et que le cinéaste prend soin de reléguer à l'accessoire toute idée de jugement moral.

 Pour Gerontophilia, le cinéaste a eu pour la première fois un budget supérieur à un million de dollars, du coup il a réussi à accentuer le coté esthétique de son film (pour le peu que j'avais vu de ses précédentes oeuvres, l'image était particulièrement laide et trash), une des grandes qualités du film.

On appréciera notamment le charisme indéniable de M. Peabody, joué par un grand acteur de théâtre canadien, Walter Baden, qui par son histoire personnelle, possède littéralement son personnage. 

Tendre , pudique, mais aussi parfois  cinglant et poétique,  Gerontophilia est (malgré quelques scènes qui font un peu trop cinéma arty) une incontestable réussite.

"La Femme est le nègre du Monde" GERONTOPHILIA Extrait du Film # 1