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 Je le disais il y a un an et demi à l'occasion de sortie en DVD du film Sinister : si vous êtes fana du cinéma d'horreur, c'est pas chez moi qu'il faut y aller, vu que je parle de ce genre de cinéma seulement une fois par an, à un rythme de métronome inconscient mais incontestable.

Et donc après La dame en noir en 2002 et ce Sinister en 2013, cette année, ce n'est pas à l'horrible "Annabelle" ( ce film qui a cartonné à sa sortie en salles il y a quelques semaines malgré le retrait du film dans certaines salles) que je vais consacrer cette chronique annuelle, mais à un film qui m'intriguait plus sur le papier, vu le nom de sa réalisatrice, au profil pour le moins singulier.

Et c'est ainsi que grâce à Cinétrafic et son opération un DVD contre une chronique j'ai pu voir (et en Blu Ray s'il vous plait) Dark Touch, sorti en DVD et BR  le 7 octobre 2014, et qui est l'oeuvre de la cinéaste française Marina de Van, cinéaste qui occupe une image à part au sein du cinéma français depuis que je l'ai remarqué dans les toutes premières oeuvres d'un François Ozon alors débutant ( et notamment le bien déjanté Sitcom). 

En tant que réalisatrice (car elle joue aussi de temps en temps chez ses potes metteurs en scène,  Ozon donc mais aussi chez Pascal Bonitzer), Marina de Van a montré, que ce soient dans ses courts ou long métrage, à quel point elle était friande d'un cinéma encore plus dérangeant que celui d'Ozon, rempli de névroses souvent en lien avec le corps, ses mutations et même ses mutilations.

Son premier long métrage "Dans ma peau" nous faisait ainsi rentrer dans la tête d'une jeune  femme qui s’infligait des blessures jusqu’à en devenir obsédée par le désir de plaies tandis que son second, malgré la présence de stars mainstream telles que  Monica Belluci et Sophie Marceau. Ne te retourne pas, restait toujours sur cette voie du cinéma névrosé et obsessionnel, un cinéma assez schizophrène et pervers, assez proche, du moins dans l'ambiance, de celui d'un David Cronenberg ou d'un David Lynch.

Avec son troisième long métrage, et contrairement aux deux premiers qui flirtaient seulement avec le  film d’horreur, elle aborde fontalement le film de genre, et plus exactement  le genre du fantastique horrifique, plus près  ce coup ci de Carrie de De Palma que des films de Cronenbergou Lynch.

Son film, tourné en langue anglaise (le tournage a eu lieu en Irlande; Marina de Van ayant eu peur de la réglementation frnçaise trop stricte  de protection de l'enfance) suit une jeune fille de 13 ans, dont on devine assez vite qu'elle a été maltraitée par ses parents, et qui s'avère incapable de maîtriser ses colères et ses peurs qui se manifestent  ainsi par une télékinésie meurtrière.

Fidèle aux obsessions réccurentes de la cinéaste (la violence faite au corps, le trouble identitaire....) , "Dark Touch" s'avère donc être à cheval entre le film d’auteur  et le film d'horreur pur, et malheureusement si l'ambition de départ est louable, le résultat final peine à convaincre vraiment.

Malgré quelques effets visuels assez impressionnants ( surtout au début du film, plus intriguant que le reste), le film est victime d'un rythme trop lent et d'un défaut de fluidité dans la narration ( on a du mal à comprendre les tenants et aboutissants de l''intrigue). La caméra de De Van a tendance à s’attarder sur des détails qui ne présentent que peu d'interet, et qui surtout anhihilent toute tension nécessaire à ce genre de films.  Sans oublier certains dialogues ou certains personnages secondaires ( l'assistante sociale et le gentil professeur) vraiment trop caricaturaux pour qu'on y croie vraiment.

Si l'on comprend l’idée qui sous tend le film ( l'idée selon laquelle 'l’environnement familial fait des ravages auprès des jeunes qui auraient bien besoin d’être soustraits à des familles traumatisantes avant qu'un drame ne survienne), celle ci est noyée sous un récit trop bancal qui ne sait pas trop trouver l'équilibre entre drame psychologique et film d'horreur pur.

 Avec ce mélange entre deux thèmes disparates, celui de la maison hantée et de la jeune fille possédée, et ce sujet o combien douloreux des violences et maltraitances d’enfants par leurs propres parents, Dark Touch aurait pu être intense et très malaisant, il n'est que finalement confus, assez anecdotique et même plutôt ennuyeux, et surtout ne fait jamais vraiment peur, ce qui était quand même, malgré ses veilleités de film d'auteur son premier but avoué....Dommage!!

DARK TOUCH - bande-annonce

Parmi les bonus du Blu Ray, on remarquera dans les deux longs métrages présentés, "Bien sous tous rapports", le tout premier réalisé en  1996, alors qu'elle était encore étudainte à la FEMIS et qui avait fait l'effet d'une petite bombe couronné dans tous les festivals de courts métrages et qui nous montre comment dans une maison bourgeoise, une jeune femme, interprétée par Marina de Van elle-même, subit la pression de ses parents lui reprochant de ne pas savoir pratiquer correctement la fellation. Suivra un cours de travaux appliqués des parents ...un court métrage férocement dérangeant, et plus sur ce qu'il dit de l'emprise familiale que sur le côté cru des mots et des situations... Un Court métrage audacieux et cinglant qui nous fait encore plus regretter l'échec du projet Dark Touch!!