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Naomi Kawase est l’une des cinéastes japonaises les plus reconnues d'aujourd'hui. Il faut dire qu'une grande majorité de ses films se sont retrouvés en sélection, voire en compétition officielle à Cannes. Les délices de Tokyo sorti en salles le 27 janvier dernier, ne déroge pas à cette règle  en faisant en 2015 l’ouverture de la section «Un certain regard».

Les Délices de Tokyo est tiré d’un roman éponyme écrit par Durian Sukegawa. et a beaucoup plu à l'ensemble des festivaliers et à Michel qui l'a vu dans la foulée de sa sortie au cinéma Le Comedia qu'il fréquente quasiment autant que moi....

Toujours fidèle à ses  thèmes de prédilection (la communion entre l’homme et la nature, le pardon)  sont ici mêlés à une touche d’émotion  et à un coup de pédale sur sa tendance au contemplatif qui rend cette oeuvre plus acessible, en montrant que la ville aussi est emplie de spiritualité.

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Il faut dire qu'après le splendide mais un peu ennuyeux et très languissant Still The Water(voir ma chronique ), Naomi Kawase tente un cinéma moins abstrait avec une oeuvre en forme de fable autour de la pâtisserie, ces dorayakis,  petits gâteaux constitués d'une pâte de haricots rouges coincée entre deux tranches de pancakes ( toutes ces scènes mettent terriblement l'eau à la bouche), mais qu'on aurait tort de seulement limiter à ses charmes culinaires.  

Car les délices de Tokyo  est un film d’une extrême douceur, qui aborde avec légèreté  le thème de l'exclusion et la mélancolie des déclassés, et de la la transmission entre générations tout en revenant subtilement sur certains traumatismes de la société japonaise, notamment la découverte d'un scandale sanitaire peu connu : surtout la découverte d’un scandale sanitaire, alors qu’un médicament contre la lèpre est découvert depuis 50 ans,  il existait encore des léproseries au Japon  jusqu’en 1996 où il était impossible de sortir pour les malades : Stigmatisés et mis au ban de la société nippone, les personnes ayant souffert de la lèpre au Japon vivent encore à l’écart du monde, guéris mais oubliés, déclassés...

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Belle oeuvre sur sur la transmission et le retour à la liberté, ces délices de Tokyo nous racontent avant tout  une rencontre entre deux êtres que tout sépare, ce jeune cuisinier qui vend  ces fameux dorayakis sans grande passion et insensible à la splendeur des cerisiers en fleurs qui l’entourent et cette vieille femme Tokue, 76 ans qui lui communique sa joie de vivre et son rêve de travailler ces gateaux.

Chronique sur le temps qui passe par un croisement générationnel  qui nous montre d'une jolie façon l'évolution intellectuelle et caractérielle d’une vie, les délices de Tokyo est une oeuvre touchante sur les relations entre les gens et la condition humaine, un de ces beaux et grands voyages que seul le cinéma peut nous offrir à un prix somme toute modique.

LES DÉLICES DE TOKYO - Bande-annonce