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Le coup du cœur des sorties de  ce mercredi - avec "Ma vie de courgette", évidemment,  dont je reparle bientôt- c'est le film Willy 1er pour lequel je vous avais fait gagner des places grâce à son distributeur.

Un distributeur que je ne peux que remercier pour les conditions de visionnage du film: en effet, il y a  tout juste deux semaines, lors de ma brêve mais fructueuse escapade parisienne, j'ai eu la grande chance d'aller dans les locaux de ce distributeur d'UFO distribution,  une maison indépendante qui ose un cinéma singulier et intelligent,  pour visionner, en projection privée ( un petit privilège plutôt sympathique :o) leur prochain long métrage à sortir en salles, Willy 1er, sur les écrans le 19 octobre prochain.

Sélectionné à l’ACID au Festival de Cannes 2016, WILLY 1ER  est un récit initiatique pas banal porté par le bluffant Daniel Vannet  qui a notamment eu les prix suivants lors des différents festivals où il a été programmé : Grand Prix du FIFC 2016/ Prix d’Ornano Valenti 2016/ Prix du Jury et Prix du Public au Festival de Groland.

Réalisé par un quatuor - ce qui n'est pas si courant- de (jeunes) réalisateurs : Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas, ce Willy 1er est une oeuvre surprenante, à la fois drôle tendre et  singulière  et terriblement humaine car centrée autour d'une personnalité hors du commun. Cette personnalité c'est Daniel Vannet,  l'acteur qui incarne Willy, un personnage largement inspiré de  sa vraie vie.

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Daniel Vannet est au départ un être à part, un peu "inadapté" socialement et qui, un beau jour décida qu’il reprendrait sa vie en main. Sur le chemin de cette conversion, il apprend à lire et écrire avec l’association "Mots et Merveilles".  

Et c’est en regardant un reportage sur cette association que les quatre jeunes  réalisateurs, issus de la même session de l'école de la Cité- l'école crée par Luc Besson, pas forcément l'univers cinématographique auquel on pense en voyant le film-   le reperent et décident de le rencontrer et de réaliser plusieurs oeuvres cinématographiques avec lui.  Après deux courts-métrages tournés en 2014 avec Daniel Vannet ("Perraut, La Fontaine, mon cul !" et "Ich bin eine Tata"), les cinéastes vont se lancer dans ce long  métrage particulièrement audacieux et peu ordinaire qu'est  Willy 1er . 

Car c'est cet homme tout sauf ordinaire, avec un accent à couper au couteau, qui va connaitre une rebellion à 50 ans contre ses parents qui le surprotégaient et malheureusement entravaient totalement ses veilléités d'autonomie, qui va constituer l'atout essentiel de ce film, avec un potentiel cinématographique fort, et porteur d'un mélange de drame et de comédie évidents.

Un film qui suit à la lettre une phrase que Daniel a vraiment sorti à ses proches - seul le nom de la ville a changé- en utilisant même chacun des éléments comme un chapitre différent du long métrage :  "À Caudebec, j’irai. Un appartement, j’en aurai un. Un scooter, j’en aurai un. Des copains, j’en aurai. Et j’vous emmerde! ".

Il nous faut sans doute un peu de temps pour entrer dans l'univers singulier de ce long métrage car, dans les premiers instants, on craint que le  film soit une sorte de strip-tease ou l'on filme sans recul et avec un peu de cynisme et de misérabilisme une personne différente de ce qu'on appelle la "norme".

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Heureusement,  très vite, le film prend un autre virage, grâce notamment à de jolis  éléments de fiction, quelques scènes vraiment drôles ( notamment celle de l'apprentissage de l'anglais)  et les quelques idées oniriques de la mise en scène- Willy  voit son jumeau décéde lui parler à travers une vitre- emportent largement l'adhésion.

On pense pas mal au  au film Party Girl ( voir chronique), Caméra d'Or  2014, dans son parti pris- autofiction autour d'un personnage bigger than live-  et du fait qu il y a plusieurs jeunes cinéastes à la baguette, mais ce "willy 1er" laisse une meilleure impression d'ensemble, car le personnage y est plus attachant et la narration plus étoffée, avec notamment une belle amitié avec un autre Willy ,  homosexuel, qui souffre également de différence et de sectarisme  (joué par l'épatantRomain Léger).

Tous ces ingrédients viennent  apporter la tendresse et l'émotion nécessaire à cette peinture  parfois un peu noire et amère d'un chômeur illettré en quête d'indépendance et de dignité, mais qui finit avec une pointe de tendresse et de bienveillance vraiment salutaires.

EXTRAIT - WILLY 1er de L. & Z. Boukherma, M. Gautier et H.P. Thomas (ACID CANNES 2016)

 

 

 

 

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