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Avec son dernier long métrage en date "Le ciel attendra", la productrice et cinéaste Marie-Castille Mention-Schaar ,  deux après son précédent film le très réussi "Les Héritiers" en 2014  efface ses premiers coups d'essais ratés, dont le très pénible Bowling en 2012,qui ne laissait rien paraitre de l'évolution de sa carrière cinématographique prouvant que cette.réalisatrice  s’améliore de film en film, ce qui n'est pas si fréquent que cela.

Avec son nouveau long métrage, sorti il y a presque deux mois déjà ( mais rattrapé dans mon ciné de quartier il y a peu),  Marie-Castille Mention-Schaar dans la lignée de son précédent long déjà responsable et citoyen  traite d’un sujet brûlant : la radicalisation des jeunes filles; et elle parvient à le faire en évitant les pièges qui l'attendaient de prime abord

"Le ciel attendra" est un film sur une réalité terrible ( qui est cependant contestée par certains observateurs ) celle selon laquelle  de plus en plus de jeunes succombent aux sirènes de l’Islamisme radical. Embrigadés sur internet ou sur les réseaux sociaux, ils viennent grossir les rangs des combattants de Daesch au grand désespoir de leurs familles qui, la plupart du temps, n’ont rien vu venir.

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Pour décrire le mécanisme de la radicalisation et l’impuissance des proches, la réalisatrice a bénéficié des enseignements de Dounia Bouzar, directrice du Centre des dérives sectaires liées à l’Islam qui joue son propre rôle dans le film. Disons le tout de go,ces  scènes où l'on voit Dounia Bouzar, dans son propre rôle, animer des ateliers avec des  parents d'enfants enrolés et des jeunes femmes en voie de déradicalisation ne sont pas les parties les plus réussies du film et tombent parfois dans l'écueil du dictatisme que le reste du film évite consciensieusement.

Car ces quelques séquences exceptées, le reste du film de Mention- Schaar est d'une grande justesse et d'une grande dignité, qui s'appuie sur  une narration forte et précise et des situations d'une belle justesse avec par rapport aux héritiers quelques audaces formelles et dans la construction de son récit. 

Montée en parallèle, la double histoire de la relation à la radicalisation islamique de deux jeunes filles s'inscrit  en effet en miroir inversé, l'une tombant petit à petit dans le piège de la radicalisation, alors que l'autre, arretée juste avant de commettre l'irréraparable tentant de sortir des griffes de ce fanatisme.

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Résultat : on a affaire à un long métrage d'une grande dignité, qui essaie d'être objectif tout en prenant partie et en informant  le spectateur avec force détails, et qui sait trouver son équilibre un beau romanesque et des parties très documentées..

Le film montre à la fois de la trajectoire des jeunes filles et le désespoir des parents, leur incompréhension, leurs doutes, leurs interrogations. C'est à travers le récit des autres parents qu' une mère- Clotilde Courau, juste et méconnaissable en mère meutrie,  reconstitue mentalement le parcours de sa fille, et cette idée du film est abordée avec tact et émotion.

 Un faux procès a  visiblement été intenté à la réalisatrice lorsque certains spécialistes du djihadisme ont  reproché à la cinéaste de ne pas parler de ce phénomène plus présent  chez les familles défavorisées, elle  s’attache au contraire à démontrer que nul n’est à l’abri, même les jeunes filles a priori sans histoire.  

Deux jeunes filles jouées par deux jeunes comédiennes principales  vraiment étonnantes Noémie Merlant et Naomi Amarger qui étaient déjà présentes dans le précédent film de Marie-Castille Mention-schaar., 

Un film courageux et passionnant qui devrait être diffusé urgemment dans tous les lycées et collèges pour des débats et prises de consciences forcément salutaires..