mémoireMoyenne

«  Pour une raison inconnue, Noah ressentit le besoin de s’excuser, bien qu’il sache qu’Altmann avait raison. Pis encore : il savait qu’il aurait du agir comme lui. Son hésitation les avait mis en danger : heureusement qu’ils avaient mal fouillé Altmann et que celui-ci avait encore une arme sur lui »

 On vous a déjà parlé à maintes reprises du festival Quais du Polar qui ouvre ses portes désormais dans  tout juste deux semaines, mais pas encore vraiment du fait que la manifestation met cette année un pays particulièrement à l’honneur, à savoir l’Allemagne.

 Il y a aura notamment, au programme des festivités, une table ronde pour voir comment les Allemands eux-mêmes écrivent (en noir) leur société, leurs concitoyens, leur police, et leur identité.

 Parmi les participants à cette table ronde, figure notamment Sebastian Fitzek, un des invités vedettes de  ces Quais du Polar 2017.

En effet, il faut savoir que le plus populaire et sans doute le plus prolixe des romanciers d'Outre Rhin compte quinze thrillers à son actif, dont le premier paru en France en 2008, Thérapie,  véritable best seller qui  racontait l’histoire d’un père, sur les traces de sa fille disparue à l’issue d’une visite chez le médecin.

Si la plupart de ses romans sont  visiblement plutôt des thrillers psychologiques à la Harlan Coben, avec un tueur en série qu'il faut stopper avant qu'il ne comette un nouveau méfait , il change un peu de genre avec le seul roman que j'ai pu lire de lui, « Mémoire cachée »  paru depuis peu au Livre de Poche et qui fait partie de la sélection du mois de mars des blogueurs.

La quatrième de couverture assume totalement les références aux blockbusters ciné qui parlent à tout un chacun , entre L'armée des 12 singes et la mémoire dans la peau, et c'est vrai qu'on navigue entre roman d'espionnage à teneur écologique et saga post apocalyptique et complotiste et ce mélange, même s'il peut lasser sur la durée, n'en reste pas  moins diablement efficace.

Sebastian Fitzek

Un homme amnésique prénommé découvert à Berlin, SDF, en compagnie d'Oscar un autre SDF qui l'a recueilli alors qu'il était blessé par balle et amnésique. Comme il avait ce prénom Noah tatoué dans la paume de la main, ils lui ont attribué, mais ce prénom ne lui évoque  pas grand chose. Alors que le monde entier est en pleine frénésie pour se procurer le vaccin qui immuniserait contre la pandémie menaçante que constitue alors la grippe de Manille, les préoccupations de nos deux SDF sont loin de s'imaginer que tout est lié une fois que Noah va peu à peu retrouver sa mémoire, avec des  méchants tueurs (forcément) lancés à ses trousses.

Un héros frappé d'amnésie, des tueurs  aux fesses, une pandémie de grippe galopante : Avec  ces ingrédients corsés,  qui tend plus vers le roman d’espionnage  puis vers la saga apocalyptique  « Mémoire cachée »  s'avère être  assez complexe  et parfois même assez confus , surtout si on maitrise assez mal le genre, comme votre humble serviteur.

D'autant plus que l'auteur n'évite pas toujours certaines grosses ficelles et facilités d'écriture, agrémentant son intrigue de nombreux passages certes très documentés, mais un peu indigestes sur  la sauvegarde de la planète,  la  surpopulation et sur notre relation à l'écologie parfois un peu moralisateurs et qui  pourront laisser perplexe le lecteur .

"Nous vivons dans un système complètement schizophrène. Un jour on nous dit de mieux isoler nos maisons pour économiser de l’énergie, le lendemain de mettre à la casse notre voiture encore en parfait état de marche pour relancer l’économie. A tel moment on nous recommande de ne plus acheter de T-shirts fabriqués au Bangladesh, puis on nous explique que, sans ce revenu, les couturières de ces usines seraient encore plus pauvres. Enfin, les politiciens nous incitent à économiser pour nos retraites, mais les taux directeurs sont abaissés afin que des crédits bon marché nous poussent à emprunter pour acquérir toujours plus de choses dont nous n’avons pas besoin."

 Mais reconnaissons quand même au crédit de l'auteur que Fitzek n'a pas son pareil pour nous ménager des surprises sur les traces de ce personnage  qui ira de découvertes  en découvertes, et sait paufiner son habile page turner, à base de  chapitres courts et tendus et en multipliant des points de vue.

Ces éléments viennent donner une nouvelle éclairage à une intrigue qui va crescendo, au cours d'une lecture que les amateurs de ce genre de littérature ne manqueront et ne lâcheront pour rien au monde.

Suspense, rythme, mystères et rebondissements font  de cette Mémoire cachée  un page turner tendu  et appréciable qui tient en haleine son lecteur  à défaut de l'épater totalement  : ce récit tout en tension sait pousser le lecteur dans ses retranchements, et l’obligera même,  qui sait,  à se poser des questions face à certaines situations de tous les gens.

Trousser en 800 pages un habile thriller haletant et écoresponsable? Finalement, on comprend parfaitement qu'il rencontre autant de succès, Herr Fitzek...

Et la booktoobeuse Ivona  a eu un  vrai Coup de coeur  pour ce  Mémoire cachée de Sébastian Fitzek et le raconte ici même :

Sebastian Fitzek à Quais du Polar :

 http://www.quaisdupolar.com/auteurs/sebastian-fitzek/

Né à Berlin en 1971, Sebastian Fitzek est le numéro 1 du thriller en Allemagne. Il est l’auteur du best-seller Thérapie et de cinq autres romans, dont Ne les crois pas, tous parus à l’Archipel, ainsi que de L’Inciseur (2015), coécrit par Michael Tsokos, médecin légiste : « Comme dans un œuf Kinder gore, la surprise est à l’intérieur.

Cette année, le salon met à l’honneur les auteurs allemands et plus largement d’Europe de l’est.

L'occasion d'y rencontrer le célèbre auteur Sébastian Fitzek, dont les romans sont traduits dans 24 pays et ont été vendus à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde. Il sera disponible pour des dédicaces le 1er et 2 avril !

Depuis hier, le 15 mars, vous pourrez découvrir son dernier roman Le somnambule, qui paraîtra aux éditions de l'Archipel, accompagné de la sortie en format Poche de  ce Mémoire cachée détaillée pleinement dans cette présente chronique .