guilty

Un film de suspens, un thriller où tout ce que doit savoir le spectateur se passe hors-champs. Une jeune mère de famille a été enlevé par le père de ses enfants. Ils circulent dans une camionnette blanche quelque part entre Copenhague et Elseneur.
La petite fille et le bébé sont restée seuls dans l’appartement. Le père est un homme qui a déjà eut maille à partir avec la justice. Toute ces informations sont données au compte goutte à un jeune policier affecté dans un centre d’appels de la police au Danemark.
Avec un téléphone, un ordinateur et un GPS pour seuls outils le policier mène l’enquête. Jamais nous ne quitterons le bureau glacial sous l’éclairage blafard des néons. Chaque phrase fait sens, chaque respiration inquiète, chaque hésitation alarme, mais petit à petit le doute s’installe. Asper le jeune flic impatient n’est peut-être pas la meilleur personne pour régler cette affaire. Au compte-goutte, je vous dit, au compte-goutte vous saurez tout.

the-guilty---still-2_37826455825_o-h_2018

Formidable exercice de style, jamais la caméra ne lâche le visage d’Asger, le flic fiévreux au casque téléphonique vissé sur le crane. Chaque information délivrée par un scénario malin et pervers entraine le spectateur dans une terrible histoire, un drame familiale, l’horreur pure hors champs.
C’est un peu “Fenêtre sur cour” poussé à l’extrême. Là où James Steward découvrait et résolvait un meurtre de son salon dans une chaise roulante en observant ses voisins,  Jacob Cedergren dans un bureau aveugle devant un ordinateur se retrouve à vivre une course poursuite haletante de ce film qui pourrait presque, dans la force de la mise en scène et de la bande son faire penser à “Jusqu’à la garde”.
C’est bien écrit, bien joué, vif et intelligent et la mise en scène est assez originale pour vous faire passer une heure trente dans un bureau triste à pleurer sans ennuyer le spectateur une seconde.