amiAmin, le nouveau long métrage de Philippe Faucon présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2018. sort ce mercredi 3 octobre en salles.

Dans son nouveau film présenté à Cannes (une production Auvergne Rhône Alpes cinéma), Philippe Faucon se penche cette fois sur la question des travailleurs immigrés en France ayant laissé  derrière eux  leurs familles qu’ils ne revoient que de loin en loin et à qui il envoient le fruit financier de leur dur labeur.

Comme dans son dernier et triomphal Fatima,(César du meilleur film 2016), Philippe Faucon évoque avec une grande tendresse et une grande sensibilité  la vie de ces femmes que le cinéma et les médias ont tendance à oublier, et qui à force d''entêtement, d'obstination, arrivent à vivre avec ce quotidien qui est le leur.

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Dans Amin, c'est  le déracinement de l’immigration qui est mis en avant, en articulant son récit sur deux géographies distinctes : le pays d’origine et le pays d’accueil. 

Comme  dans Fatima - Philippe Faucon  montre comment  les luttes individuelles peuvent révéler les drames collectifs et s'attache à représenter une France méconnue, qui n’a pas beaucoup de présence sur les écrans et qui, du fait de sa méconnaissance, est souvent caricaturée ou stigmatisée.

Faucon, comme toujours, s'attache  raconter l’humain, la séparation, l’exil, cette douleur sourde, lancinante, qui n’a pas souvent les moyens de son expression. 

Dans son style  habituel, à des années lumières du sensationnalisme ou du bling bling,, le scénario de Philippe Faucon ( co écrit avec Yasmina Nini-Faucon et Mustapha Kharmoudi) repose sur des choses très factuelles; les personnages s’écrivant avant tout au travers de gestes quotidiens.

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C'est parfois la limite du film (qui manque sans doute un peu de souffle et de romanesque, au contraire du sublime "Nos Batailles " qui sort le même jour), mais c'est aussi ce qui en fait sa justesse et sa grande authenticité: il y  a dans cet "Amin" une  attention aux regards, aux attitudes, aux gestes et aux paroles qui comptent.

En quelques plans, Philippe Faucon filme toujours aussi justement des personnes et des lieux (des chantiers, un foyer d’immigrés, un quartier au Sénégal...) qui fait de cet Amin une œuvre citoyenne  d'une belle dignité et  d'une indéniable respectabilité.