Baz'art  : Des films, des livres...
12 novembre 2018

Suzanne/ L'homme des bois :deux hommages familiaux extrêmement touchants!

Dans les quantités d'autofiction  que l'n reçoit dans la boite aux lettres et qui  brouillent  les pistes entre fiction et réalité et qui rendent hommage à un père, une mère, un cousin,  une grand mère, tout n'est pas du même niveau forcément.

Voici deux très belles publications qui rendent un très émouvant hommage à des figures parentales à la fois ordinaire et extraordinaire

1. Suzanne, Frédéric Pommier ( Les Equateurs) 

005772962

"Dans la grande demeure en brique rouge et jaune, on est aux petits soins pour Suzanne. La petite grandit bien. Elle n'est jamais malade et ressemble au bébé cadum des affiches de réclame pour le savon"

Frédéric Pommier, connu pour ses belles chroniques culturelles sur France Inter, et connu aussi pour avoir été une sorte de lanceur d’alerte sur les EHPAD, vient de publier ce récit bouleversant sur sa grand-mère âgée de 96 ans, à la vie fulgurante et très romanesque qui s'intitule comme le titre de ce livre l'indique, Suzanne.

Suzanne est cette  femme qui a quasiment traversé un siècle, elle est née en 1922. Elle a connu la mode à la garçonne après la guerre, les allumeurs de réverbères, les voyages en train à charbon, la France occupée pendant la seconde guerre mondiale, l'indépendance de l'Algérie. Elle a été veuve à 40 ans et a élevé alors seule ses 4 enfants. Malgré les coups bas de la vie, elle a toujours gardé un appétit de vivre, une curiosité et cette devise SQM, "sourire quand même" quoiqu'il arrive.

Suzanne,  c'est aussi le récit de son quotidien dans un Ehpad depuis 9 mois. Infantilisation de la part des aide-soignants (tout comme le racontait Grand Corps Malade dans son film sous prétexte qu'il était dans un fauteuil roulant) soins effectués de manière mécanique et sans aucune douceur même si Suzanne souffre, repas sans saveur ni odeur...

Et la maltraitance qui ne dit pas son nom mais dont il est bien question. 3 personnes en salle de réfectoire pour 90 personnes âgées comment travailler dans de telles conditions ? Alors  on ne peut qu'avoir vraiment le cœur serré en pensant à toutes ces personnes âgées qui sont traitées aussi mal que Suzanne aujourd'hui.

Une société civilisée peut elle accepter sans broncher et qu'est ce qu'on attend pour réfléchir à d'autres lieux où vieillir dans la dignité ? Suzanne a changé d'établissement après avoir alerté sa famille.  On espère fortement  qu'elle a retrouvé depuis  la qualité de vie et les liens humains que chacun mérite quelque que soit son âge et sa condition sociale.

 2.  L'homme des bois Pierric Bailly ( Folio)

G02028

 

"En vérité non, je ne suis pas sur qu'il ait glissé en se promenant dans la forêt et je ne peux affirmer non plus que la chute soit accidentelle. Evidemment, on ne suicide pas en se jettant depuis une falaise de trois mètres et encor emoins en se laissait dévaler le long d'une piste abrupte.le problème c'est qu'en surplomb de la foret ou il a été retrouvé, il ya une autre falaise beaucoup plus grande de celle ci, d'une hauteur de près de 50 metres, juste au dessus de la pente."

Après la disparition brutale de son père,  61 ans et pas encore retraité, dont le corps a été retrouvé au fond d'un fossé trois jours après sa mort, alors qu'il était parti cueillir des champignons,  Pierric Bailly s'est senti le besoin de prendre la plume,  pour tenter de dérouler le cheminement de la mort et également de la vie de son père.

Avec cette tendre et pudique analyse de la relation père/fils à travers les souvenirs d'enfance et d'adolescence d'un presque quadra qui vient de perdre son père de façon soudaine, cet "homme des bois "est le récit d'un deuil  filial  autant que la chronique d'une vie provinciale dans un Jura délaissé par ses forces vives, et ses  jeunes habitants.

Pierric Bailly tisse les fils d'une enquete sur un père aussi secret que singulier , qui a été travailleur social et humaniste,  et décide de partir sur les traces de l’absent et essayer de cerner la  destinée d’une génération qui a connu l’effervescence d’après mai 68, et qui a voulu quitter Paris et sa folie pour aller en montagne.

 "Au début je me disais que j'allais faire une ou deux découvertes, un petit trésor, quelques secrets, mais plus j'avance dans ma tâche et plus je suis frappé par la cohérence de son personnage. [...] Tout lui ressemble. »

Parti à la recherche de sa vérité et celle de son père , sillonnant le Jury dans la voiture de son père pour paraitre un vrai jurassien, Pierric Bailly  réhabilite  son papa dans un bel élan littéraire.

 

Commentaires
B
2 belles lectures, il semblerait 😀
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 359 270
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés