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  Le réalisateur français Boris Lojkine avait déjà parlé de l'Afrique avec le beau « Hope » un film  sorti en 2014, jolie fresque à la lisière du documentaire sur les migrants africains,

Pour son second long métrage, celui qui auparavant avait longuement séjourné au Vietnam où il a réalisé plusieurs documentaires s'est intéressé à la destinée assez incroyable et tragique de Camille Lepage,une jeune  photojournaliste  française  assassinée à 26 ans en 2014 alors qu'elle photographiait les événements de pré-guerre civile en République centrafricaine. 

Comme Boris Lojkine nous l'a raconté la semaine passée lorsqu'on l'a rencontré lors de sa venue sur Lyon, il était indispensable que son film soit  la hauteur de ce qu’a vécu Camille et de son courage. et retrouve l' énergie: et l'impact des photos de la jeune journaliste .

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Le réalisateur , qui s'est senti en osmose avec la démarche de la jeune femme,  a tenu à tourner sur les lieux  même de la disparition de la jeune femme, encore hantés par une guerre civile pas du tout cicatrisé ni même totalement achevé,  un pays encore hanté par les stigmates d'une guerre terrible dont on peut évaluer les traumatismes avec le regard ( et l'objectif) de cette jeune femme au fort potentiel empathique.

   La Camille Lepage décrite par Boris  Lojkine - qui assume totalement la part de fiction de son film- évolue totalement au cours des 8 mois passés en centrafrique et de l'heure et demie de film.

Au départ, animée par des idéaux inhérents à la jeunesse, et encore intimidé par une carrière qui s'ouvre à peine devant elle, elle va peu à peu trouver son style et ses marques et imposer sa personnalité, plein de courage et d'humanité pour ces individus qui sont pour elle autre chose que des simples sujets de prises de vues de quelques instants.

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 La jeune femme idéaliste, arrive à Bangui, en Centrafrique, en octobre 2013 alors que le pays est en train de basculer dans la guerre civile  et que la la coalition Seleka, formée de rebelles musulmans du nord du pays, vient au contact des anti-balaka, milice d'auto-défense chrétienne.

 La jeune fille, tout à son approche singulière de sa profession,  ne vas pas écouter les conseils des professionnels du journalisme un peu trop blasés et détachés et va tenter, et réussir pour les quelques mois passés la bas à trouver l'humanité derrière les guerriers les plus violents qui soient, et aller au delà des clichés ( c'est le cas de le dire ) de ce continent l'Afrique, souvent caricaturée par des européens qui ont toujours tendance à être un peu condescendants à leur égard, du à des vagues relents de colonialisme contre lequel il est difficile de lutter .

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 Nina Meurisse,  pour son premier grand rôle au cinéma offre une interprètation assez magistrale.  La caméra de Boris  Lojkine ne la lâche jamais, et on plonge la tête la première avec elle dans cette lutte  et cette machine à broyer les individus dans des dictatures sans fin.  

Portraits serrés, proximité, corps à corps dans les manifs, moments de tendre complicité partagés avec les autochtones, la mise en scène nous met en totale immersion avec Camille et ces jeunes africains plongés dans une guerre forcément trop grande pour eux .

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 Utilisant un  format  inhabituel, qui épouse celui des photos de la jeune femme que le réalisateur instille au fur et à mesure de l'intrigue, .Boris Lojkine touche au coeur.

Il rend un magnifique  hommage à « cette femme qui a donné sa vie pour la Centrafrique », pays que le spectateur découvre dans l’objectif de Camille et livre un très beau portrait d'une conscience, d'un engagement, et d'une formidable femme, à voir au cinéma dès ce 16 octobre .

 

"Camille", la bande-annonce