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 Utilisateur(trice)  occasionnel ou régulier des chemins de fer, amoureux (se)  des voyages en train, vous  êtes-vous déjà interrogés sur toute l'armée humaine existante derrière les trains  ?

C'est précisément à cette armée d'hommes qui, au XIX siècle, se lève, au nom d'un idéal industriel, le train à vapeur, qu'est consacré La grande histoire des cheminots. 

L'histoire de ces hommes (qui sont 30 000 en 1851, 140 000 à la fin du Second Empire, 300 000 à  la Belle Epoque et 500 000 aux débuts des années 1920), commencent par la construction d'une voie ferrée. Ce sont des terrassiers, des bûcherons, des tailleurs de pierre, des charpentiers. 
Ils constituent un monde à part, un monde parfaitement organisé et codifié. 
La fabuleuse épopée de ces hommes et de ces femmes qui ont posé les rails, construit les engins, entretenu le réseau, est racontée, dans ce livre, par la plume précise et documentée de Clive Lamming. Cet auteur  est un historien des chemins de fer français connu dans le monde ferroviaire pour une cinquantaine d'ouvrages dont certains sont des références (par exemple Trains de légende).

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Ces hommes ce sont d'abord les ingénieurs, peu connus dans ce qu'a retenu l'histoire, mais au coeurs des techniques et donc des chemins de fer. Ce sont aussi
-les mécaniciens (saviez vous que la hiérarchie au sein des mécaniciens est liée au diamètre des roues des locomotives ?)
-les chauffeurs (on a tous en tête, Jean Gabin dans La bête humaine de Jean Renoir)
-le chef de train, peu connu du grand public mais qui a pourtant autorité sur l'ensemble du personnel du train y compris sur l'équipe de conduite de la locomotive
-les ambulants qui trient le courrier dans les voitures postales.
Saviez vous que le contrôleur avait jadis une pince avec laquelle il réveillait les voyageurs en tapant contre les vitres du compartiment coté couloir ? 

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La grande histoire des cheminots remet en lumière des métiers qui ont disparu (ou quasi disparu) :
- le conducteur de voitures lits,
-le personnel de la voiture restaurant (ancêtre de la voiture bar qui était divisée en deux mondes, la cuisine et la salle), 
-le porteur en sachant qu'à la Belle Epoque plus on avait de bagages, plus on affirmait son rang social
-le facteur enregistreur (même rôle que le guichetier mais pour les marchandises)
-le télégraphiste 
-le lampiste 
- le caleur, saboteur ou enrayeur, qui met sa vie en danger à chaque instant pour placer sous les wagons qui roulent les cales ou sabots qui doivent les arrêter à un endroit précis 
Parmi ces cheminots, on compte aussi ceux qui œuvrent dans l'ombre : les ouvriers dans les ateliers, les hommes du dépôt qui préparent les "princesses" (les belles et prestigieuses locomotives de vitesse) mais aussi les machines moins nobles, les constructeurs, les apprentis...
Les femmes sont aussi présentes. La veuve d'un cheminot victime d'un accident du travail est logée dans une maisonnette au confort très sommaire, est peu prétendre à l'emploi de garde barrière au statut très précaire.

Dans les années 1850-1860, les distributrices-receveuses font leur apparition dans les gares même si à l'époque on redoute " par la réunion de personnes de deux sexes dans un même service et dans des locaux presque communs, de compromettre à la fois la discipline et la morale".
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Cette plongée dans le monde des cheminots est richement illustrée avec 300 documents d'époque (photos de gare, photos d'objets comme le régulateur et les lampes du lampiste, photos des hommes au travail; photo de leur geste, illustration de journaux...). 
Non seulement cette grande histoire des cheminots est une découverte d'un monde à part mais elle éclaire aussi les enjeux actuels autour de la SNCF.