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"Le temps a beau passer, tu n’oublies rien. Ton corps sait ce qu’il a subi, ton âme sait ce qu’elle a morflé. Tu voudrais que ça n’arrive plus jamais. À personne, nulle part."

Dans ce témoignage indispensable et d'une grande force la journaliste  Giulia Foïs- dont les chroniques sur France Inter sont toujours de grande qualité-  raconte le viol, ce « crime sans cadavre » subi à l''âge de 23 ans, alors qu'elle travaillait l'été au festival d'Avignon, ainsi que les conséquences que cette tragédie occasionne sur elle des années après, surtout quand la justice n'a pas reconnu la culpabilité  de son bourreau.

Elle raconte aussi par le menu détail le combat qu'elle a mené , des années durant, pour tenter de retrouver une dignité et une confiance en soi fortement ébranlée par le viol et cette négation de victime par la justice et montre que le pire vient souvent après le viol.

 

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"Vivre dans un monde où les violeurs auraient peur de violer et les cogneurs de cogner. Ca nous changerai de ce monde-ci, ou les femmes marchent dans la rue, vont au bureau, rentrent chez elle en ayant peur d'être sifflée, suivies, reluquées, molestées, coincées dans un ascenseur et de prendre au passage, une bite ou une beigne qu'elles n'auraient pas souhaitées."

La plume de Giulia Foïs, vive, drôle,  amère, inventive sert ce récit d'une résilence qui ne dit pas son nom  et  qui livre une vérité que beaucoup cherchent souvent à minimiser à savoir que 12% des femmes ont été violées au moins une fois dans leur vie, et seulement 1% de ces  viols débouchent sur une condamnation.

Mais loin d'être un témoignage sombre et pessimiste, Je suis une sur deux de Guila Foïs montre que, même si le chemin est parfois très long, on peut revivre après un viol.

Le livre se termine avec cette note d'espoir forcément indispensable. Une lecture aussi éprouvante qu'indispensable !