VARIETY

de Bette Gordon
Etats-Unis, 1983, 1h40, inédit en France
Avec Sandy McLeod , Nan Goldin, Will Patton, Luis Guzman

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« J’aime regarder. J’ai toujours été fascinée par le cinéma et par ce plaisir secret d’observer des gens à l’écran. Puisque la condition élémentaire du cinéma est un échange entre voir et être vu (entre voyeurisme et exhibitionnisme), j’ai voulu faire un film qui aborde cette dualité.
Dans VARIETY, Christine travaille dans un cinéma porno comme caissière. Le film se positionne du côté du voyeur, sauf que dans ce cas, le rôle qui incombe habituellement à l’homme est inversé.
Christine devient obsédée par un client qu’elle regarde d’abord, puis qu’elle commence à suivre. Son obsession est, quelque part, pornographique. Hitchcock a déjà utilisé la figure de la « femme blonde », mais toujours comme un objet fantasque du regard masculin. Christine usurpe ce rôle. Elle devient la détective dans un thriller où le territoire est façonné par le langage du désir. »
Bette Gordon, 1984

Variety est le premier long métrage de Bette Gordon, née en 1955, cinéaste et professeure à l’Université de Colombia. Figure du cinéma américain indépendant, expérimental et avant-gardiste, elle avait déjà abordé les thèmes de la sexualité, de la violence et de la pornographie dans ses courts métrages.

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En réalisant ce film, elle souhaite entrer en conflit avec les mouvements appelant à l’interdiction de la pornographie aux États-Unis, et questionner ce qu’elle représente, notamment pour les femmes. « J’aime observer. J’ai toujours été fascinée par le cinéma et le plaisir secret, proche du voyeurisme, que je ressens en voyant des gens sur un écran. Puisque le principe de base du cinéma est à la fois de voir et d’être vu (le voyeurisme et son aspect malsain, l’exhibitionnisme), j’ai voulu faire un film qui abordait ces aspects. » (Bette Gordon)

Pour incarner le personnage complexe de Christine, la cinéaste recherche une héroïne hitchcockienne, blonde et froide, mais avec quelque chose de différent. Cette fois-ci, elle ne sera pas soumise aux fantasmes masculins : c’est elle qui deviendra voyeuse, obsédée par son désir.

Bette Gordon transforme alors l’homme "sujet regardant" en "objet regardé" et inverse des rôles très normés. Ainsi, ce film-concept, qui rappelle le travail audacieux de l’artiste Sophie Calle et l’esthétique de Nan Goldin – qui joue d’ailleurs dans le film et en fut la photographe de plateau –, se révèle être un objet cinématographique intrigant et fascinant.

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Notre avis sur le film : 
Une expérience étonnante mais un film  tout de même très spécial, une sorte d' errance contemplative dans le New-York glauque des cinémas porno et des peep show, le film date de 1983 mais il a tout de même une impression de déjà vu...
Dans  Taxi Driver ou Macadam cow boy, par exemple...ou proche  de nous Frances Ha ou le très beau Sue perdue dans Manhathann semblent s'en etre inspirés mais en transcendant ce matériau, le film est ici moins abouti et moins convaincant ...
Variety est un  film très Arty, un peu  dans l'ambiance de  Cassavetes  : on a des scènes fascinantes et d'autres moins  intéressantes et qui  s’étirent sans trop savoir pourquoi...

Distribué par Camélia films

ATTENTION CHANGEMENT DE DATE SORTIE NATIONALE REPORTÉE AU 12 JANVIER 2022

A noter que l'exposition Nan Goldin Variety est actuellement présentée à la Galerie Lumière 

Ces photographies peu connues ont été prises en 1982, durant le tournage du film Variety de Bette Gordon. Il s'agit des premiers travaux de la photographe américaine qui aborde déjà ses thèmes de prédilection, comme le milieu bohème du Lower East Side.

 Cette exposition inédite présente de célèbres photographies tirées de l’ouvrage Variety, mais également une série de clichés jusqu’alors jamais dévoilés.