À nos amours. : Le film de Maurice Pialat est sorti en 1983.

Cette année-là, le futur metteur en scène Laurent Ziserman avait 21 ans , se cherchait dans ses études mais avait été totalement cueilli par la force de frappe du film, très grand succès public et critique de l'époque.

Il s'est également  souvenu que dans une interview du 27 novembre 1983, deux semaines après la sortie de son film, Maurice Pialat confiait à Claude-Jean Philippe son impression que les scènes d’extérieur lui semblent inutiles et il aurait préféré  tourner un huis-clos familial, dans le décor unique de l’appartement parisien. 

Laurent Ziserman  a donc pris à la lettre cette idée forte pour adapter le film de Pialat dans une unité de lieu et de temps que l'on peut voir actuellement  dans la petite salle des Célestines du Théâtre des Célestins qu'on a pu voir mercredi dernier.

 “ Seul sait se faire aimer celui qui sait se faire haïr par la même personne” Cesare Pavese

 ANA,  acronyme d’A Nos Amours de Maurice Pialat, prix Louis Delluc 1983 et César du meilleur film 1984... rien que ça !
César du meilleur espoir féminin pour Sandrine Bonnaire, autant dire qu’elle a très bien transformé l’essai.
Un appartement atelier dans Paris, des parents un peu dépassé par les désirs de leurs enfants.
©laurent ziserman - Repas famille 2
L’ainé Vincent, 29 ans, veut devenir cinéaste et cherche à placé un scénario qui s’inspire fortement de son entourage, Suzanne la cadette agée de 17 ans étouffe et entame une révolte d’adolescence. Antoine le père voit son autorité mise à mal et se demande bien ce qu’il à pu transmettre à sa progéniture, Monique la mère malgré une écoute bienveillante ne réussi pas à maintenir l’harmonie familiale.
Une famille où l’on se bat pour dire que l’on s’aime, la famille comme une cellule trop petite qui étouffe, la famille comme un insupportable nœud indéfectible.
©laurent zisermanpere-et-mere-suzanne-3
La salle à manger, l’atelier et la chambre à coucher, des scènes qui se répètent.
L’adolescence comme un combat de boxe et la création comme une libération.
Le texte de Pialat est scandé avec une force incroyable par des acteurs impressionnants.
Les acteurs sont tous formidables : Ziserman reprend lui même le rôle de Pialat et même dans son phrasé devient presque un clone et on a vraiment l’impression de voir Pialat sur scène et Magali Bonat, Savannah Rol et Benoit Martin sont d’une vérité saisissante...
Un huis –clos théâtral formidable qui donne une furieuse envie de revoir tout Pialat.


L' adaptation théâtrale du film multi-césarisé À nos amours de Maurice Pialat, est joué aux Théâtre des Célestins (Lyon 2e)  jusqu’au 27 mars. 

A noter que ce lundi 21 mars à 20h00  en écho au spectacle Ana, le film A nos amours est présenté au Cinéma le Comoedia en présence du metteur en scène de la pièce Laurent Ziserman et du monteur du film, Yann Dedet.

 

 En partenariat avec la CinéFabrique.

 Photo 1 pour À nos amours