Baz'art  : Des films, des livres...
20 juin 2025

Robin Campillo : « Il fallait que ce soit un film à mi-chemin entre Laurent et moi ! »

 

 

Robin Campillo, réalisateur de Enzo, le film de Laurent Cantet, était de passage à Lyon au cinéma Le Comoedia . Ce très beau film nous fait découvrir l’étonnant Eloi Pohu dans son premier rôle ainsi que des acteurs non professionnels formidables, et nous donne le plaisir de retrouver Elodie Bouchez, et Pierfrancesco Favino. Le film tourné et monté par Robin Campillo a été imaginé par Laurent Cantet et co préparé par les deux cinéastes alors que Laurent Cantet était malade d’un cancer. Il est mort sept semaines avant le tournage. Rencontre avec Robin Campillo.

Comment s’est passé la passation de relais entre Laurent Cantet et vous ?

Il y a environ deux ans Laurent m’avait parlé de son projet, et j’étais très enthousiaste. C’est peu après qu’il a appris le diagnostic de son cancer.

Je lui ai proposé de l’aider sur le film pendant qu’il allait suivre son traitement. On pensait qu’il allait pouvoir guérir, mais on a su que c’était plus grave. On avait bouclé le scénario, commencé les repérages, le casting des acteurs principaux était fait.

Puis il est tombé très malade, je suis allé le voir dans sa chambre et lui ai dit que j’avais très envie de faire le film, je pense qu’il a été heureux que cela se poursuive. Il est mort quasiment le lendemain.

Nous avons commencé le tournage sept semaines après. Gilles Marchand, le co scénariste et Marie-Ange Luciani, la productrice m’ont accompagné. Le pire aurait été de devoir jeter le scénario.

Comment avez-vous fait la part des choses entre le travail avec Laurent et votre réalisation ?

J’en avais parlé avec Laurent et je lui avais dit que je n’étais pas sûr de pouvoir faire un film « à sa manière ». C’est le film qui nous impose un peu sa loi quand on réalise. On fait des films un peu comme on peut. J’avais l’autorisation de Laurent de faire ce que je voulais, mais lorsque je trouvais qu’une scène n’était pas bonne, je faisais un grand conciliabule avec Gilles Marchand, Marie-Ange Luciani, et l’équipe.

Par exemple, une scène mettait trop avant le coming out homosexuel, j’ai trouvé que c’était d’un autre âge, on ne l’a pas gardée. En revanche on pense spontanément que le fait qu’Enzo soit attiré par un mec, cela vient de moi. En fait pas du tout c’est Laurent qui voulait ça.

Je pense qu’au final on serait arrivé peu ou prou aux mêmes conclusions avec Laurent. Si je prenais du plaisir à filmer ce que je filmais, Laurent aurait été content. On avait le sentiment d’une forte présence de Laurent, mais on était dans le faire, cela nous a protégé de la tristesse, qui est revenue un peu plus pendant le montage.

 

 

Est-ce que vous aviez la même vision du personnage d’Enzo ou l’avez-vous remodelé ?

En fait, on avait la même idée de ce qu’il devait faire et de ce qu’il devait dire, mais n’on avait pas la même vision de ce que ça signifiait. Au final le film met beaucoup de lumière sur beaucoup d’ambiguité.

Avec Laurent on avait en tête le personnage de Bartleby, on voulait éviter le personnage simpliste de l’ado qui veut échapper à ses parents.

Puis on est tombé sur Eloy Pohu qui est venu au casting. On a trouvé qu’il avait quelque chose d’opaque, d’étrange qui donnait toute l’ambiguïté au personnage.

Il ne voulait pas se mettre en colère face au personnage du père mais on a trouvé ce truc de parler comme à soi-même en face de l’autre, et de balancer tout ça au visage.

On ne sait plus trop s’il est attiré par le fantasme de la guerre en Ukraine, par le personnage de Vlad l’Ukrainien dans le film, ou s’il aime véritablement les chantiers où il travaille, alors qu’il vient d’un milieu bourgeois.

Et le personnage du père est aussi un peu perdu …

L’acteur Pierfrancesco Favino voulait jouer un personnage de père doux et bienveillant, il en avait assez de jouer des personnages de méchant, de mafieux…

Je lui ai dit « Ne t’imagine pas que tu vas passer pour le bon père de famille à l’écran, tu passeras comme manipulateur si tu n’engueules pas frontalement ton fils…

 

Dans votre parcours de cinéaste et de créateur, c’est une histoire peu banale…Qu’allez vous faire de cette expérience ?

Je pense que c’est un don de Laurent pour moi de me permettre de faire ce film à sa suite, j’ai appris sur le cadrage, la lumière, sur ma façon de filmer. Ça m’a fait évoluer. Avec Laurent on pensait parfois les mêmes choses en même temps. Il fallait quand on travaillait ensemble, que ce soit en quelque sorte un film à mi-chemin entre lui et moi.

 

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 329 197
Chris Isaak en concert à Paris et à Lyon

 

 
Au cours de ses quarante ans de carrière, CHRIS ISAAK, chanteur et acteur, plusieurs fois disque de platine et nominé aux Grammy Awards, s'est produit dans le monde entier avec les membres de son groupe de longue date, Silvertone. Sa discographie et sa filmographie comprennent treize albums studio acclamés par la critique, douze singles en tête des charts et plusieurs films, tels que Le Silence des agneaux, Twin Peaks : Fire Walk With MeThat Thing You Do ! Son travail l'a également amené à travailler dans les coulisses, en créant la musique de plusieurs bandes originales de films, notamment Eyes Wide ShutTrue RomanceWild at Heart et Blue Velvet
 
Son méga tube "Wicked Game" a dépassé le milliard de streams sur Spotify.
 
En concert le 29 juin à Lyon (Amphithéâtre) et le 2 juillet à Boulogne-Billancourt (La Seine Musicale)

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés