Baz'art  : Des films, des livres...
23 août 2017

120 battements par minute : aussi déchirant et indispensable qu'annoncé!!

 

 

120bpm2

On a l’impression qu’avant même sa sortie en salles ce mercredi 23 août, on a déjà tout lu et tout entendu sur "120 battements par minute",  la fresque que Robin Campillo  a consacré aux combats de l’association de lutte contre le sida Act Up, au début des années 1990.

Car évidemment c’est LE film qui a bouleversé la Croisette cette année et qui en est reparti avec le Grand Prix du Jury, alors que, d’après les indiscrétions, le Président Almodovar s'il avait été tout seul,  n’aurait pas été contre du tout lui donner la Palme d’Or.

N’ayant pas encore vu "the Square" le film qui a reçu la récompense suprême, je ne m’abaisserais pas à jouer au jeu des comparaisons entre les deux, mais ce qui est sûr, c’est qu’étant particulièrement sensible aux long métrages vibrants d’émotions plus que les films un peu trop froids ( comme semble l'être le film suédois),  savoir que les yeux  des spectateurs cannois étaient particulièrement  rougis après avoir reçu en plein cœur 120 battements par minute, vrai uppercut de cette 70ème édition, ne pouvait que pencher la balance du côté du film de Campillo.

En effet, sur ce créneau la,  120 battements par minute que j’ai pu voir en avant-première dimanche soir, ne déçoit pas une seule seconde , tant c’est une œuvre aussi renversante que déchirante, et cinématographiquement très accomplie, et qui effectivement met loin derrière tous les autres longs métrages cannois de la compétition que j’ai pu voir jusqu’à présent.

Love story activiste et hypersensible filmée à 100 à l’heure, Robin Campillo rend compte d’un combat nécessaire et salutaire afin que les nuits fauves puissent devenir des journées arc en ciel et associe les élans vitaux du meilleur du cinéma social à une grande sensibilité qui bouleverse terriblement et imprime la rétine.

120 BPM©Les Films de Pierre-France 3 Cinéma-Page 114-Memento Films Production-FD Production_photo6

Il faut savoir que l'histoire était très intime pour les auteurs puisque  le scénario a été coécrit par le réalisateur Robin Campillo, lui-même entré à Act Up en 1992, soit au moment où démarre le film, et Philippe Mangeot, président historique de sa section parisienne.

En montrant l’intérieur  d’Act’Up Paris dans les années 90, qui renvoyait avant ce film aux yeux de ceux qui comme moi ne connaissaient leurs actions que par le biais des médias ou l’intervention sur certains plateaux TV de leurs dirigeants d’une association dont la radicalité empêchait un peu leur lisibilité, Robin Campillo et son scénariste nous plongent dans des souvenirs militants à travers une histoire  prenante, brutale, et terriblement romantique dont nul ne  peut ressortir totalement  indemne.

"120 battements par minute" c'est aussi et avant tout un film formidable sur le collectif, qu’on avait rarement vu de déployer autant de véracité et de force.

Traitant d’un sujet à la fois profondément militant et en même temps terriblement romanesque. Campillo réussit l’équilibre parfait entre  la reproduction, proche du documentaire de l’activisme d’Act up et les destins personnels et  forcément tragiques de certains de ses membres.

Jamais pesant ni didactique,  le film réussit à capter totalement l’énergie viscérale qui animait ce collectif et c’est une des immenses réussites du film.

120bm

On aime particulièrement cette idée de voir à quel point , dans les nombreuses AG (ou RH  plutot :  réunions hebdomadaires) qui ponctuent le film, chaque idée est relayée par une autre et  l’aspect reportage télé ou  trop documentaire qui pourrait menacer est alors contourné totalement pour être intégré dans un univers multiple et connexe où la double temporalité converge dans l’image

 Le film montre ainsi à quel point les débats constituent le point de gravité de joute verbale et également son vrai  point d’achoppement. Au contraire d’un "Nocturama," autre film sur le collectif, brillant esthétiquement mais  qu'on pourra juger totalement vain sur le fond, le cinéma de Rampillo (comme son précédent et moins médiatisé Eastern Boys auquel on pense souvent notamment dans les scènes de boite de nuit)  réussit totalement à allier le forme et le fond et insuffler une énergie et une force vitale à ce qu'il filme.

Ainsi, les débats des membres sont montrées  comme le  centre de gravité des joutes verbales, avant une  dernière partie incroyable  et un  parti pris de mise en scène absolu, qui pourrait casser à tout moment le film mais ne rompt jamais.

120 BPM©Les Films de Pierre-France 3 Cinéma-Page 114-Memento Films Production-FD Production_photo5

Lorsque l’intime et le romanesque prennent le pas sur e politique et le collectif, les prestations épidermiques d’Arnaud Valois et Nahuel Pérez Biscayart, qu’on avait déjà beaucoup apprécié dans le film "je suis à toi" de David Lambert   n’en finissent plus de bouleverser.

Bref, du très grand cinéma, romantique lyrique, politique et philosophique réalisé par l’un des cinéastes français  les plus passionnants d’aujourd’hui.

Et forcément un des plus grands films de cette année 2017 qui une fois n’est pas coutume ne déçoit pas les immenses espoirs placés en lui (contrairement à Toni Erdman l’an passé) ....
 

 

Commentaires
T
J'ai adoré The Square, je défends passionnément cette Palme, mais 120 BPM est aussi un magnifique film qui mérite amplement toutes ces excellentes critiques.
Répondre
J
Vous avez dit tellement de bien sur ce film que ça m'a donné l'envie de le regarder.
Répondre
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