[CRITIQUE] L'INTÉRÊT D'ADAM de Laura Wandel : Un intense face à face féminin et maternel
/image%2F1371318%2F20250907%2Fob_aaadec_l-interet-d-adam-affiche-120x160-17-07.jpg)
••••••••••••••••••••••••••••••
Dans son second film, elle embarque Léa Drucker et Anamaria Vartolomei au cœur d’un service hospitalier pédiatrique le face-à-face, en immersion, le temps d'une nuit dans le service pédiatrique d'un hôpital, entre une infirmière usée (Léa Drucker) et une mère isolée maltraitante (Anamaria Vartolomei) qui fait subir ses propres névroses alimentaires à son fils Adam, lequel se trimbale d'inquiétantes carences.
Dans Un monde, Laura Wandel se plaçait à hauteur d’enfant (les visages des rares adultes tels que celui joué par Karim Leklou n'étaient visibles que lorsqu'ils se baissaient pour parler aux enfants), pour parler du harcèlement scolaire et de ses violences.
Continuant d’explorer le thème de l’enfance en danger, la cinéaste se situe désormais du côté des adultes, celui d’une mère qui aime d’un amour exclusif son petit garçon de 4 ans au point de le mettre en danger, et celui de l’infirmière en chef, vouée corps et âme à son métier.
L'enfant , le Adam du titre, est présent devant la caméra de Laura Wandel, mais constitue plus un enjeu crucial sur lequel les deux protagonistes principales se cristallisent, qu'un personnage à part entière.
/image%2F1371318%2F20250907%2Fob_213fc4_linteretdadam-0066-2-maxencededry.jpg)
Ce second long métrage est en premier lieu un face-à-face explicatif entre deux comédiennes au sommet de leur art : Léa Drucker, décidément prédisposée, après notamment Dossier 137, aux emplois de consolatrices et de bon petit soldat partagé entre professionnalisme et implication intime trop forte , et Anamaria Vartolomei, la révélation tout en finesse de L'Événement d'Audrey Diwan, qui excelle dans la retenue et l'intériorisation.
Avec elles, Laura Wandel emmène le spectateur dans un huis clos hospitalier tendu et sec comme un thriller et resserré sur une heure et treize minutes. C’est radical et à l'os, mais sans jamais écarter du projet la dimension humaine incarnée par Lucy l’infirmière dévouée corps et âmes jusqu'à dépasser allégrement sa fonction, certainement par projection personnelle.
/image%2F1371318%2F20250908%2Fob_7c152d_image-big-faf47277273aa30b35bdb47b0028.jpg)
Emouvant et intense, tout le monde semble à bout de force, presque exsangue dans ce combat qui ne dit son nom autour d'un intérêt potentiel d'un enfant à qui on ne demande jamais vraiment son opinion et qui est balloté des bras d'une mère fatiguée à un terne lit d'hôpital au gré des péripéties de cette journée à la fois exceptionnelle et ordinaire dans cet établissement hospitalier qui en aura vu et en verra d'autres.
Ramassé sur moins d' une heure quinze (c'est la force et aussi la limite du film avec une fin un peu trop abrupte et le sentiment que le spectateur aurait pu prolonger un peu l'expérience) , caméra à l'épaule flanquée aux basques des protagonistes, le récit est une plongée douloureuse dans un hopital pas des plus accueillants.
Les lumières artificielles et le décorum aseptisé de l'hôpital font le reste, pour consacrer l'atmosphère anxiogène de ce thriller social dont on ne sort pas indemne.
/image%2F1371318%2F20250907%2Fob_6ba158_linteretdadam-0079-maxencededry.jpg)
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260107%2Fob_7f019f_image-1371318-20260106-ob-125c46-miser.jpg)
/image%2F1371318%2F20251204%2Fob_3c566e_template-cdm-2026-insta-carre-prog-108.jpg)
/image%2F1371318%2F20251226%2Fob_211419_fcem2026-a3-v1-1.jpg)