[CRITIQUE] N121 Bus de nuit de Morade Aïssaoui : terminus, tout le monde descend?
/image%2F1371318%2F20260208%2Fob_c9a529_n121-bus-de-nuit-photo-8-ripley-films.jpg)
Un soir, une bande de jeunes gens à l'avenir prometteur se rend à Paris fêter une bonne nouvelle, mais après une soirée en demi-teinte, au moment de rentrer chez eux, une altercation dans un bus de nuit dérape, nécessitant l'intervention de la police. Une arme est sortie, une course-poursuite démarre, les relations se tendent rapidement entre les passagers.
Malgré la présence au générique de deux influenceurs de taille : Just Riadh, qu'on avait accompagné pour sa première incursion au cinéma voilà trois ans déjà et Paola Locatelli qui tente pour la première fois une incursion sur grand écran*, N121 Bus de nuit , premier long métrage de Morade Aïssaoui a connu une sortie plutôt confidentielle mercredi dernier, en terme d'impact médiatique et du nombre de copies en salles, et ne risque pas de marquer l'histoire du cinéma.
/image%2F1371318%2F20260208%2Fob_7341d6_n121-bus-de-nuit-photo-2-ripley-films.jpg)
N121 Bus de nuit de Morade Aïssaoui démarre pourtant plutôt pas mal avec fraicheur liée à nos trois lascars qui s'envoient quelques punchlines bien senties, et même une idée de mise en scène plutôt sympa, notamment tout ce qui se passe à l’intérieur du bus, une réalisation solide, assez immersive du moins dans ses au début.
Caméra à l'épaule, le réalisateur parvient à créer avec très peu de choses un climat de tension qui fonctionne pas mal durant sa première partie.
Malheureusement, les choses se corsent lorsque le cinéaste cherche à insuffler de la sociologie dans son thriller à huit clos.
Sa façon d'ausculter les ravages de la fracture sociale et d'une discrimination devenue arme politique s'avère maladroite, d’une naïveté un peu embarrassante, minée par les raccourcis, les lieux communs et les archétypes, sa galerie de personnages virant au catalogue de profils ( le beaufs raciste, le mec qui se la joue, les filles un peu superficielles mais pas trop...) mal dégrossies, et ensuite l'action qui reprend le dessus empêche ce discours là de se développer avec plus de profondeur .
/image%2F1371318%2F20260208%2Fob_1c8136_n121-bus-de-nuit-photo-7-ripley-films.jpg)
Résultat : un énorme ventre mou qui s’étale sur une bonne demi-heure, où il ne se passe pas grand-chose et où le propos, peu nuancé, tourne en rond jusqu’à lasser le spectateur fatiguer.
Ajoutons à cela une interprétation inégale (Just Riadh ne marque pas forcément des points dans son aventure 7eme art) , dans l'ensemble bancal qui manque de comédiens et de personnages qui emportent le morceau.
Bref, une tentative qu' à moitié réussie pour un cinéma français de la débrouille, à des années lumières du cinéma de la FEMIS, et pour un cinéma qui fleure bon le bitume.
/image%2F1371318%2F20260208%2Fob_7d0316_n121-bus-de-nuit-photo-5-ripley-films.jpg)
N 121 bus de nuit, de Morade Aissaoui, en salles depuis le 6 février
* merci pour le commentaire qui nous dit qu'on peut aussi dire et écrire des bétises parfois, mais on avait raté ce fameux Rapide en salles
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260222%2Fob_4792a1_affiche-a3-ecrans-mixtes-2026-new.jpg)
/image%2F1371318%2F20251204%2Fob_3c566e_template-cdm-2026-insta-carre-prog-108.jpg)
/image%2F1371318%2F20251226%2Fob_211419_fcem2026-a3-v1-1.jpg)