[CRITIQUE] Sirāt de Oliver Laxe : du rave au cauchemar
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Luis un père de famille espagnol a priori lambda, accompagné de son fils Esteban, est à la recherche de sa fille, disparue il y a cinq mois, quelque part au royaume chérifien. Il débarque dans les montagnes du Sud marocain, au milieu d'une improbable rave party.
C'est le point de départ de ce qui va devenir un incroyable road movie et une incroyable descente aux enfers.
Car le désert a ses règles, sa route ses dangers. Et on ne rentre pas impunément en terre inconnue.
Dans l'islam, on décrit le pont Al-Sirât comme un passage qui s'étend au-dessus de l'enfer et conduit au paradis. Encore ne faut-il pas tomber. Fort de cette image le réalisateur espagnol Oliver Laxe (, a bâti un récit assez fascinant, utilisant pour cela tous les moyens qu'offre le cinéma.
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Une histoire qui, comme Mimosas, la voie de l'Atlas (2016), se situe au Maroc. à l'assaut des mirages.
Un décor magique, rugueux et sec aux couleurs chaudes, vibrant au rythme de la musique techno, filmé avec audace par Mauro Herce dans la poussière et la saturation de la lumière, multipliant les fondus enchaînés.
Oliver Laxe utilise une pellicule 16 mm au grain brut et granuleux. Une texture qui entre en osmose avec la musique, de la techno brute, et des sons d'atmosphère, comme le vent et les tempêtes de sable, largement amplifiés.
Le spectateur est enfermé dans cet univers beau, épuré et terrifiant, de ce No Man's Land de sable et de cailloux entre le Maroc et la Mauritanie.
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Oliver Laxe signe un long métrage qui nous a laissé dans un état second, sonné et en apesanteur à la fois, un film-trip d'une puissance insensée, un requiem techno traversé de mirages cinématographiques une sorte de transe filmique qui ne dit pas son nom. Et cette vision d'Occidentaux perdus dans un monde apocalyptique où ils n'étaient pas conviés, donnant un sens politique encore plus fort à « Sirat ».
On ne dira rien des rebondissements qui jalonnent l'intrigue sachez simplement qu' après une heure de film, en un événement tragique, les personnages et le récit nous semblent comme totalement déboussolés jusqu’à nous entraîner dans un monde sans espoir et où l'apocalypse semble subvenir à tout moment, ou quand le convoi de la peur rencontrer Mad Max.
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Mais le film ne serait qu’un terrifiant coup de massue qui laisse étourdis protagonistes et spectateurs si ce parcours n’était aussi métaphysique. et jalonné d'un retour à la vie où une autre humanité semble possible. Un grand film, inconfortable et anxiogène, mais une expérience de cinéma à nulle autre pareille.
Sirat, d'Oliver Laxe ***
Prix du Jury- Festival de Cannes 2025-
Sortie le 10 septembre 2025
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