[CRITIQUE] Die my love : Brûler ce que l'on adore*
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Si la maternité peut parfois sonner le toscin d’une carrière d’écrivaine, celle d’Ariana Harwicz a eu l’effet inverse.
Elle a « donné naissance » au premier livre de cette romancière argentine, née à Buenos Aires en 1977, et lui a valu d’être considérée, dès la parution de Crève, mon amour, en 2012, comme l’une des nouvelles voix des lettres latino-américaines.
2012 son premier roman, "Crève, mon amour" ("Matate, amor"), qui évoque, dans un long monologue intime, les affres et les douleurs de la maternité vécu par une jeune mère en plein doute. Quelques années plus tard, le roman est adapté au cinéma sous le titre "Die, My Love", réalisé par Lynne Ramsay, avec Jennifer Lawrence et Robert Pattinson.
Un film présenté en compétition officielle à Cannes qui malgré son ca sting aura plutot reçu un accueil très froid.
Un an après sa présentation, et juste avant le début du nouveau festival de cannes, il est temps de découvrir en salles cette transposition de ce qui sur le papier était un récit fort et personnel, entre humour noir et poésie, qui montre la complexité des émotions d'une femme face à sa vie et à ses choix.
Die my love sur le papier avait tout pour séduire, déjà car sa réalisatrice a souvent été à l'aise avec des histoires sombres, du Voyage de Morvern à We Need to Talk About Kevin en passant par A Beautiful Day.
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Die, My Love plonge les spectateurs dans une expérience viscérale et étouffante, accentuée par le format 4:3 mais le film va rapidement abuser de la patience du spectateur qui attend des rebondissement et un enjeu digne de ce nom.. Les histoires de couple qui se déchirent sont souvent traitées au cinéma, mais c'est un sujet casse gueule car il est difficile de passionner le spectateur toute une durée de film avec des histoires de réconciliation et de déchirement.
Ici, Ramsay n'évite pas l'écueil; il faut dire qu'elle abuse de scènes répétitives, d’une vision paradoxalement excessive et en même temps pas assez passionnée des relations humaines, et manque finalement d'incarnation et donne l'impression d'aller dans tous les sens et ne pas vraiment développer le matériau d'origine .
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S'il y a un atout vraiment du film et quelque chose à le sauver c'est sa comédienne principale, toujours aussi magnétique . Die, My Love offre un écrin à Jennifer Lawrence, totalement incandescente, qui se révèle à la hauteur du défi. Elle imprime chaque plan de sa gestuelle féline et de son regard tristement perdu dans un gouffre de solitude.
A coté Robert Pattison, déjà un peu falot face à Zendaya dans The Drama, ne tient pas la distance, mais c'est aussi lié à son rôle, pas assez écrit- il faut dire que le roman à l'origine se passait dans la tête de son héroïne, ceci expliquant cela.
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Bref du cinéma radical, conceptuel et finalement assez prétentieux qui pourra avoir quelques fans mais en laissera aussi beaucoup sur el bord de la route, de ces spectateurs qui risquent de regarder un peu leur montre pendant les deux heures de projection.
* le titre fait référence à une chanson dont l'intérprète a le même prénom que l'actrice du film.. un peu capillotracté on avoue ..
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