Baz'art  : Des films, des livres...
19 novembre 2025

[CRITIQUE] Des preuves d'amour, l'infinie bienveillance.d''Alice Douard

Dans Des preuves d'amour, son premier long métrage, Alice Douard met en scène un couple de femmes qui, en 2014, un an après la promulgation de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, attend son premier enfant. Céline (Ella Rumpf) se réjouit de ce futur événement et observe avec tendresse le ventre arrondi de Nadia, son épouse (Monia Chokri), qui porte le bébé.


Céline se pose la question de sa place dans cette cellule familiale qui va bientôt émerger,  elle qui, pour être reconnue mère aux yeux de la société, doit subir une pénible et humiliante procédure d'adoption et recueillir les témoignages de membres de sa famille et d'amis censés témoigner de son désir d'enfanter et de sa capacité à s'occuper du futur bambin, d'autant que sa relation à sa propre mère ne s'avère pas des plus simples.

En 2013, la loi Taubira permet aux couples de même sexe de se marier, et leur ouvre la voie de l'adoption. Avant, aucun cadre légal n'existait. C'est dans cette zone de non-droit qu'Alice Douard ancre son premier film, basé sur sa propre expérience.

Le film est un préquel à L’attente, César du court métrage en 2024, dans lequel la cinéaste se concentrait sur les quelques heures avant la naissance d’un enfant et sur cette question : qu’est-ce, pour une femme, qu’attendre un enfant sans pourtant être enceinte ? 

 Ses héroïnes pourtant pionnières sont avant tout des femmes du quotidien, pétries de doutes à l'approche de la naissance, s'interrogeant sur leur propre rapport à leurs parents ou sur l'équilibre du couple à l'heure du bouleversement. Alice Drouard les suit et les filme avec une infinie bienveillance.

Parmi elles, la formidable Ella Rumpf, qui déroule une subtile palette de nuances en campant une Céline quelque peu désorientée

Des Preuves d’amour prend souventune valeur presque documentaire : il capture un moment de bascule, une époque où aimer différemment signifiait encore justifier son droit à aimer.

Mais il comporte également des scènes franchement comiques,  comme celle qui voit un jeune anesthésiste ne sait plus très bien laquelle de Céline et Nadia sera celle qui va accoucher.  Vivifiant et émouvant.

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En salles ce mercredi 19 novembre 2025

 

Commentaires
F
Bonjour,<br /> <br /> Cette critique m’a vraiment donné envie de voir le film. Alice Douard semble suivre ses personnages avec beaucoup de sensibilité, en montrant leurs doutes, leurs joies et les petits bouleversements du quotidien à l’approche d’un bébé. Le parcours de Céline pour être reconnue comme mère, entre démarches administratives et rapports familiaux compliqués, rend le récit très réaliste et touchant. On sent vraiment que le film s’inspire de l’expérience personnelle de la réalisatrice, ce qui le rend encore plus sincère.<br /> <br /> J’aime aussi l’équilibre entre émotions et humour, comme dans la scène de l’anesthésiste qui ne sait plus qui va accoucher. La prestation d’Ella Rumpf semble promettre beaucoup de nuances et de justesse. Ce mélange de réalisme, de tendresse et de petites touches comiques fait que je suis vraiment curieux de découvrir ce film en salles et de voir comment il capture ce moment si particulier dans la vie d’un couple.
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