[CRITIQUE] Undertone : Attention, ondes maléfiques...
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Dans Undertone, film d'horreur de cet été réalisé par Ian Tuason, on suit Evy (Nina Kiri, constamment remarquable de justesse) qui revient vivre dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante.
Coincée entre ses obligations filiales et une relation amoureuse qui s'effrite, elle n'a pour unique échappatoire que le podcast paranormal qu'elle co-anime avec Justin. Dans cette émission baptisée The Undertone, elle occupe le rôle de la sceptique quand son collègue, lui, est le croyant.
Lorsque Justin reçoit anonymement dix fichiers audio d'un jeune couple confronté à des phénomènes inexpliqués dans leur foyer, les deux animateurs décident de les diffuser en direct, un par un. Ce qui semblait être du contenu comme un autre va peu à peu résonner avec une précision inquiétante dans la maison même où Evy enregistre.
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Prenant pour mantra de départ que ce qui n'est pas montré à l'écran se doit d'être plus effrayant que ce qui l'est, le réalisateur utilise un dispositif narratif est d'une sobriété radicale : hormis la mère, fantôme vivant cloué dans sa chambre à l'étage, aucun autre personnage n'apparaît à l'écran.
Ce qui frappe dans la mise en scène de Tuason, c'est la façon dont il réussit après une mise en place un peu longue à réussir à exploiter le malaise comme la paranoïa qu'il instaure autour de l'origine des sons qui commence à tourmenter Evy
On pourrait craindre que l'immense 'ambition formelle ne va pas étouffer le film sous sa propre rigueur et c'est parfois un peu le cas, la narration peinant à s'imposer totalement.
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Sur le plan du scénario, le film ne surprend jamais vraiment, contrairement à Obsession ou Backrooms si on compare aux pépites du cinéma d'horreur récentes, ici, : possession démoniaque, formule maudite, miroir narratif entre passé et présent. Les codes sont respectés sans être jamais réinvités ni bousculés
La relation mère-fille, pourtant au coeur du sous-texte, cette culpabilité d'avoir hâte que ça se termine pour enfin être libre, reste à la surface
Mais il n'empêche que le film exploite parfaitement le concept du casque audio. Undertone est en effet huis clos radiophonique où la seule frontière entre l'intérieur et l'extérieur passe par un casque audio.
Dès qu'Evy le met sur ses oreilles, elle est coupée de la réalité. On sent ce décalage flippant entre ce qu'elle écoute et ce qui pourrait se passer juste derrière elle, dans son dos, sans qu'elle entende quoi que ce soit
Ajoutons que la photographie, sobre et froide, joue habilement des zones d'ombre. Le cinéaste a déclaré s'être inspiré de The Babadook dans sa volonté de ne rien montrer,
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Tuason est manifestement un metteur en scène né. Il maîtrise l'espace, le son, la durée. Et son film laisse le spectateur dans un état de tension encore palpable une fois le générique passé.
On attend avec curiosité de voir ce qu'il fera avec un matériau peut-être plus étoffé encore .
Undertone // De Ian Tuason. Avec Nina Kiri, Michelle Duquet et Keana Lyn Bastidas.
En salles le 12 août 2026.
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