Baz'art  : Des films, des livres...
15 novembre 2025

[CRITIQUE] La bonne étoile :Pascal Elbé , loin de briller

 

On le sait depuis longtemps, Benoît Poelvoorde a toujours aimé jouer des personnages complexes, peu ragoûtants.  Dans La Bonne Etoile, de Pascal Elbé,  en salles depuis mercredi, l’acteur belge, est servi : son personnage, Jean Chevalin, est un homme lâche dans la France de 1940, au début de la seconde guerre mondiale. Il se comporte comme un salaud, au début du film, en causant l’arrestation d’un homme juif (Pascal Elbé lui même ), qui se retrouve séparé de son petit garçon.

Sans aller jusqu’à poser l’éternelle et insoluble question « peut-on rire de tout », on est obligé de constater que l’histoire d’un pitre naïf qui croit que c’est trop bien d’être juif en 1940 comportait quelques risques de verser dans un humour  pas du meilleur goût.

Et hélas alors qu'on avait beaucoup apprécié sa dernière réalisation, comédie romantique sur un sujet qui lui était personnel ici, Pascal Elbé plonge les deux pieds dedans sans jamais réussir à se sortir de ce dilemme moral qu'un Claude Lanzmann aurait résolu très rapidement en conseillant à Elbé de ne pas tenter le coup.

 

Sincèrement, l'idée de départ  nous aura semblé pour le moins douteuse, avec cette famille qui décide de se faire passer pour juive, en pleine Occupation allemande, en espérant des lendemains meilleurs !

On le voit rien qu'avec le titre et le pitch, cette bonne étoile  pose un contrat de crédulité exorbitant au spectateur, sommé de croire l’incroyable et à ce qu’il voit à l’écran et jamais on arrivera à croire cette histoire, comme on avait pu croire à celle racontée par Roberto Benigni dans la vie est belle. 

 Pascal Elbé. a raison évidemment de chercher à dénoncer l’antisémitisme, surtout dans la période actuelle,  mais choisissant le parti pris de la caricature  et la fable , il en désamorce cruellement la portée.

 

La bêtise du héros jouée par un Poelvorde qu'on a connu meilleur en beauf de service  est franchement embarrassante, et le réalisateur tâtonne  constamment  pour trouver le bon équilibre entre drame et comédie. Certaines scènes avec la police française collabo donnent froid dans le dos, d’autres lorgnent plus vers le vaudeville. et aucune ne réussissent jamais à séduire le spectateur. 

ON sauvera du naufrage,  si on est bien luné le personnage de la  baronne (Zabou Breitman) qui cache des familles juives dans sa vaste demeure.

Mais La Bonne Etoile qui se voudrait revenir aux recettes d'antan- la grande vadrouille notamment son  illustre modèle,  se borne à rester  une comédie franchouillarde et lourdingue franchement désolante... A oublier... 

La Bonne étoile de Pascal Elbé, en salles ce mercredi. Durée : 1 h 43.

 

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