« Animal totem »: Rencontre avec Benoit Delépine, réalisateur anar et fier de l'être !
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« Animal totem » est le premier film que vous réalisez tout seul, sans votre complice Gustave Kervern. Pourquoi avoir pris votre autonomie après dix films ?
Gustave et moi, nous sommes toujours aussi potes. Nous avons d’ailleurs un projet de film qu’on est en train d’écrire et qu’on espère tourner l’été prochain. Nous avions aussi un projet vraiment très ambitieux qui s’appelait Dada, un hommage au dadaïste un siècle plus tard.
Nous étions déjà allés très loin dans la préparation du film. Ce qui ne nous était jamais arrivé, sur aucun de nos films. On aurait dû se dire, là, il y a un loup et effectivement, notre productrice n’a pas trouvé l’argent. Pour moi, c’était hyper déprimant. Autant Gustave Kervern peut continuer à jouer dans des films, autant moi, ça voulait dire quatre ans sans rien faire. Du coup, j’avais ce projet, beaucoup plus personnel, qui est né là où j’habite.
On suit Darius, le personnage principal qui chemine en costume cravate accroché à une valise. La marche à pied impose-t-elle un rythme différent ?
Je passe moi-même beaucoup de temps à marcher dans la campagne et je croise parfois des animaux sauvages. Quand ça arrive, je me dis qu’ils doivent se marrer quand ils voient toujours ce grand mec qui se balade dans la campagne. Ça m’a donné l’idée de montrer le regard des animaux sur les humains et puis un road-movie à pied avec une valise à roulettes, ça me faisait rire et graphiquement, je trouvais ça beau, surtout en pensant dès le départ à Samir Guesmi. Avec sa grande silhouette, c’était évident.
Vous habitez à la campagne, en Charente, et le film est un road-movie à travers champs. Vous êtes sensible à la préservation de la nature ?
Pas loin de chez moi, il y a eu un projet d’usine d’enrobés bitumineux et avec un collectif, on s’est battu contre. Franchement, je pensais vraiment que le projet allait se faire, parce que toutes les autorisations administratives étaient données mais on a réussi.
Pendant un an, ça m’énervait tellement que je me suis dit, je vais faire un film pour me venger de cette usine. Symboliquement. Ce projet est très personnel.
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Et ce film, vous êtes venu le tourner en Picardie, votre région natale. Pourquoi ici et pas ailleurs ?
Je voulais absolument faire un film entièrement picard, pour raconter ce périple entre l’aéroport de Beauvais pour aller à la Défense, dans un décor qui me rappelait ma jeunesse.
Mon père était agriculteur près de Saint-Quentin. J’ai tourné dans les environs d’Amiens.
À Amiens Nord, pour toutes les scènes de banlieue parisienne, mais aussi au château de Bertangles. Autre anecdote, je voulais tourner à l’aéroport de Beauvais, sauf qu’ ils n’ont pas voulu et là miracle, on nous dit qu’il y a une usine Airbus à Albert avec une piste et une tour de contrôle.
La scène où Samir marche au bord de la piste, on voit le Beluga décoller. C’est génial, en plus, on a encore un animal totem potentiel.
Est ce que vous voyez avant tout votre film comme provocateur ou poétique?
En fait, je trouve que mon film est beaucoup plus dans la poésie que certains films précédents. Le seul fait de montrer mon regard sur la nature et à quel point j'en suis amoureux donne une forme de douceur au film."
Avec Groland, c'est marrant parce que notre émission était choquante et puis maintenant, elle est presque rassurante, c'est-à-dire que les gens continuent à regarder Groland comme un doudou, comme un souvenir d'une époque où on riait de ce type de choses, alors qu'aujourd'hui, ça devient compliqué. Dans la réalité, Donald Trump va beaucoup plus loin par exemple que toutes les caricatures politiques imaginables. Si on était aujourd'hui encore aux Guignols, qu'est-ce qu'on ferait sur Donald Trump ? Si on écrit un truc le matin, il a déjà fait pire le soir, c'est impossible, ça devient délirant de faire de la caricature politique ou sociétale."
merci à Ad Vitam et au cinéma Le comoedia
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