Fabien Gorgeart : « L’amour, ça ne s’annule pas , mais ça s’accumule".»
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Après « Diane a les épaules » et « La vraie famille », c’est votre troisième long-métrage sur ce thème inépuisable de la famille. On peut dire que c'est un thème qui vous titille, non?
Fabien Gorgeart : (sourire) Oui en effet, on peut le dire... Même si les deux précédents, qui traitaient déjà des relations de famille et d’enfance, étaient plus graves.
Tout en continuant d’explorer cette thématique, j’ai ressenti le besoin de l’aborder sous un autre angle, plus léger, mais tout aussi authentique.
Montrer que l’important est de faire famille, quelle qu’en soit l’histoire et la construction.
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D’où vient exactement l’idée de départ du film?
Fabien Gorgeart : Elle vient en fait de mon producteur. Il m’a parlé de ces procès en nullité de mariage qui fait qu’on ne peut pas se marier deux fois à l’Église. Le seul moyen de le faire, c’est de prouver que le premier n’avait aucune raison d’être.
Et pour cela, il faut faire un procès de type ecclésiastique. Cela m’a beaucoup inspiré. J’ai rencontré des gens qui ont fait la démarche, des prêtres qui s’occupent de ça, des avocats ecclésiastiques et j’ai tissé cette histoire.
Cela me permet de continuer à interroger ce que j’interrogerais dans mes autres films, c’est-à-dire qu’est-ce qui fait famille au fond.
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Est-ce une chose dont vous aviez connaissance auparavant ?
Fabien Gorgeart : Non, je l’ai appris quand mon producteur m’en a parlé. Cela m’a rendu très curieux. Plus je me renseignais sur la question et plus je me rendais compte du potentiel cinématographique.
J'ai été étonné de toutes les démarches à entreprendre, le chemin à faire pour les couples. car c’est vraiment tortueux.
La situation que je montre dans le film n’est absolument pas exagérée.
Ma seule "tricherie" concerne le rapport au temps que ça prend. Ça peut prendre des années.
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Qu'avez vous eu envie de raconter en premier lieu, à travers cette histoire?
Fabien Gorgeart : Pour moi, l’histoire d’un couple ne se résume pas à celle de deux personnes, Elle englobe tout son entourage, parents, amis, beaux-parents et bien sûr les enfants.
Et quand le couple éclate, il faut tout recomposer !
Mais je pense sincèrement que loin de s’annuler, ces sentiments peuvent s’accumuler dans une histoire différente mais riche du passé.
Par ailleurs l'idée de faire un film qui commence dans un centre commercial pour s’achever au Vatican, je trouvais ça pas mal comme trajectoire.
Et puis surtout, ça obligeait les personnages à regarder ce qu’était leur histoire avant.
Se retrouver devant un prêtre et raconter sa sexualité d’il y a vingt ans, ce n’est pas rien.
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Au fil des avant-premières, quels sont les retours des spectateurs ?
Fabien Gorgeart : Ce que j’entends le plus, c’est à quel point le film est un miroir des familles. Ça a l’air de parler à beaucoup de gens qui s’y retrouvent en fonction des personnages.
C’est un film sur la conciliation, sur la réconciliation. Et en ce moment, ça fait du bien. On me parle de feel good movie , je l'assume totalement si tant est qu’on pense je ne l’ai pas fait de façon naïve.
Que j’ai essayé d’embrasser la complexité des choses.
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La force du film tient aussi dans son casting de haute envergure. A-t-il été compliqué à réunir ?
Fabien Gorgeart : Eh bien non mais j’ai eu beaucoup de chance. J’avais écrit pour Mélanie Thierry et Lyes Salem dans mon film précédent. Ils étaient heureux qu’on se retrouve. Pour Laure Calamy et Vincent Macaigne, j’ai pensé à eux en cours d’écriture car c’est un vieux couple en fait.
Ils se connaissent depuis le conservatoire. Laure a joué dans les premières pièces de Vincent. Je les avais découverts ensemble dans Un monde sans femmes de Guillaume Brac (2012).
Et Céleste Brunnquell, c’est un peu la cerise sur le gâteau. On l’avait découverte dans En thérapie et Les Éblouies. C’est une comédienne très singulière, très inspirante.
Au delà de ces cas individuels, il faut dire que j’avais une croyance en ce casting-là et la sauce a pris.
On a fait famille et on y a cru. Ils ont tous très bien compris le projet et il faut que ça transpire et ça a été le cas. Ils sont très généreux et très investis.
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Votre film a été récompensé au festival de L’Alpe d’Huez en tant que meilleur film, Laure Calamy a également reçu le prix d’interprétation féminine. N’est-ce pas une rampe de lancement idéale ?
Fabien Gorgeart : On ne peut pas rêver mieux pour lancer la vie d’un film. Son accueil a été très enthousiasmant et permet qu’on s’y intéresse plus vite.
Il y a aussi toute cette tournée en avant-première (60 dates) que l’ont fait actuellement.
Après quand on est en compétition, on est super content d’y être mais on ne peut pas s’empêcher d’espérer quelque chose. Mais je ne m’attendais pas au Grand prix. J’étais très heureux et très fier.
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Dernière question, Fabien, à laquelle vous ne pouvez pas échapper. C’est quoi l’amour pour vous ?
Fabien Gorgeart : L’amour pour moi, ça ne s’annule pas contrairement à ce qu’ils essaient de nous faire croire pendant tout le film mais ça s’accumule.
Le film raconte comment on doit faire avec plusieurs amours. Celles qu’on a eues avant, celles qu’on a maintenant, celles de nos enfants, de nos conjoints…
Ce n’est pas qu’un couple qui est concerné. Je pense que notre discussion et le film le montrent parfaitement...
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« C’est quoi l’amour », de Fabien Gorgeart, en salles le 6 mai 2026.
Merci au cinéma Pathé Bellecour - rencontre réalisée le Jeudi 12 mars
©Fabrice SCHIFF_Baz'art
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Deux photos prises lors d'une autre rencontre avec le cinéaste et le comédien Lyes Salem, le 16 mars lors des Rencontres du Sud d'Avignon où une partie de l'équipe de Baz'art était aussi présente..
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