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30 avril 2026

Rencontre avec le réalisateur Mahamat-Saleh Haroun pour « Soumsoum, la nuit des astres "

Le mardi 14 avril, le cinéma Comoedia a présenté lors d’une projection presse «Soumsoum, la nuit des astres », le nouveau film du réalisateur franco-tchadien Mahamat-Saleh Haroun (critique ici même)
À l’issue de la séance, le réalisateur est revenu sur son œuvre, partager les coulisses et échanger avec nous autour de son beau film. 


Par rapport à l'ensemble de votre filmographie, "Soumsoum la nuit des astres" est moins une chronique sociale et plus à voir avec un certain réalisme magique. D'où vous est venue cette envie, d'un besoin de vous reconnecter avec vos véritables racines?

 

Mahamat-Saleh Haroun :  Disons que j'ai surtout  souhaité mettre en avant l’existence du monde des vivants et celui des morts,  car je vous le dis en vous regardant bien dans les yeux : je crois fermement que les morts sont toujours présent parmi nous ( sourires) 

Dans mon film, Kellou est connectée à ce monde parallèle où elle voit ce qui n’est pas visible aux autres. Une nouvelle réalité qu’elle apprend progressivement à accepter.

Je fais le pari que le spectateur accepte de me suivre dans un voyage spirituel et philosophique, en sortant du spectre habituel du film africain avec un regard colonisé- colonisateur et qu'on tente de répondre à ces questions spirituelles et fondamentales :  d'où venons nous, ou allons nous et quelle mémoire on entraine avec nous même? 

 Les croyances anciennes participent d’un équilibre individuel et collectif qu’il faut préserver.

Une mémoire commune existe, les religions révélées ne peuvent pas devenir le seul marqueur de l’identité africaine.

 

Combien de temps a duré le tournage ?

Mahamat-Saleh Haroun : Le tournage du film s’est déroulé en seulement six semaines, déjà pour des raisons de contrainte financière et aussi car j'ai choisi de ne pas multiplier les prises, afin de préserver la spontanéité du jeu d’acteur de ses acteurs pour garder quelque chose de plus naturel et authentique possible.

Ce qu’ils donnent à la première prise est souvent le plus sincère.

 

Toujours à propos du tournage, où s'est il déroulé?

Le tournage à été réalisé en partie au Tchad où j'ai découvert le plateau de l'Ennedi, un paysage incroyable qui servait parfaitement de décor à l'histoire que je voulais raconter.

 Dans l’Ennedi, nous avons travaillé avec une société italienne qui a pris en charge toute la logistique du tournage et qui en temps normal organise des voyages, des safaris-photos pour des touristes.

Le plateau de l'Ennedi est un endroit incroyable, classé au patrimoine mondial de l'Unesco qui fait penser à la vallée de la mort, mais aussi à certains paysages d'Australie.Je me suis dit qu'il fallait absolument inscrire cette partie là du Tchad sur la carte mondiale du cinéma, en l'intégrant dans leur vie comme une chose faisant partie de leur croyance et leur spiritualité.

Cependant, le tournage au Tchad ne s'est pas déroulé sans difficultés, puisque certaines scènes étaient jugée inapproprié par les autorités locales. Une contrainte qui nous a poussé à filmer certaines scènes en France, afin de garantir une plus grande liberté de mise en scène.
 

Votre film fait l'éloge de la lenteur et de la contemplation c'était essentiel, presque militant pour vous?

Oui, pour faire de la philosophie et de la poésie il faut forcément de la contemplation. La frénésie ambiante fait que désormais etre contemplatif, c'est quelque chose de blâmable car pas rentable.

Pour comprendre le monde, je pense qu'il faut prendre le temps de regarder devant soi, de l'observer.

Mais aujourd'hui   contemplation égale lenteur, je le déplore, mais c'est un fait...

 

Autre particularité du film : l’usage différents des langues, notamment le français et le tchadien qui tout au long du film s’entremêlent naturellement.

Mahamat-Saleh Haroun :  oui, c'est un  choix  car je tenais à  donner la possibilité à mes acteurs de jongler entre les langues  par rapport à celles qui leur étaient plus familière.

 

 

Vous pouvez nous dire si vous avez une scène préférée de votre film ?

Mahamat-Saleh Haroun :  Vous savez  j'ai du mal à répondre à votre question  puisque pour moi  le film forme un tout cohérent qui ne peut pas être divisé. Je ne peux pas découper le film car que je donne à chaque scène du film la même importance.

 

 

Soumsoum, la nuit des astres, de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad, 1h41). En salles.

MERCI A KMBO FILMS

merci aussi au cinéma de Lyon COMOEDIA 

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