Rencontre cinéma : Louise Hémon, réalisatrice de « L’ENGLOUTIE"
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Pour son premier long métrage, Louise Hémon s’est largement inspirée des récits réels et imaginaires transmis au sein de sa famille et notamment le récit anthropologique de son arrière-grande-tante publié dans la Revue de géographie alpine. Elle fait dialoguer rationnel et irrationnel, comme dans les contes qui se racontent au coin du feu.
"Mon imaginaire a baigné dans ces histoires d’hivernage. Mon arrière-grand-tante -une certaine Aimée- a rédigé un récit anthropologique ,pour la Revue de géographie alpine , qui constitue pour moi un vrai trésor. Autre trésor important pour la conception du scénario : mon grand-père, lui aussi nourri par ces récits, a écrit des nouvelles à compte d’auteur. L’une d’elles s’intitule "La Bière sur le toit " et qui raconte l’histoire de montagnards qui - sous les yeux effarés de leur nouvelle institutrice - fixent un cercueil sur le toit de l’école, en attendant le dégel... Ce sont toutes ces images qui ont été le point de départ de l’écriture du film. "
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Louise Hémon, la réalisatrice, et son actrice Galatea Bellugi présentent le film au Comoedia le 3 décembre
Documentariste, Louise Hémon cadre son premier film de fiction dans un format claustrophobe, presque carré : "Je n'aurais pas pu faire 'L'Engloutie' il y a dix ou quinze ans, Maintenant, les caméras numériques ont des capteurs hypersensibles qui permettent de filmer l'obscurité. En pellicule, il aurait fallu beaucoup rééclairer. Je me suis demandé comment on voyait à l’époque, quelles étaient les sources de lumière.
Et j’ai voulu offrir cette expérience lumineuse au spectateur. Et puis les jeux avec la neige, qui est un réflecteur, en fait. La nuit, on voit loin, on voit bien quand la lune éclaire. J'aime jouer avec l'acuité du spectateur, qu'on ne sache pas trop ce qu'on voit. C'est à l'œil de fouiller. J'aurais du mal à filmer de grands moments émotionnels, Plutôt qu'un personnage pleure et se roule par terre, je vais utiliser un plan très large où on l'entend crier derrière une porte. Plutôt que la tristesse, je vais faire en sorte que le personnage tombe malade pour que les choses s'expriment de manière empirique. »
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Tourner en haute montagne pose aussi la question écologique de l’enneigement : «on recherchait de grands espaces enneigés pour ce huis clos à ciel ouvert et on avait besoin d’un taux d’enneigement constant. Mais avec le réchauffement climatique, tourner là où je m’étais projetée s’est avéré compliqué par rapport à ce besoin. On a donc dû monter très haut, à plus de 2 000 mètres d’altitude », indique Louise Hémon.
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Ce mélange de naturalisme et de fantastique, il est clairement assumé aux dires de la réalisatrice : "Je parlerais plutôt de réalisme magique, précisément le mélange des genres que je recherche ! Il commence dès le titre :L’Engloutie. Avec lui, il me semble que l’on plonge d’emblée dans un conte, de ceux que racontent justement mes personnages le soir au coin du feu, comme il était d’usage lors des veillées.
Pareil pour les prénoms, certains mythologiques, d’autres bibliques issus de l’Ancien Testament. Là encore, on est dans le mélange...."
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Louise Hémon a tenu à solidifier son récit autour d'une communauté avec deux thèmes majeurs : la sensualité et la mort : "En montagne, la mort est très présente. Dans toutes les familles, il y a des gens tombés d’une falaise, emportés par une avalanche.
Il y a un rapport au danger très particulier. Je voulais le raconter. Et la sexualité du personnage, c’est parce qu’il fallait jouer sur l’idée de la sorcière, de l’étrangère, la femme savante, la femme qui vit différemment. Au moindre phénomène inexplicable, ça se retourne contre elle. J’aimais bien que comme il y a de l’inexplicable, une disparition puis une autre, ça va être elle la cause"
La réalisatrice insiste aussi sur le grand travail opéré sur le son et le hors-champ. "Soit c’est silencieux parce que la neige absorbe le son, soit il y a un vent entêtant, obsédant, qui traduit la peur ou l’inquiétude des personnages. Il fallait traquer dans le réel tout ce qui ramène au conte, sans rien ajouter… Rien, à part la musique d’Émile Sornin, qui instigue dès le début cette inquiétante étrangeté.'
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L'Engloutie, film français de Louise Hémon.
Avec Galatéa Bellugi, Matthieu Lucci, Samuel Kircher (1 h 37).
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L'Engloutie
Condor distribution
Réalisation : Louise Hémon
Scénario : Louise Hémon, Anaïs Tellenne
Production : Take Shelter
Distribution : Condor
Ventes internationales : Kinology
Sortie le 24 décembre 2025
ci dessous notre chronique du film :
Merci au Comoedia
& a condor films
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