Baz'art  : Des films, des livres...
2 janvier 2026

Rencontre cinéma - Alice Vial et Jonathan Cohen : « Dans l'âme idéale, il y a cette idée de ne rien regretter de sa vie… »

Alice Vial et Jonathan Cohen ont accordé quelques instants à Baz'art  avant la projection de l'ame idéale sur Lyon le 6 novembre dernier. 
Une rencontre dans laquelle l’on parle de fantôme, de morts, de vie....et de la Ville du Havre!! 

 

 

C'est quoi en fait, le point de départ du projet ?

 

Alice Vial : Il y a l’idée de mon coauteur de cette femme qui voit les morts. Ça a résonné tout de suite. J’adore les histoires de fantômes et celles qui parlent de solitude. C’est le cas ici : deux solitudes vont s’aider à mieux vivre. Ces questions de la mort me travaillent moi aussi, comme tout le monde.

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Jonathan Cohen : J’y ai vu une autre manière d’aborder une comédie romantique. On a été attirés par le pitch. L’idée d’aborder, à travers ce dispositif d’un personnage qui parle avec les morts, quelque chose encore plus fort que l’amour. C’est rare qu’un film dépasse son propre genre.

 

Il s’agit de votre premier long-métrage. Pourquoi avoir choisi le thème un peu tabou de la mort ?

 

Alice Vial : « J’aime beaucoup la figure du fantôme dans la fiction, de L’aventure de Madame Muir à Ghost. C’est un moteur de récit génial. La mort fait partie de l’amour, car toute histoire d’amour a une fin, quelle qu’elle soit. Je trouvais belle l’idée d’écrire une comédie romantique un peu décalée, qui aborde des sujets plus tragiques. »


Sur notre rapport à la mort. Alice, à quel point reflète-t-il votre propre vécu ?

 

Alice Vial : « L’écriture d’un film est très longue, il y a là quatre ans de travail donc forcément, le vécu personnel infuse dans la création. Ici, la connexion avec un sujet aussi universel se fait naturellement. L’équipe elle-même faisait souvent part de ses expériences… Mais j’ai fait en sorte d’essayer de parler pour tous, gardant les personnages d’Elsa et d’Oscar comme garde-fous. »

 

La scène des obsèques est marquante. Car qui n’a jamais pensé à la façon dont se dérouleraient ses propres obsèques ?

 

Alice Vial : « C’est marrant, Jonathan me dit souvent que c’est un vrai fantasme pour lui alors que ce n’est pas du tout mon cas ! »

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Jonathan Cohen : « Bien sûr, j’ai souvent rêvé de cette scène. Je vois tout le monde pleurer, c’est incroyable (rires) ! »

 

Malgré ce thème, on rit, il y a de la légèreté. Mêler les deux était un défi ?

 

Alice Vial : On se disait qu’on était des funambules à passer, comme ça, d’un genre à l’autre. Il fallait éviter le pathos, le kitsch, que ça ne soit pas trop sucré… Il y avait tout le temps des écueils. C’est excitant en même temps, de trouver le bon dosage. Chaque jour de tournage avait son lot de défi.

 

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Jonathan Cohen : Il y a peu de films en France qui incluent un degré de fantastique, surtout pour une histoire d’amour. Ce sont des films à piège. C’est ténu. On a travaillé à ne jamais basculer plus dans un genre que dans un autre. Il fallait qu’on y croie ! Qu’on ne soit pas enfermés dans le concept.

 

 

Même si ce n’est pas un film à message, il y a cette idée de ne rien regretter de sa vie…

Jonathan Cohen : On avait envie de proposer une ode à la vie. Ce film nous rappelle qu’on est vivants et qu’il ne faut pas l’oublier. Est-ce qu’on a été présent ? Est-ce qu’on a assez aimé ? Assez donné ? Ces questions nous traversent tous ! On voulait qu’à la fin du film, il y ait potentiellement un petit peps de vie en plus.

 

 

 

Vous êtes d'accord si je vous dis que le message véhiculé par votre film  est que nous devons profiter de notre chance d’être vivant ?

 

Alice Vial : « Oui. Je pense que nous devons surtout nous permettre de vivre ce que nous n’osons pas vivre. »

 

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Jonathan Cohen : « C’est ça, vivre plus et plus fort, car le temps est limité. Ce qui est difficile, car on tend à se croire immortel. Mais l’essentiel est de profiter pendant qu’on est là. »

 

Jonathan Cohen, vous qui êtes réputé pour votre humour, vous embrassez un rôle « sur le fil », à mi-chemin entre légèreté et tragédie. Avez-vous hésité avant de dire oui ?

 

Jonathan Cohen : « J’ai hésité avant de dire oui à Alice, mais pas pour ces raisons-là. C’est l’aspect comédie romantique qui m’a rebuté au départ, car j’assume très mal ce pan de ma personnalité, étant quelqu’un de très pudique.

Mais ce qui était beau, c’est qu’Alice est parvenue à transcender l’amour en le confrontant à des sujets universels, profonds, qui vont au-delà de l’histoire d’amour.

Ce film traverse tellement de sujets : la vie, la mort, l’accomplissement personnel… Et également différents genres : le drame, la romance ou encore le fantastique. C’est donc ce qui m’a convaincu de le tourner.

Bon, je ne vais pas vous mentir mais quand j’ai vu que Magalie jouait le premier rôle, ça m’a aidé (rires). Je suis hyper fan de son travail depuis « Simple comme Sylvain », dans lequel elle est juste éblouissante. »

 

 

 Et justement ça s'est passé comment cette collaboration avec vous et Magalie Lépine-Blondeau?

 

Jonathan Cohen :  « Nous n’avions jamais travaillé ensemble mais l’alchimie entre nous deux s’est faite immédiatement. Dans le travail, ça a été très instinctif. Je pense que nous avons tous les deux quelque chose de très commun dans la manière de travailler, dans la volonté de chercher la sincérité et la vérité des situations… Et puis dans la vie on s’entend très bien. »

 

Au fait, pourquoi Le Havre ? Qu’avez-vous apprécié dans le décor ?

Jonathan Cohen : «j'ai l'impression que tout le monde nous pose cette question du  Havre  ca semble si étrange le choix de cette ville ? (rires) »

 

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Alice Vial : « On est tellement fans du Havre. C’est un vrai choix de cœur, alors que je n’y étais jamais allée. Mais pour moi, c’est une vraie ville de cinéma, que j’avais découverte dans des films comme celui de Kaurismäki.

Pour moi, Le Havre apporte tout de suite quelque chose de très puissant à l’image et j’aime que la ville soit un personnage à part entière. Après, c’est vrai que ce n’est pas la ville la plus gaie en apparence, mais c’est aussi la raison pour laquelle on l’a choisie (rires). Elle apporte une part de mélancolie à l’histoire. »

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Jonathan Cohen : « Nos souvenirs de tournage ici sont inénarrables tant ils sont beaux. Nous avons passé deux mois exceptionnels et avons apprivoisé la ville, tout en vivant dans une sorte de bulle qu’on ne voulait pas quitter.»

 

 

"L'Âme idéale" de Alice Vial,  avec Magalie Lépine-Blondeau et Jonathan Cohen, à voir actuellement au cinéma !

Retrouvez notre critique ci dessous 

 

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