1 Critique - 2 oeuvres : "Hélène Trésore Transnationale" et "Le Phoenix de ces dames"
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Quand on découvre des œuvres culturelles, il arrive parfois de rester à distance, sans parvenir à entrer pleinement dans l’univers proposé. Cela ne signifie pas nécessairement que l’œuvre est ratée, mais simplement que nous ne sommes peut-être pas le public auquel elle s’adresse. C’est avec ce sentiment un peu perplexe que je suis sorti de deux spectacles vus cette semaine, et dont je serais curieux de connaître le ressenti des lecteurs de Baz’art.
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Le premier est le documentaire Hélène Trésore Transnationale, découvert en avant-première au Forum des images. Le film retrace le parcours d’Hélène Hazera, femme transgenre à la vie exceptionnelle, passée par la rue avant de devenir journaliste à Libération puis animatrice d’une émission musicale sur France Culture. Figure des contre-cultures des années 1980-1990, elle a participé à de nombreux combats militants, notamment au sein d’Act Up, et fréquenté des lieux et mouvements emblématiques de l’époque comme le F.H.A.R (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) ou les Gazolines.
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Le documentaire adopte une forme très intime — presque une conversation entre amies — qui témoigne d’une réelle proximité entre la réalisatrice et son sujet. Mais cette approche m’a parfois laissé à l’extérieur du récit : certaines références historiques, militantes ou personnelles, peu contextualisées, m’ont donné l’impression d’assister à des souvenirs partagés dont je ne possédais pas toutes les clés.
Le film constitue sans doute un témoignage précieux pour celles et ceux qui connaissent cette période ou ces luttes, mais il peut être plus difficile d’accès pour un public moins familier de cet univers.
Le 1er avril au cinéma
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Le second spectacle, présenté au Studio Hébertot, est Le Phoenix de ces dames. Sur scène, trois pianistes revisitent de grands compositeurs classiques — Liszt, Chopin, Beethoven, Bach, Rossini ou Grieg — dans une mise en scène teintée de clown et de fantaisie. L’idée de mêler virtuosité musicale et théâtre burlesque est séduisante sur le papier.
Pourtant, l’équilibre entre ces deux dimensions m’a semblé difficile à trouver. La musique apparaît parfois fragmentée, et l’humour ne parvient pas toujours à créer l’élan ou la légèreté attendus. Les gags peinent à décoller et l’émotion musicale reste en retrait. Je suis sorti avec l’impression de ne pas avoir assisté pleinement ni à un concert de musique classique, ni à une véritable comédie.
Ces deux propositions artistiques ont en commun de défendre un univers singulier et assumé. Si elles ne m’ont pas réellement touché, cela tient sans doute davantage à une question de sensibilité personnelle qu’à leurs qualités intrinsèques. Comme souvent en matière de création, la rencontre avec une œuvre dépend aussi de l’histoire, des références et des attentes de chacun — et je n’étais probablement pas le public auquel ces deux spectacles s’adressaient.
Rédacteur : Maxime Dorian
Hélène Trésore Transnationale – Documentaire de Judith Abitbol
Le Phoenix de ces dames – Studio Hébertot - Du 06 décembre 2025 au 28 février 2026 (samedi à 14h30)
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