[CRITIQUE] Un Monde Fragile et Merveilleux : un film intense et romanesque
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Amoureux lorsqu'ils étaient en école primaire au Liban et séparés par le destin Nino (Hasan Akil) et Yasmina (Mounia Akl) se retrouvent à l’âge adulte, quand sa voiture percute le magasin de sa famille dans un accident bizarre. Lui toujours rêveur, un peu candide, s’accroche à ses illusions avec une tendance à s’enfoncer dans les problèmes en croyant les résoudre.
Il tient un petit restaurant sous le regard de son grand-père qui l’a élevé, avec un chef et une serveuse, couple joué avec une exaspération mêlée de tendresse par Nadyn Chalhoub et Tino Karam.
Un accident ramène dans sa vie la petite fille qu’il n’a jamais oubliée Yasmine est tout le contraire de Nino : une jeune femme déterminée, organisée, responsable. Sa lucidité lui dicte de quitter le pays.
Sa mère voit d’un mauvais œil sa fille se rapprocher de ce garçon qui lui semble inconsistant. Mais ils se marieront. Ils auront un enfant. Un conflit permanent entre la guerre et leur amour donnera raison tantôt à l’un, tantôt à l’autre.
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C'est une histoire d’amour moins classique qu'elle en a l'air , que nous raconte Cyril Aris, une romance se déroulant sur des décennies, commencée dans sa première partie sur un ton à la fois humoristique et absurde, pas loin des comédies italiennes de l'age d'or des années 50-60- Italie de la nationalité du restaurant que tient NIno- avant de devenir progressivement plus dense et plus douloureux avec le temps.
Une histoire banale ? Dans sa ligne, peut-être, mais pas dans sa trame, pas dans la vision qu’en livre ce réalisateur venu du documentaire et qui livre une oeuvre romanesque, débordant de vie et d'énergie d'une rare intensité.
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C’est là où le premier long-métrage de fiction du documentariste Cyril Aris trouve sa singularité et son souffle.
Ce titre magnifique :Un monde fragile et merveilleux ), emprunté à l’incipit de Down By Law de Jim Jarmusch (1986), annonce une montagne russe d’émotions, du rire le plus franc à la tristesse la plus profonde.
Rien ne résume plus l’essence d’un monde fragile et merveilleux que son titre – simple mais évocateur, et qui implique que la vie consiste à équilibrer la joie avec la vulnérabilité de l'âme, toutes deux étant absolument essentielles pour comprendre le monde qui nous entoure.
Le film qui commence d'abord sous un ton léger, vire à la tragédie à mi parcours lorsque s'insère des images d'actualité qui font froid dans le dos.
Mais le film reste solaire de bout en bout.
Dans un monde où cela est devenu une denrée si rare, il est si inspirant de voir un film qui construit toute sa thèse sur l’idée qu’il y a encore des raisons d’espérer, prouvant qu’il y a toujours de la place pour ça, même si ce n’est que comme un baume idéaliste pour une dure réalité à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement.
Autant que Nino et Yasmine, le spectateur voudrait croire à la possibilité de cette île, refuge pour âmes délogées et enfants mélancoliques.
Un long métrage rare et précieux—non seulement pour son histoire d’amour centrale, mais aussi pour la façon dont il capture les changements dans un Liban en pleine déconstruction, et le film est autant un chant d'amour fou pour Nino à Yasmine que pour le réalisateur à son pays.
Film présenté au cinéma Lumière Terreaux dans le cadre de L'AVANT-PREMIÈRE DU LUNDI - Hier Lundi 9 février au Lumière Terreaux
la séance suivie d’un échange avec le réalisateur ( à venir sur notre site)
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