Rencontre avec Charlotte Sanson, la créatrice et la réalisatrice de la série Pécheresses
Dans Pécheresses, Léonie Dahan-Lamort (Un si grand soleil) joue Cassidy, une ado de 17 ans envoyée par sa mère dans un internat catholique où elle se fait des amies aussi rebelles qu'elle.
On vous avait déjà dit la semaine passée à quel point on aime cette série qui arrive la semaine prochaine sur nos écrans et à quel points avec peu de moyens, la scénariste Charlotte Sanson a créé une histoire neuve, originale, passionnante, émouvante et drôle.
Jointe au téléphone la semaine passée, Charlotte Sanson nous a confié porter ce projet depuis longtemps. "Cela fait plus de dix ans que j'ai cette série en tête, au départ elle devait s'appeler le Couvent et ne ressemblait pas vraiment à Pécheresses, mais la trame général était déjà là.. Mais avant de faire les 7 vies de Léa, j'avais du mal à trouver le financement adéquat. Et Les 7 vies ont tout débloqué car j'ai rencontré les gens d' EMPREINTE DIGITALE une boite de production avec qui ca s'est super bien passé et qui m'ont confiance sur ce projet là, qui a ensuite été proposé à OCS dont la collection Ocs signature collait parfaitement à l'esprit de ma série."
Quand on lui demande les axes forts de son projet sériel, Charlotte revendique sans hésitation une approche centrée sur la sororité et les trajectoires d’émancipation : "Avec PÉCHERESSES, j’ai voulu raconter des trajets modernes d’affirmation de soi dans un monde très hostile, où les étiquettes sont à la fois plus nombreuses et plus complexes. Malgré leurs différences apparentes, les filles de la série font toutes face à la nécessité de se créer leur propre code moral dans une société qui les écrase d’injonctions contradictoires. Elles ont déçu leurs parents, et vont devoir se recréer une famille sur place : une bande de meufs que rien n’arrête quand elles sont ensemble.
Le tournage, majoritairement porté par des femmes, y compris à des postes techniques traditionnellement masculins, prolonge cette dynamique féministe collective des plus louables.
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Charlotte Sanson
Créatrice et réalisatrice de la série Pécheresses
Ensemble, elles forment « une bande de meufs que rien n’arrête quand elles sont ensemble », selon les mots de la créatrice. Décrite par sa créatrice comme une « sitcom punk à la lisière du cartoon », la série assume un traitement énergique de thématiques sensibles : sexualité, religion, identité de genre, pression sociale et désir d’émancipation, des sujets qui sont "un peu mes obsessions que ce soit dans les séries que je porte du début à la fin ou même des fictions sur lesquelles je suis seulement co scénariste comme un vrai bonhomme ou simple conseillère comme pour l'épreuve du feu. "
Pour en revenir à Pécheresses, celle ci revendique également une « réappropriation joyeuse de la spiritualité » par une jeunesse en quête de sens, abordée sans gravité excessive mais avec sincérité .
"Ce sentiment collectif d'entraide et de sororité qui porte la série nous a nous même portées, devant et derrière la caméra, car à l’image de l’ancien monastère où nous avons tourné, l’équipe était en grande majorité non-mixte, même à des postes où les femmes sont d’ordinaire peu représentées. On était toutes heureuses de participer ensemble à un projet qui met en avant l’amitié et l’entraide féminine de manière joyeuse, cette incroyable équipe s’est démenée pour emmener le projet le plus loin possible avec le petit budget et le peu de jours de tournage qui étaient les nôtres."
Comme dans sa série précédente les 7 vies de Léa, Charlotte Sanson assume à la fois les thématiques des jeunes femmes pas encore adultes, du coming of age, et de mettre en avant un univers singulier, pop, esthétiques, pour se démarquer : " Les héroïnes de PÉCHERESSES atteignent cet âge où on doit décider qui l’on est, entre l’identité qu’on nous assigne, et celle qu’on se construit. Cet interstice entre la toute fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte où on a souvent besoin de se créer un monde hyper-référencé entre potes a été magnifiquement abordé par les dramédies drôles et acides anglo-saxonnes telles que BROAD CITY, DARIA, MISFITS ou par le cinéma de Gregg Araki. Dans le sillon de ma série précédente, LES 7 VIES DE LÉA, j’ai poussé les curseurs de ce ton particulier, mélange d’humour et d’hypersensibilité, d’une identité visuelle pop au service d’un propos social. J’ai pris soin de choisir des comédiennes singulières, pour dresser les portraits de filles peu représentées à la télévision française.
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Et ce style bien graphique, selon la réalisatrice, il vient bien avant tout de cette volonté de créer une " sitcom punk " : "J’ai souhaité donner à cette série la forme d’une sitcom punk à la lisière du cartoon, par amour de la comédie mais aussi pour porter les valeurs féministes qui sont les miennes avec joie, plutôt qu’avec gravité. Aborder des sujets très sérieux qui polarisent beaucoup la France d’aujourd’hui avec la fougue et la folie des filles de vingt ans — celles que j’ai connues et que j’ai été, celles que j’ai la joie de représenter à l’écran aujourd’hui — parce qu’une une fois poussées les portes en bois austères du couvent, ce qui vibre là, c’est la jeunesse et la sororité. "
Est ce que le public sera réceptif à cette proposition aussi ambitieuse qu'audacieuse? Réponse à partir de la semaine prochaine..
Séries 26’
CINÉ+ OCS - 6x26’
Production : EMPREINTE DIGITALE - Eric Laroche et Raphaël Rocher
Réalisation, création : Charlotte Sanson
Scénario : Charlotte Sanson (épisode 5 coécrit avec Frédéric Rosset)
Composition : Julie Roué
Photo : Empreinte Digitale/ CINÉ+ OSC -2025
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