Baz'art  : Des films, des livres...
17 mars 2026

Coup de❤️pour "À propos de Nora", premier roman de Kristin Koval

Une espèce de souffrance passe sur le visage de David, et elle voudrait pouvoir tendre la main, le serrer dans ses bras, ou qu’il tende la main et la serre dans les siens, mais ni l’un ni l’autre n’esquisse un geste.
« C’est toi l’adulte, là. Il faut que tu sois prête. Tu dois être là pour ta fille.– C’est pas elle, la victime, réplique Angie. Personne n’a besoin d’être là pour elle. »Ces mots sont cruels, même à ses propres oreilles, mais elle trouve une certaine satisfaction à projeter un peu de sa douleur vers David.

 

 

« Un crime pareil, c’est impardonnable. Pas vrai ? »

Le crime : Nora, 13 ans, tue son propre frère Nico, 14 ans.

Cette question, c’est Angie, la mère, qui la pose… Difficile d’y répondre, encore plus quand on est à la fois les parents de la victime et ceux de la coupable.

Julian Dumont, brillant avocat new-yorkais, revient dans la petite ville de montagne où il a grandi, au cœur du Colorado. Il est là pour aider sa mère, Martine, avocate respectée proche de la retraite, à défendre Nora Sheehan, une adolescente accusée d’avoir tué son propre frère. Les Dumont et les Sheehan se connaissent bien. Trop bien, même. Une histoire tragique unit les deux familles. Si elles ne se fréquentent plus depuis un drame survenu quinze ans auparavant, elles vont désormais devoir unir leurs forces pour comprendre Nora et la défendre. Mais les raisons pour lesquelles celle-ci a tué son frère demeurent obscures et la jeune fille s’enferme dans un étrange mutisme. Alors que le système judiciaire s’apprête à sceller le sort de Nora, 
des secrets enfouis depuis trop longtemps remontent bientôt à la surface

Kristin Koval est avocate de formation : elle sait raconter l’engrenage judiciaire qui suit un meurtre avec un sens de la précision qui donne toute son authenticité au roman. Mais cette affaire de meurtre n’est qu’un prétexte pour explorer les thèmes de la culpabilité, du pardon et des liens familiaux. L’attachement qu’on ressent pour les personnages de ce roman rappelle la force d’écriture de Laura Kasischke, de Joyce Maynard et - du côté Sonatine - de Celeste Ng et de Tiffany Quay Tyson : ce roman est aussi un récit sur la manière dont nos vies peuvent dévier de leur trajectoire pour ne plus jamais être les mêmes.

C’est un premier roman très abouti, très travaillé, dan lequel il est question de la culpabilité, du pardon, du lien familial….
 
Kristin Koval emprunte les codes du suspense pour mieux les déplacer : ici, l’enjeu n’est pas seulement de savoir ce qui s’est passé, mais ce que cette affaire révèle des liens familiaux, de leurs zones d’ombre, et de notre besoin de récits clairs lorsque tout vacille.

Raconter le récit du point de vue d’Angie, de Nora, de Julian et de Martine force le lecteur à se retenir de juger et de condamner s’il veut comprendre l’histoire qui sous-tend chacune de leurs décisions 
(souvent mauvaises).

C’est le chemin qui mène à l’empathie et à la compassion,  puis au pardon.

 Le roman s’ouvre sur cette phrase de Bryan Stevenson, qui sous-tend tout le récit : « Nous sommes tous davantage que la pire chose que nous ayons faite. »

À propos de Nora est  tout simplement l’histoire bouleversante de cette acceptation.


À propos de Nora

Premier roman de Kristin Koval

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

En librairie depuis le 8 janvier 2026

 

Elle a été prise en sandwich entre ses rôles d’aidante auprès de Livia et auprès de Nico pendant trop longtemps, forcée de faire des choix qu’aucune mère ou fille ne devrait avoir à faire. Nico est mort. Livia est presque morte. Nora est en prison. C’est un maëlstrom de merde qui tombe du ciel, dont le poids écrasant et l’odeur pestilentielle sont plus qu’elle ne peut en supporter. Plus que quiconque ne peut en supporter.

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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