Encore une journée divine : on a vu le grand retour de François Cluzet sur les planches
Mon père, oui, ce fervent opposant à mes études qui aurait préféré que je devienne comme lui instituteur, ou avocat, ou chef d'entreprise. Il n'a jamais compris qu'on pouvait trouver un sens à sa vie en écoutant celle des autres sans pour autant chercher à les éduquer, les défendre ou les dominer.
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Robert est un brillant psychothérapeute, auteur d'un best-seller planétaire : "Changer le monde".
Que s'est-il passé pour qu'il se retrouve interné à l'hôpital psychiatrique Sainte-Marthe ? On mettra du temps à le comprendre (et encore, tout cela n'est, au final, pas très clair), tant Robert se fait prier pour répondre aux questions du Docteur, lui servant, ainsi qu'à Madame l'Infirmière qui l'assiste, de longs discours alambiqués sur son métier, sa vie, sa révélation (voir plus loin), le décès accidentel (?) de son frère adoré (?) Honoré, son père, sa mère. Difficile de démêler le vrai du délire dans ce monologue où Robert semble faire à la fois les questions et les réponses.
L'illustre pensionnaire de Sainte-Marthe parle aussi de son livre, qu'il a écrit après un changement radical dans sa méthode thérapeutique : fatigué d'écouter ses patients avec compassion depuis des années pour un piètre résultat, il les pousse désormais à agir au lieu de parler.
Assez de blabla, soyons simples et efficaces : vous avez peur des araignées ? Évitez-les. de l'avion ? Prenez le train. Vous êtes accro à l'alcool ? Buvez de l'eau. Vous êtes en conflit avec quelqu'un ou avec vous-même ? ... je vous laisse deviner la solution.
Robert a-t-il fini par mettre en pratique sa nouvelle théorie ? Peut-être. Peu de choses apparaissent certaines dans cette pièce ni l'existence du Docteur ou de l'Infirmière, même pas celle du livre écrit par Robert, celle de ses compagnons de chambre ou des salsifis à tous les repas, et encore moins ce que Robert a commis, ou pas, de monstrueux.
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Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Robert ne provoque pas la sympathie, ni même l'empathie. En plein déni, prétentieux, arrogant, frustré, envieux, pleurnicheur, ce Calimero pathétique et incompris collectionne les qualificatifs peu flatteurs. D'accord, c'est son frère qui a toujours été le chouchou valorisé et admiré par papa, mais de là à faire preuve de tant de virulence (auto-)destructrice les spectateurs dans ce voyage quasi immersif aux confins de l’esprit humain et de sa folie,
Adaptation théâtrale du roman éponyme de Denis Michelis, ce seul en scène en huis clos fait progressivement apparaître une cartographie mentale de la folie chez un personnage évoluant dans d’autres dimensions psychiques. Emmanuel Noblet se penche sur un autre texte à succès : Encore une journée divine de Denis Michelis.
Un drame tragi-comique qui offre à François Cluzet pour son retour sur scène après vingt-cinq ans d’absence
Le comédien excelle dans cette logorrhée qui part dans tous les sens, perdant son sang froid et le contrôle de lui-même.
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La pièce distille un certain suspense et installe une atmosphère inconfortable, accentuée par le fait qu'à la fin tout n'est pas révélé et que le doute et les questions sont semés mais l'ensemble sur la longueur aura quand même eu du mal à nous captiver, noyés sous les redites et le coté trop borderline du personnage principal.
Vu au Radiant Bellevue le 5 mars 2026
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