[CRITIQUE] Vil & Misérable : l’absurde comme terrain de jeu
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Avec Vil & Misérable, le réalisateur québécois Jean-François Leblanc ne cherche pas à cadrer. Il ouvre. Il disperse. Il tente.
Adapté de la bande dessinée de Samuel Cantin — univers graphique et narratif aussi irrévérencieux que radical — le film hérite d’un imaginaire où l’absurde règne sans partage. Un monde où démons, anges et humains cohabitent dans une logique qui n’en est pas une. L’absurde devient langage. Le chaos, méthode.
On pourrait s’y perdre.
Et parfois, c’est le cas.
Le film accumule les idées, les situations, les bifurcations. Comme si chaque piste devait être explorée, quitte à fragiliser l’ensemble. La narration se dilue, se fragmente, se cherche.
Et pourtant, quelque chose tient.
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Dans cette surabondance, une relation émerge. Celle entre deux personnages que tout oppose. Une dynamique fragile, presque inattendue, qui introduit une forme de douceur dans ce monde saturé.
Car sous l’absurde, une émotion affleure.
Et plus encore : une réflexion discrète sur l’acceptation, la tolérance, le dépassement des préjugés. Derrière les figures grotesques et les situations décalées, le film parle de l’autre. De ce qui dérange, de ce qui échappe, de ce que l’on rejette avant de comprendre.
Mais là où la bande dessinée se montrait plus acide, plus frontalement irrévérencieuse, le film semble parfois retenir son geste. Comme s’il hésitait entre radicalité et accessibilité. On aurait aimé qu’il assume davantage cette part de noirceur, cette liberté mordante qui faisait la force du matériau d’origine.
Vil & Misérable ne cherche pas la cohérence. Il préfère le mouvement. L’excès. Le débordement. Et c’est précisément là que le film divise.
Trop plein pour certains.
Liberté pour d’autres.
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On peut lui reprocher son manque de cadre.
Mais difficile de lui nier une chose :
il tente autre chose.
Un film qui ne se maîtrise pas toujours.
Mais qui, derrière le chaos, esquisse une forme d’humanité.
Par Maxime Dorian
Vil et Misérable – Sortie le 22 avril 2026
Un film de Jean-François Leblanc.
D’après la bande dessinée de Samuel Cantin
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