Baz'art  : Des films, des livres...
26 février 2026

Rencontre avec Clémence Coullon, autrice, metteuse en scène de « Le roi, la reine et le bouffon »

 

Comme dans chaque conte, la narratrice ouvre le bal. Elle n’est pas seule ; une chaise l’accompagne. La conteuse tente une danse avec cette dernière pour planter le décor d’un royaume enfermé. Sans succès, la mécanique bloque. Un roi queer et dépressif cohabite avec une reine manipulatrice et un bouffon muet aux tons de mime bouleversant. Suite à une catastrophe sanitaire, un confinement est décrété puis prolongé. L’isolement pousse à la dérive et met en exergue la violence sous toutes ses coutures : celles des armes ne suffiraient-t-elles donc pas, les violences psychologiques et sociales apparaissent plus que frappantes. Tel un hommage shakespearien, les rapports de domination s’inversent. A la manière de Brecht, l’excès et le grotesque sont utilisés pour mater la violence. 

 

Clémence Coullon réussit avec brio à écraser les figures tragédiennes classiques (comme initié dans Hamle(te)) et la figure de la conteuse qui n’arrive plus à raconter des histoires, symbole d’une crise théâtrale après l’espoir d’un nouveau monde. Au cœur de cette cérémonie décadente, les comédien.nes usent d’un jeu très intense, venant des tripes. Quitte à assumer le grotesque jusqu’au bout. C’est pour nous, un pur coup de cœur !! Rencontre avec une dramaturge prometteuse. 

D’où vient ta passion pour le théâtre ? Ça a été une évidence ?

 

C'est arrivé très tôt. Mes parents ne sont pas du tout dans le théâtre, mais je viens d'une maison d'éducation qui s'appelle la maison d'éducation de la Légion d'Honneur, qui est un internat pour jeunes filles. J’y ai passé six ans de ma vie. C'est très strict, très militaire ; on a des uniformes. C’est lors d'un cours de théâtre qu’on nous avait demandé d'apprendre une pièce de théâtre de Molière. Je ne la connaissais pas. Je n'avais jamais fait de théâtre. Au moment où on était sur scène, sur une petite estrade, j’ai senti mon cœur battre. J'ai compris que ce serait le seul endroit où je serais le plus libre au monde. Et ça n’a pas bougé. Pendant toute ma scolarité, je me répétais « je veux faire du théâtre, je veux faire du théâtre ».

 

Le théâtre pour toi c'est le plus grand espace de liberté par rapport à d'autres médiums ? 

 

Ah oui totalement ! Déjà, parce que c'est peut-être aussi ce que je connais seulement. En tout cas, pour ma part, j'ai l'impression que c'est un endroit de pure liberté où on peut tout faire. C'est un peu ça aussi la magie du théâtre : les gens vont y croire ou pas, mais au moins on s'amuse des codes et des conventions. 

 

Dans le documentaire « Rue du Conservatoire », tu parles, enfin vous parlez, avec Valérie Donzelli, vous ne faites pas ce métier par hasard c'est aussi pour chercher l'amour des autres et pour le collectif qui rend plus fort.

 

C'est vrai ! Valérie m'avait dit aussi que c'était pour « être regardée », et j'ai trouvé ça beau ! Mais maintenant étant en dehors de la scène, je pense que c'est vraiment pour mettre en lumière des corps, des voix, une théâtralité… 

 

Comment s’est passé le processus de création de « Le Roi, la reine et le bouffon » ?

 

C'est une écriture personnelle qui a commencé pendant le confinement. On était déjà confinés depuis plusieurs semaines. Moi, je n’en pouvais plus et je venais d'entrer au Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris (CNSAD). J'avais mis tellement d'années pour y entrer et à ce moment précis, c’est le confinement. J'ai dû faire du théâtre sur Zoom ; je souffrais de cette période-là. 

 

Les premières lignes de ce conte ont été écrites sur un roi, une reine et un bouffon qui doivent apprendre à cohabiter ensemble parce qu'ils sont enfermés dans le royaume. Je voulais parler de l'enfermement, de la dépression, une maladie dont il est important de parler aujourd’hui en 2026, pour moi. L'écriture est en deux parties : la première partie a été écrite vraiment en 2020 et la deuxième partie a été écrite après le confinement. Elle est plus noire, plus dark parce qu’on croyait vraiment que le confinement allait créer quelque chose. On disait que c'était un nouveau monde qui allait arriver. En fait, ce n’est que désillusion. C'est la conteuse qui en parle, qui n'a plus l'art de raconter : quand on n'a plus l'espoir, qu'est-ce qui reste de tout ça ? Qu'est-ce qui reste des histoires ? Qu'est-ce qui reste du théâtre ? 

 

 C'était une manière aussi de montrer ce qu'on avait tous vécu pendant le confinement et du coup les enjeux sur la santé mentale qui ont été beaucoup plus visibilisés avec le Covid. C’est un peu une des premières post-Covid. Pourquoi écrire sur l’expérience de l’isolement et ses dérives ? 

Venant de la Légion d'honneur, j'avais passé six ans de ma vie à l'intérieur et je ressentais cette chose de l'isolement. Quand je suis sortie, ça a été horrible parce que, d’un coup, on ne sait plus quoi faire sans les codes, sans rien. Je pense que le confinement m'a replongée dans l’isolement. En fait, les questions de l'isolement et de la solitude sont pour moi des sujets théâtraux hyper importants, que j'adore mettre dans les pièces. Dans Hamlet(te), Ophélie ne vit dans la pièce que parce qu'elle est l'amoureuse d'Hamlet. On ne la regarde pas, elle est différente physiquement. (SPOILER) Ophélie tue Hamlet. Elle va reprendre le premier rôle. Je trouvais ça intéressant ces personnes qui se sentent seules, ces personnes marginales qui vont reprendre un peu l'espace de la parole.

 

 

Via le clown et le burlesque, tu analyses les rapports de domination. Comment ces procédés peuvent les faire ressortir ? 

 

Je suis très imprégnée par le travail de Samuel Beckett, Bertolt Brecht et de Charlie Chaplin. Des sujets hyper politiques de la domination, sur la violence et le pouvoir, j'aime bien en parler en utilisant l’excès et le comique de répétition pour faire rire de situations insoutenables. 

 

Je me suis demandée comment théâtraliser la violence ? Comment faire en sorte que des enfants puissent venir, sans dire que la violence est diminuée ? A un moment, il y a un bras arraché, c'est hyper théâtralisé, mais je voulais quand même montrer la souffrance du bouffon. 

 

Tu parlais de dénaturaliser la violence pour la rendre soutenable…

 

C'est exactement ça. C'est fou, ce fantasme de la violence. Il y a énormément d'armes dans Le Roi, la Reine et le Bouffon. Je ne sais pas pourquoi, il faut que je travaille dessus, je sais pas… Il y a quelque chose que je ne voyais pas sans armes pour parler de ce sujet. Peut-être un lien avec ce qui se passe aux Etats-Unis… il y avait tout ça qui pour moi était important de mettre en avant comme des signes. Après les personnes font ce qu'ils veulent avec ces signes là tu vois. 

 

Tu parles de la violence sous différentes formes, autant la forme physique via les armes que la violence qui est psychologique ou sociale. Par ces biais, tu parles un peu de la fascination pour les puissants et pour le pouvoir…

 

C'est vrai, c’est pour ça que je l’ai appelé comme ça ! Je pense que si j'avais appelé ça autrement en fonction de personnes avec une classe sociale beaucoup plus basse, les gens seraient moins venus. Je suis sûre et certaine ! Là c'est un roi, une reine, donc il y a quelque chose sur le fantasme aujourd'hui des figures de pouvoir. D'un coup, le bouffon reprend le pouvoir, ça bouge, mais il sera toujours le bouffon pour tout le monde, il n’aura jamais l'étoffe d'un roi. C'est pour ça qu'à un moment, la reine prend la parole en disant « je veux que les petits garçons et les petites filles continuent à jouer avec leur poupée de couronne » parce qu'aujourd'hui encore nos imaginaires sont faits par deux princes/princesses, rois/reines qui ne sont que des classes sociales. 

 

Tu vois comment faire bouger ça ? Ça prend du temps. (…) C’est intéressant je trouve, le bouffon qui reprend le pouvoir, qui devient effrayant. On lui a coupé la langue. Tu vois ça, ça vient vraiment du théâtre de l'absurde où on déconstruisait le langage. Après la Seconde Guerre mondiale, il y a eu, bien sûr, une perte de sens. Le théâtre a commencé à déconstruire le langage, déconstruire même des histoires dont on ne comprenait pas l’enjeu. J'étais hyper intéressée que le bouffon n'ait même pas le droit à la parole, on ne comprend même pas. Aujourd'hui en 2026, c'est la même chose quand on n'a pas la puissance des mots, c'est difficile quand on ne peut pas se défendre avec les mots. 

 

Surtout quand c'est des mots plus légitimés par la société qui correspondent à un langage bourgeois ou une culture légitimée.

 

Tout à fait !

 

 

 

Quel est la place du burlesque et de l’absurde dans ton travail ? 

 

J'aimerais bien savoir quelle est la différence. (…) En tout cas, le monstrueux, le cruel,ça je suis aussi très touchée, tout en reprenant les codes de l'absurde où on s'amuse avec du drôlement pathétique. Rien n'est gratuit. Par contre, ce sont les situations qui débordent et qui imposent le rire. J’ai toujours été attirée par le théâtre de l’absurde de Beckett et d’Ionesco. La conteuse parle un moment de l’espace vide, référence à Peter Brook. Cette pièce est un hommage au théâtre : par exemple, on parle aussi d’une chaise, car le premier exercice en cours de théâtre consiste souvent à savoir s’asseoir correctement.

 

Comme tu rends hommage aux textes shakespeariens, il y a une manière de redonner goût au théâtre classique, surtout pour le jeune public. En même temps, tu tues certaines figures traditionnelles, autant avec Hamlet qu’avec la conteuse (et la structure qui s’ensuit). Donc c'est un peu une manière de remettre en cause des traditions et des monuments du théâtre ?

 

Exactement! J'adore requestionner un peu les figures emblématiques de notre enfance, dont moi avec le Roi, la Reine et le Bouffon. Hamlet reste une figure emblématique du théâtre. 

 

Qu'est-ce que ça fait de tuer cette figure ? Je sais que ça met dans des situations assez dangereuses mais je trouve ça intéressant. Allons-y ! On ne sait pas très bien où ça mènera mais au moins on aura essayé quelque chose. Venant de la Légion d’Honneur avec la surintendance, des figures de pouvoir, je trouve ça intéressant de toucher à l'intouchable : pourquoi le sont-ils ? Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui d’être puissant ?

 

On le voyait un peu dans “Rue du Conservatoire” que t'avais peur de tuer Hamlet, de voir la réaction du public. 

 

J'avais peur. De base, je me battais pour que ça s'appelle Hamlet pour que personne ne se doute de quelque chose. Au Conservatoire, ça s'appelait comme ça et il y avait juste le résumé de la pièce de Shakespeare. Personne n’était au courant. A la première, j'avais le cœur qui battait. J'avais peur pour les comédiens et les comédiennes, que les gens se lèvent en disant : « c'est une honte de toucher à ça… » En fait, ça a été tout le contraire. Comme quoi les gens attendent ça en fait. 

 

 

L'esprit de troupe qu'on retrouve tes créations, notamment Hamlet, est-ce que c'est quelque chose qui te tient à cœur ? 

 

Ouais, c'est ça qui donne de la force aux pièces. La force de cette pièce, c'est la force de jeu entre tous les acteurrices et avec la scénographe. Avec le créateur lumière et sonore, je crée des groupes où il y a une ébullition artistique absolument fantastique comme dans Hamlet(te). Mais parce que je suis aussi très très bien entourée. 

 

C'est ce que disait Valérie Donzelli, après Rue du Conservatoire, que ça lui fait du bien de voir qu'on pouvait créer dans la douceur. Aujourd'hui, la génération théâtrale ne veut plus des « chefs de projet » qui prennent le pouvoir. On veut quelque chose qui va dans la douceur, dans la tendresse, toujours en ayant une grande exigence. On ne peut pas créer pas dans la souffrance, ni dans cette position de poète maudit ! 

 

Il y avait une interview que t'avais faite avec Valérie Donzelli sur Maze où tu parlais de la verticalité, qu'il fallait remettre en cause et le fait d'écouter ses comédiens… 

 

Exactement! Vraiment travailler dans la douceur, dans l'écoute pour être toustes au même endroit. Parce que je venais d'une école où il y avait quand même des prises de pouvoir de personnes qui savaient qu'ils avaient l'autorité. On n'en veut plus de ça. Ça ne fonctionnera plus ! (le constat est le même par rapport aux écoles de théâtre et au #MeToothéâtre)  

 

Je voulais juste revenir sur le regard que tu avais par rapport à l'esprit de troupe. À la base, c'est une tradition qu'il y a dans le théâtre, mais qui aujourd'hui devient de plus en plus une exception. De plus en plus de seuls en scène émergent pour plein de raisons, mais notamment pour des raisons économiques dues à l'économie du spectacle. Quel est ton regard dessus ? 

 

C'est horrible ce qui se passe… Il n’y a plus de troupes parce qu'il n’y a plus d'argent parce qu’on fait que couper. Pour trouver de l'argent et pour être accompagné, lorsqu'on a des grandes troupes, ça devient de plus en plus compliqué et du coup en effet il y a des seuls en scène qui se font de plus en plus. On est obligé de trouver une manière de faire du théâtre avec très peu d'argent, c'est hyper compliqué… Après, il existe des lieux comme la Ferme du Buisson, où je vais devenir artiste associée, qui donnent des opportunités folles. Les compagnies les plus précaires vont venir de plus en plus précaires. Beaucoup d'autres compagnies qui ne peuvent plus faire de théâtre. Mais je pense qu’à chaque crise théâtrale naissent de nouvelles essences.  

 

Hamlet(te) va se terminer ici. On est quinze comédiennes. On a pu faire une tournée mais après on ne pourra plus continuer. Surtout que j’ai été aidé par Julie Deliquet du TGP qui a pris en charge la pièce parce que moi et ma compagnie ne pouvions pas le faire. Elle m'a dit « allez je te donne la grande salle et toute l'équipe du TGP a été formidable ». Donc il y a quand même des personnes qui sont là pour aider la jeune génération. 

 

Comment ça se passe quand tu es artiste associée ? 

 

La Ferme du Buisson est une chance folle de pouvoir avoir le temps de créer. On ne peut plus rechercher le théâtre. C'est devenu une industrie théâtrale où il faut pondre des productions. J’en ai pour trois ans. 

 

Je vais pouvoir créer comme je le souhaite pour pouvoir continuer à grandir et à peaufiner. Comment puis-je continuer à sensibiliser mon regard ? Qu'est-ce que le théâtre d'aujourd'hui ? Comment ne pas devenir poussiéreux ? Comment ne pas refaire des choses qui marchaient l'année dernière, qu'aujourd'hui ne marchent plus ? Le Hamlet, ça a marché l'année dernière. Le Hamlet de 2025 ne peut pas être le même que celui de 2026.

 

 

« Le complexe d’une metteuse en scène, c’est d’organiser une fête et de regarder les autres s’amuser car on est responsables ». Être metteuse en scène c’est aussi rencontrer la solitude ? 

 

Tellement ! C'était trop beau cette phrase-là ! Pour le Roi, la Reine et le Bouffon, je joue dedans. C'est très difficile de jouer et de mettre en scène. La pièce venait d'une carte blanche présentée au conservatoire et c’est là que je me suis dit que j’aimais bien mettre en scène. C'est vraiment l'essence même de mon envie de faire du théâtre. Du coup, j'ai continué, en jouant dedans et ça n’a pas été facile d’enlever la metteuse en scène pendant que je jouais. 

 

Mais après quand ça se termine, tout le monde est content mais en tant que metteuse en scène, je ne sais pas comment te dire, tu n'arrives pas à redescendre. Il y a ce moment où t'es seule. Tout le monde va bien, tu rentres le soir et tu te dis « tiens pourquoi là c'était bien pourquoi là ça marchait pas ». 

 

Est-ce que le fait d'avoir cette casquette de metteur en scène influence aussi ta casquette de comédienne ?

 

Je continue à jouer dehors ;j'ai joué Juliette dans Roméo et Juliette de Guillaume Séverac-Schmitz. J'ai beaucoup appris. Mais ça reste difficile de mettre en scène et de jouer. Je pense que ça serait une des dernières fois où je le ferai. 

 

Mais je travaille avec des collaborateurs artistiques, Agathe Mazouin et Nadir Legrand, qui faisaient office d’œil extérieur quand je jouais. (En soi, je dis que c’est la dernière fois, mais je suis sûre que je le referais.) Souvent quand on joue, on ressent le public et c'est assez intéressant parce que je suis hyper attentive sur scène à écouter le public. Je me concentre sur les sensations. Après, on fait un tour de table et on prend des notes sur chacun de nos ressentis. 

 

Quelle est la place de la musique dans ton travail ? 

 

Elle est très forte. En fait, ma mère a baigné ma sœur et moi dans la musique classique. Elle était à fond dans les classiques d’opéra. J'ai fait de la flûte traversière et après j'ai été autodidacte pour le piano, j'adore chanter. La musique live comporte une théâtralité que je trouve très universelle parce que sans mots, tout le monde comprend. On peut venir de pays différents, on va avoir une sensibilité universelle avec ces notes. Du coup, je trouve ça hyper important cette jouissance de la musicalité que je veux mettre dans les pièces et qui apporte un rythme que le théâtre ne peut pas faire. Je trouve ça magnifique d’avoir un instrument sur scène. 

 

Je travaille avec Simon Péneau, créateur sonore, qui a créé tout un monde musical pour le conte. Ça a été un travail hyper important, qu'il a fait pendant un an et il a trouvé le juste milieu pour ne pas tomber dans les stéréotypes. 

 

Peux-tu nous parler de la création des décors et des costumes ? 

 

Je travaille en collaboration avec Angéline Croissant. J’aime beaucoup Richard Peduzzi, qui avait monté avec Patrice Chéreau un Hamlet avec un grand cheval. Il travaille beaucoup avec la géométrie. On a travaillé avec le fusain avec Muriel Navarro, ces quatre grands kakemonos sur un sol blanc. C’est très brechtien ! Je voulais qu’on voit les lumières, les coulisses de ce qui permet l’illusion théâtrale. 

 

Pour les costumes, avec Lucie Duranteau, j’avais imaginé des costumes qui permettent de faire comprendre les positions de chacun rien qu’à leur apparence. Le bouffon avait une bosse (référence au Richard III de Thomas Ostermeier) ; la reine est en triangle tandis que le roi a les épaules en triangle. La matière était “galement de papier,pour rejoindre l’univers.

 

Tu en avais un peu parlé, mais est-ce que on pourrait revenir sur tes références en termes de mise en scène et d'écriture ? 

 

Alors déjà pourquoi je n'ai que des références d’hommes ? Il va falloir que je me bouge pour trouver d'autres femmes (rires). Déjà je vais commencer avec Phia Ménard, une metteuse en scène fantastique a créé le seul-en-scène Vortex où c’était une immense claque théâtrale dans les situations. Aussi, Julie Deliquet dont je suis fan en tant que metteuse en scène et comme directrice d’un CDN (Centre Dramatique National) car elle fait confiance aux jeunes créateurrices (C’est rare !). Dans les hommes, je citerais Quentin Tarantino par rapport aux situations qui débordent qu’il crée, Charlie Chaplin que j’ai regardais très jeune. J’essayerais de comprendre le mécanisme du rire, pourquoi ça fait rire ou non et surtout comment parler de sujets tellement actuels à son époque. Le Dictateur est incroyable ! Puis, il y a le théâtre de l’absurde de Brecht, Beckett, Ionesco dont je suis fan ! Copi aussi, je suis trop fan ! Mais c’est encore un homme… (rires)

 

J’ai oublié de le dire mais toute la théâtralité que je cherche, ça vient de l’étonnement ! Comment peut-on être étonné en regardant du théâtre ? Hamlet, c’était la surprise. Je voulais vraiment créer l'accident et observer ce que ça fait sur nous. C’est difficile d’étonner ; je lisais même pour les médias qu’une vidéo c’était, je ne sais combien, d’images par seconde. Au théâtre, pour redonner une temporalité plus lente, c’est plus difficile…

 

 

Pour revenir au documentaire, il y avait Claire-Lise d'Arcueil, ancienne directrice du CNSAD qui parlait d'une plus grande ouverture des profits et du renouvellement du théâtre. Est-ce que c'est un constat que tu partages toujours deux ans après ta sortie du conservatoire ? 

 

C’est hyper important d'en parler parce que le théâtre reste encore très bourgeois avec ses codes et ses profils. Là, je trouve que ça bouge beaucoup en tout cas dans le conservatoire avec des profils très différents et des classes sociales différentes ou parce qu'il y a un meilleur accompagnement.  Mais ça ne bouge pas non plus très rapidement : on le voit dans les films, qui ont les premiers rôles, même dans le théâtre. C'est toujours un peu avec la même physicalité. Mais ça va bouger ! Et ça je trouve c'est hyper important de ne pas invisibiliser le fait que le théâtre demeure bourgeois ! Ça prend du temps ! 

 

Quels sont tes projets pour la suite ?

 

Pour la suite, il y a Mon chat est queer et il aime les sextoys qui va être un seule-en-scène ou plutôt un duo musical, que je travaille avec Barbara Métais-Chastanier. La création se fera la MC2 de Grenoble en automne 2027 et à la Ferme du Buisson. Le prochain projet que j’aimerais faire s’appellera Amen. Comme j’aime travailler sur les figures, il s’attaquera aux figures bibliques.

 

 

Crédits photos : Christophe Raynaud de Lage

 

 

Le roi, la reine et le bouffon

Écrite et mise en scène par Clémence Coullon

Avec Clémence Coullon, Myriam Fichter, Tom Menanteau, Guillaume Morel
Collaboration artistique – Nadir Legrand, Agathe Mazouin 
Collaboration dramaturgique – Barbara Métais-Chastanier 

1H10

La pièce s’est jouée du 5 au 22 février au Théâtre de la Tempête (Paris 12ème) – créée à la Ferme du Buisson en janvier 2026

 

Son autre pièce Hamlet(te) se joue du 7 au 17 avril prochain au Théâtre 13

Du mardi au samedi à 20h ou 18h

 

Jade SAUVANET

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