Les Fleurs du Manguier : la communauté des Rohingyas pour la première fois sur grand écran !
Les Fleurs du Manguier réalisé par Akio Fujimoto ( en salles le 22 Avril)
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LES FLEURS DU MANGUIER sort le 22 avril.
1 er film à porter la communauté Rohingyas à l’écran en France.
Le réalisateur Akio Fujimo s’interesse au sort des Rohingyas depuis des années .
Pour en savoir plus sur le film
Le projet est né il y a près de dix ans. En 2014, alors qu’Akio travaillait sur son premier long métrage Passage Of Life, il découvre pour la première fois la situation des Rohingyas à travers des migrants birmans rencontrés au Japon. Le sujet lui apparaît immédiatement comme essentiel, mais également presque impossible à traiter : l’accès restreint aux camps de réfugiés, le tabou profond entourant les Rohingyas au sein de la société birmane, la difficulté d’approcher cette communauté et l’absence de soutien international rendaient toute tentative de film extrêmement complexe. Le projet est alors mis de côté.
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Après la sortie de Passage Of Life en 2017, Akio séjourne à plusieurs reprises au Myanmar, où il vit un temps et fonde une famille ( femme birmane). Il y est confronté directement à la discrimination et à la répression croissantes envers les Rohingyas et les musulmans. Malgré cette proximité, le silence s’impose : le sujet reste trop sensible, trop douloureux, et le sentiment d’impuissance domine.
Le déclic survient en 2021, à la suite du coup d’État militaire. Akio découvre un article relatant la traversée en mer Andaman d’une femme rohingya fuyant les violences des camps de réfugiés. Il réalise alors que ces routes maritimes figurent parmi les plus meurtrières au monde. Ce récit réactive ses recherches passées et fait naître un sentiment d’urgence et de responsabilité : ce film ne pouvait plus être repoussé. Les fleurs du Manguier devenait la suite logique de son travail sur les migrations.
Ses recherches l’amènent en Malaisie, au sein des communautés rohingyas ayant fui les attaques militaires de 2017. Beaucoup ont transité par les camps de Cox’s Bazar, au Bangladesh, avant d’entreprendre une traversée maritime extrêmement dangereuse vers la Thaïlande et la Malaisie. À partir de ces témoignages, Akio construit le scénario : rien n’y est imaginé, tout est nourri par des récits vécus.
La rencontre avec Somira et Shafi, frère et sœur rohingyas de 9 et 5 ans, bouleverse l’orientation du film. Akio choisit alors de raconter ce périple à travers le regard des enfants. Ils interprètent leur propre rôle. Le tournage suit leur voyage et se tourne chronologiquement (day 1, day 2) depuis leur “chambre d’enfant” dans le camp jusqu’à celle de leur terre d’accueil. Au fil des semaines, les enfants s’habituent à la caméra et à l’équipe, jusqu’à oublier totalement le dispositif.
Le tournage, étalé sur cinq semaines, a exigé une attention particulière : adapter le rythme aux enfants, préserver leur bien-être, et maintenir une approche profondément empathique.
Les 200 acteurs, tous non professionnels et rohingyas, pour la plupart ne sachant pas lire, ont travaillé à partir d’actions plutôt que de dialogues écrits. De plus la langue Rohingya n'a pas de système d'écriture unique et universellement accepté. L’improvisation et les échanges collectifs ont été essentiels pour garantir la justesse des gestes, des prières, des chants et des silences.
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Visuellement, le film assume un contraste fort entre la dureté du voyage et une image lumineuse et solaire. Le directeur de la photographie Yoshio Kitagawa (Le mal n’existe pas, Ryûsuke Hamaguchi) a cherché une lumière naturelle, presque onirique, inspirée du 16 mm. Tourné à hauteur d’enfant, caméra à l’épaule, le film se déploie comme une fable : une histoire transmise de génération en génération, portant la mémoire collective des Rohingyas.
Au fil de leur voyage, mêlés à leurs compatriotes en exil, Somira et Shafi développent un amour enfantin mais profond pour leurs origines et leur pays. À travers les rencontres, les chants, les prières, les récits et les gestes du quotidien, ils s’imprègnent de la culture rohingya et se l’approprient progressivement.
Ce périple n’est pas uniquement une fuite vers un pays-refuge, mais aussi un chemin intérieur vers leurs racines
.Le thème de la transmission traverse tout le film et en constitue l’un des piliers. Il est symbolisé par l’image récurrente d’un arbre manguier, motif visuel et émotionnel qui accompagne les enfants tout au long de leur voyage.
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Les fleurs du Manguier assume ainsi une dimension documentaire affirmée : documenter un patrimoine menacé, le préserver et le transmettre. Le son devient un espace de mémoire et de résistance, un lieu où l’identité survit malgré l’exil.
Les Fleurs du Manquier met en évidence l’importance vitale de préserver et de transmettre les coutumes, les gestes et l’identité d’une communauté menacée par un nettoyage ethnique qui risque d’en effacer jusqu’à l’histoire.
Cette urgence est particulièrement forte pour les Rohingyas, dont l’existence même est niée et dont le patrimoine culturel est en danger de disparition.
Le plus grand souhait d’Akio est que les Rohingyas puissent regarder Les Fleurs du Manguier avec leurs enfants, y reconnaître leurs chants, leurs prières, leurs images et leurs racines, et ressentir une forme de fierté à voir leur culture exister, transmise et partagée avec le reste du monde.
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Notre avis
Etonnant film que ces Fleurs du manguier* , drame d’Akio Fujimoto suivant un frère et une sœur qui quittent un camp de Rohingyas du Bangladesh pour rejoindre la Malaisie, dans l’espoir de retrouver leur famille.
On s'en rend très vite compte, avec la mise en scène immersive de Fujimoto Les fleurs du manguier n’est pas un récit fictif traditionnel avec une intrigue nette et précise et des personnages qui évoluent au gré d'un vrai développement narratif.
Le long métrage de Fujimoto s'avère être plus un récit totalement imprévisible de l’épreuve à laquelle les enfants sont confrontés lorsqu’ils traversent les frontières et perdent des membres de leur famille — et du peu d’informations précieuses qu’ils ont sur leur destination finale.
En tant que tel, il est parfois difficile de se connecter émotionnellement aux personnages, ce qui fait que le film se voit moins comme une fiction que comme un documentaire impressionnant et édifiant auquel il manque juste un peu de romanesque pour totalement vibrer devant le récit tragique des personnages.
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