Baz'art  : Des films, des livres...
19 mai 2026

[CRITIQUE] L'être aimé: valeur intense et très sentimentale chez Rodrigo Sorogoyen

 

En 2002, As bestas, avec Marina Foïs et Denis Ménochet, était un film d'une puissance rare. Depuis cette date, le réalisateur espagnol n’est pas resté à rien faire, puisqu’il a créé une remarquable série diffusée sur Arte et toujours disponible sur arte.tv (Los años nuevos).

Par son intrigue, L'Être aimé pourrait faire songer à Valeur sentimentale , le film de Joaquim Trier qui a obtenu le Grand prix à Cannes l'an dernier.

Les deux pères y sont en effet des cinéastes de grande réputation ayant délaissé leur fille. 

 

 

On assiste, dans l'un comme dans l'autre, à une confrontation, mais elle est beaucoup plus explosive, frontale, intense, plus sentimentale même chez Sorogoyen. Surtout, elle s'exprime dans le cadre d'un tournage que Joachim Trier prenait soin de ne jamais montrer.

On a toujours adoré le  travail de Rodrigo Sorogoyen (ses idées de mise en scène foisonnantes ou  ses dialogues percutants, sa grande sensibilité...) . Ici, comme souvent chez lui,  Rodrigo Sorogoyen favorise les gros plans lors des échanges entre ses personnages, captant ainsi les regards fuyants ou insistants, le silence lourd et les malaises palpables.

 

 

D’emblée, une très longue scène cueille le spectateur dans un restaurant madrilène, laissant deviner les tensions passées qui ont émaillé cette relation et conduit père et fille à s’éloigner pendant plusieurs années. 

Cette séquence d'ouverture de L'Etre aimé, de Rodrigo Sorogoyen, est longue, implacable, filmée comme un match de boxe, et pose les bases d'un film de lutte, de joutes verbales, de conflits générationnels.

Cette scène, un long plan séquence d'au moins dix minutes, véritable morceau de bravoure de L'Être aimé résonne avec d'autres plans séquences phares du cinéma de Sorogoyen,, comme par exemple les 15 premières minutes de Madré.

 

 

L’être aimé suit ensuite le réalisateur pendant le tournage d’un long-métrage sur les îles Canaries, véritable film dans le film, dont il a confié le rôle principal à sa fille, espérant combler le fossé qui les sépare.

Javier Bardem incarne de façon assez démente ce cinéaste impulsif, familier de coups de sang lors de tournages passés, qui tente de se maîtriser mais laisse parfois éclater sa colère, en visant en particulier sa fille. Face à lui, Victoria Luengo, déjà épatante dans la série de Sorogoyen « Antidisturbios », livre ici une partition admirable en fille qui accable son père de reproches.  

 

 

Sorogoyen filme avec énormément de tension et de maitrise ce récit en crescendo qui atteint son paroxysme lors d’une autre séquence où les personnages, ceux du film dans le film, se mettent à table. Sentant qu’il perd le contrôle de la situation, Esteban adopte un comportement abject à l’égard des acteurs et des techniciens. Seule Emilia lui tiendra tête. 

Sorogoyen, qui avait déjà filmé dans As Bestas des comportements masculinistes, montre ainsi à quel point le pouvoir intrinsèque d'un réalisateur, dû notamment à l'organisation hiérarchisée d'un tournage, peut devenir tyrannique aux mains d'un caractériel doté d'une dose de perversité.

Un film aussi impressionnant dans sa narration que dans son interprétation, auquel on reprochera seulement quelques maniérismes superflus notamment avec des usages inutiles du noir et blanc et de différentes matérialités de l'image.

Un pêché véniel par rapport à la qualité d'ensemble de ce long métrage à qui l'on accorderait bien un accessit au palmarès cannois samedi soir prochain.

 

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 306 854
le 11ème Festival du cinéma chinois en France.

Le 11ème Festival du cinéma chinois en France a la particularité de circuler en France, avec un programme contemporain et inédit, jusqu’au 30 juin.

Entre grandes productions populaires et œuvres d’auteur, la programmation met en lumière la richesse des genres et des thématiques, allant de l’animation au thriller, en passant par le drame, le film historique ou encore le documentaire.

Le Festival se déroulera en mai et juin 2026 dans une dizaine de villes, dont Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Cannes, Brest, Montargis, ainsi qu’en Outre-mer à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

Il va passer à Lyon au Pathé Bellecour à partir du 29 mai 

Parmi les films présentés, le public pourra découvrir le nouveau film de Zhang Yimou « Scare out », ( voir photo ci dessous) « Endless journey » de Dai Mo (multi primé en Chine), « The lychee road » de Dong Chengpeng...

 

Le Festival de Cannes s’invite dans les cinémas Pathé!!

 

Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, weekend Cannois dans les cinémas Pathé

 

Les films de Cannes s’invitent dans votre cinéma Pathé Grenoble pour un weekend exceptionnel du 22 au 24 mai, avec la projection d'une sélection de films issus de la sélection officielle du Festival de Cannes.

 

Pour la 13ème année, une sélection de films du Festival de Cannes sera proposée dans les cinémas Pathé Palace à Paris, Pathé Boulogne, Pathé Rennes, Pathé Nantes, Pathé Bellecour à Lyon, Pathé Wilson à Toulouse, Pathé Masséna à Nice, Pathé Comédie à Montpellier, Ciné Capitole à Clermont-Ferrand et Pathé Grenoble.

Au programme, trois jours de festivités aux couleurs de la sélection cannoise ! Cette nouvelle édition se tiendra du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026 et proposera plus d’une dizaine de films de la sélection officielle du Festival de Cannes. Une occasion exceptionnelle pour les cinéphiles de découvrir ces films presque en même temps que les festivaliers et, pour certains, plusieurs mois avant leurs sorties en salles.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés