Critique : Le Vertige- Quentin Dupieux plus paresseux que vertigineux?
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Un matin comme un autre, Jacques débarque avant l’aurore chez son pote Bruno nanti d’une information qu'il trouve ébouriffante : le monde dans lequel ils vivent n’est pas réel mais une simulation.
Face à l’incrédulité de son hôte, Jacques lui présente des preuves irréfutables : une liste de bugs affectant le quotidien. Bruno se met alors à douter…
Même s’il s’agit ici de son premier long métrage d’animation, : Dupieux creuse le même sillon, depuis son premier long métrage, le NOn Film et tourne autour de l’idée de l’existence d’un monde contigu à celui dans lequel évoluent les personnages de sa fiction, l’un subissant les effets de l’autre ; le second pouvant engendrer des phénomènes étranges dans le premier.
Et Dupieux d'explorer à nouveau des thématiques qui lui sont chères, sur la critique de la société technologique et l'abime du numérique qui fait perdre à l'individu son surmoi- thématique déjà abordée dans Fumer fait tousser, incroyable mais vrai ou le récent Accident de Piano-
En fin de compte, Le Vertige n'est pas vraiment un film d'animation dans le sens organique du terme, tant la technique utilisée, celle des premiers jeux vidéos de Playstation, du style Les Sims rend ce monde tout en pixels angles droits où les corps et les visages deviennent des figures cubiques, dénués de la moindre incarnation.
Une façon clairement assumée pour Dupieux de revendiquer son artisanat à l'heure où l'IA devient de plus en plus impressionnante et réaliste.
Et qui renvoie par essence au concept de mise en abyme, auquel le film ne se prive pas de faire référence : les personnages évoquent Matrix, le générique s’achève sur des coulisses fictives du plateau de tournage et l’autre côté d’une caméra n’ayant jamais existé.
Dommage qu'une fois le concept posé, comme souvent chez Dupieux, le film bute contre ses propres limites et que le récit se contente de sa propre idée de départ sans en déployer toutes les possibilités, un peu comme son univers semble restreint.
On attendrait une autre dynamique, des dialogues et des situations plus poussés et on a le sentiment que Dupieux n'ait pas été au bout de son idée.
Une fois de plus on a l'impression que l'imagination du cinéaste a été contaminée par des élans de paresse, et c'est un sentiment de frustration- malgré le twist final assez hilarant- qui prédomine devant ce Vertige qui ne devrait séduire que les fans de la première heure de Dupieux.
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Le Vertige de Quentin Dupieux- à voir en salles actuellement.
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