[CRITIQUE] LE TRIANGLE D’OR de Hélène Rosselet-Ruiz : Master and servants
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Laura arrive chez Souria pour travailler en tant que domestique au service de la compagne d’un prince saoudien, dans un hôtel particulier parisien.
Une sorte d'esclave moderne, qui fait tout ou presque à la place de Madame les taches les plus simples comme ouvrir une bouteille d’eau.
Cette dernière n’est pourtant ni vieille ni impotente, sa beauté et sa richesse la rendent puissante et insolente, or la demeure sur laquelle Souria feint de régner ne lui appartient pas. Telle la princesse de Barbe Bleue, elle se voit interdite de quitter les lieux par son amant, le véritable propriétaire.
D’abord spectatrice, Laura se retrouve presque malgré elle au centre d’un jeu qu’elle tente de bouleverser mais dont les règles la dépasse.
Pour son premier long métrage Hélène Rosselet-Ruiz dit s’être inspirée d’une expérience professionnelle qu’elle traduit ici en galvanisant, pour les besoins de la fiction, le fruit de ses observations.
Depuis la régle du jeu de Jean Renoir jusqu'aux vestiges du jour de James Ivory, la question de la relation entre maitre et domestique fait les beaux jours du cinéma, et la jeune réalisatrice a du puiser dans ses références là pour écrire le scénario du Triangle d'Or.
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Mais on pense aussi au film Moon, réalisé l’an dernier par la cinéaste autrichienne Kurdwin Ayub, dans lequel un personnage de coach sportive blanche se retrouvait à habiter chez des princesses jordaniennes enfermées dans leur palais
Comme Kurdwin Ayub, Helene Rosselet-Ruiz réussit à créer un vrai suspens étouffant, utilisation parfaite du décor de la grande maison lumineuse et mise en scène hitchcockienne avec une utilisation nerveuse des caméra de surveillance et dans la manière de transformer une luxueuse résidence en désert carcéral dans son film qui nous parle de sororité et d'émancipation féminine impossible..
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Des plans de caméras de surveillance dans une villa à la décoration très lynchienne ambiance Inland Empire. Mais la grande réussite de la réalisatrice , c’est d’éviter les écueils du scénario et notamment celui du manichéisme.
Si la peinture des nouveaux riches issus du Golfe est sans concession, le film prend le temps d’exposer les parcours qui dictent à Souria et Emre leurs raisons d’être et d’avoir.
En résultent deux personnages féminins portés par deux actrices convaincantes :Soundos Mosbah et Malou Khebizi.
Malou Khebizi notamment incarne avec une présence assez phénoménale le personnage plein de complexité de Laura . La révélation de Diamant brut, ici très impressionnante, donne le sentiment d'être toujours sur la corde raide entre certitudes morales et improvisations constantes. Elle donne l’illusion de lutter contre les courants du film tout en le portant tout en haut.
LE TRIANGLE D’OR
Avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri, Kassem Al Khoja
sortie le 29 juillet
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avant-première LYON LE COMOEDIA
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Le Triangle d'or
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Le : 10 juil. 2026, 20:30
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En présence de la réalisatrice Hélène Rosselet-Ruiz et de la comédienne Malou Khebizi.
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