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4 juillet 2026

Festival OFF D’Avignon 2026 : Nos premières recommandations vues et approuvées (partie 4)

Le festival OFF d’Avignon s’ouvre aujourd’hui, on vous donne les premiers spectacles qu’on a vus et approuvés chez Baz‘art.

 

Tout contre la terre – La Factory / Théâtre de l’Oulle

 

 

Un agriculteur se suicide chaque jour. Rapports parlementaires, études de Santé publique France, décomptes de la Mutualité sociale agricole… Le constat est unanime, au vu de la crise que traverse le monde agricole : le mal-être est structurel. Selon la Mutualité sociale agricole (MSA), dans un rapport datant d’octobre 2022, 529 agriculteurs affiliés se sont donné la mort en 2016. En 2017, Antonin, éleveur de porcs, fut l’un d’eux, broyé par un système étouffant. Son histoire, c’est Camille Beaurain, sa compagne qui la transmet. Et son témoignage est porté aujourd’hui sur les planches par Rémi Couturier. 

 

Elle avait 15 ans, lui 22. Elle vient de la ville, il est éleveur de porcs dans la Somme. Deux mondes qui coexistent mais qui se côtoient sans trop s’en rendre compte. Surtout quand l’un permet de nourrir de l’autre. C’est le constat que fait Camille à son premier date avec Antonin au milieu des porcs, après un tour à bord d’une moissonneuse-batteuse. Elle embrasse cette vie imprévue et avec elle, l’amour que porte son compagnon pour ce métier de famille. La réalité est là et elle décide de l’affronter avec lui : obligation d’investir pour plus de productivité, des dettes qui s’accumulent, la pression avec des prix toujours plus bas et un embargo, suicides des agriculteurrices… Une partie de ce qu’on appelle ajd la crise agricole est bien documentée, en gros traits pour ceux.celles qui n’en ont pas connaissance. Couturier ne se contente de la coucher telle quelle mais d’y glisser un comique kafkaïen, signe de l’absurdité administrative et des exigences demandées à Antonin et son frère pour plus de rentabilité. Si le sujet de fond n’est pas édulcoré, c’est surtout parce que la tendresse émanant de l’histoire d’amour entre Camille et Antonin fait transparaître un respect et une sobriété qui semble les faire tenir face aux flots. Cela redonne beaucoup d’humanité à un sujet aux contours durs, complexes et éminemment d’actualité.

 

D’une mise en scène sobre tenant à un mur de bottes de foin déplacée en long en large et en travers du plateau, soulignant le labeur du quotidien, Tout contre la Terre nous bouleverse et nous attendrit, jetant une pierre sur cette problématique sociétale d’un monde où la main qui nourrit est aussi celle qui mendie (on peut penser aux réalisations d’Edouard Bergeon). Mention spéciale au duo émouvant Charlotte Bigeard- Thibaud Pommier !

 

A 10h à la Factory – Théâtre de l’Oulle

1h15

Du 4 au 25 juillet

 

 

La fileuse de nuit - Artéphile

 

 

Une légende de la fileuse de nuit sommeille. Elle serait un être surnaturel, une revenante qui occuperait les maisons, passant son temps à filer la laine. N’y-en-a-t-il pas dans chaque maison ? Les fantômes occupent les maisons en attendant que quelqu’un.e vienne leur parler…

 

Une jeune femme semble entamer ce cheminement. Elle atterrit comme une grotte aux tons bleutés où le nombre de portes sont reliés à ses pensées, même les plus inconscientes et anciennes. Cette grotte peut-elle apporter le savoir comme le prétend l’allégorie de la caverne de Platon ? Pour continuer l’exploration, tous les matériaux sont mobilisés. Elsa Rozenknop ouvre les portes ; les sens se recoupent : une odeur de grenier, une voix familière, une mère dont l’enfant est mort-né, une autre contrainte sous la pression paternelle d’abandonner… Quand l’odeur revient, l’image d’un petit garçon apparaît, enfermé dans ce grenier. Quel lien a-t-elle avec lui ? Sa mémoire la surprend, la bouscule… Les flashs se multiplient, si bien qu’elle décide d’aller plus loin. Les fils d’une pelote emmêlée la mènent vers une autre porte. La découverte de drames familiaux se multiplie et commence à trouver une probable origine : l’arrière-grand-père.

 

Les secrets sortent un à un, Elsa utilise le fil de la pelote pour les assembler ensemble et retrouver les pistes dans les mémoires de ses ancêtres. Pour plus de clarté, elle arrive à s’extraire de la grotte et entamer sa propre introspection. Elle se mue en intervieweuse dans un débat d’émission de radio qui décrypte le rôle des portes (on ne parle pas de porte au sens propre) ou encore se replonge dans le conte de Barbe Bleue pour mieux brosser son histoire. 

L’examen de sa psychè devient rêve et cauchemar ; on ne parvient plus à voir la frontière du réel. Les plaies sont réouvertes et peuvent s’infecter. Les souffrances du passé se transmettraient-elles à travers la lignée familiale ? C’est ce qu’affirme la psychogénéalogie d’Anne Ancelin Schützenberger : nous sommes tous liés inconsciemment à nos ancêtres, qui nous lèguent le poids des secrets, des drames et des deuils qu’ils ont vécus. Dans ce patchwork de tragédies, on perçoit la grande Histoire, celle de la mémoire traumatique de la Shoah et le poids de l’arrière-grand-père destructeur par ses mots. 

 

Le fil rouge du récit se noue, il s’échappe de sa broche ou sa poche ; comme ceux de l’esprit qui finissent toujours par nous rattraper. Ici, faire théâtre de ses sources passe par une plongée onirique et la réparation apparaît comme un kitsungi. La mise en scène est plurielle et furtive dans les changements d’ambiance, la lumière en devient un personnage à part entière de la pièce, tellement son rôle est important !

 

A la manière d’un kintsugi, Elsa Rozenknop couvre de dorures les fêlures de son histoire familiale. Dans un style très fantastique (des airs d’Alice aux pays des merveilles) qui convoque la psychogénéalogie (on pense à « La Grande musique » de Stéphane Guérin) elle nous invite à creuser l’ambiguïté quitte à troubler. 

 

A 15H50 à l’Artephile

1H10

du 4 au 25 juillet (relâche les 5, 12, 19 juillet)

 

 

 

Les Evadés – La Factory / Salle Tomasi

 

 

Une victoire à court terme ? Dans la nuit du 20 février 2025, l’Assemblée Nationale a adopté un impôt plancher sur le patrimoine des « ultra-riches » appelé « taxe Zucman ». Le texte tire son nom de l’économiste Gabriel Zucman, dont les travaux ont inspiré la députée écologiste Eva Sas dans le cadre de la niche parlementaire du groupe écologiste et social : cet impôt plancher s’appliquerait sur le patrimoine des 0,01 % des contribuables les plus riches en France, afin de s’assurer qu’ils payent au moins 2 % de leur fortune en impôt (contre 0,5% aujourd’hui). L’adoption de cette taxe en première lecture, en raison du soutien total des députés de gauche (face à un camp gouvernemental très hésitant et l’abstention du Rassemblement national), n’est pas garantie au Sénat, avec la prédominance de la droite et du centre. 

 

Tout part des travaux de l’économiste, directeur de l’Observatoire européen de la fiscalité à Paris qui ont aussi inspiré Amélie Cornu suite à une interview donné à Télérama en 2020 : face à l’avènement du néolibéralisme dans les années 70 porté par le crédo réganien « L’impôt, c’est le vol », Zucman répond « Ne pas payer les impôts est un hold-up bien plus grave, qui affecte directement la santé, la sécurité et l’éducation des plus pauvres. Et fragilise la démocratie. » Cornu décide de se plonger dans des heures d’entretiens avec personnalités politiques et expert.es de l’activisme et des questions autour de la justice fiscale. Quel moyen pour fictionner ce sujet aussi vaste, parfois technique mais toujours autant d’actualité ? Cela se concrétise donc par la création d’un collectif activiste nommé « Sauvons les riches ». Plusieurs membres sont dispatchés dans la salle à nos côtés. Au début, nous devenons les actionnaires Blue Télékom en pleine Assemblée Générale. Les dirigeants annoncent des dividendes conséquents et quelques centimes en plus pour les salariés. Le collectif déboule en plein discours distribuant des liasses de billets. C’est le premier acte. 

 

Tout s’enchaîne. Rosa, journaliste d’investigation accrochée à la force du quatrième pouvoir, se fait retoquer proposition sur proposition, pas assez « accrocheuses » selon son rédacteur en chef. Puis un scandale d’évasion fiscale éclate alors que la campagne électorale débute. Le nom de Jacques Trompe, candidat favori à l'élection présidentielle, est cité. Rosa se lance à la recherche du mystérieux lanceur d’alerte, qu’elle estime au début membre du collectif. Seul moyen d’y arriver : proposer une immersion au sein du collectif. Lors d’une autre manifestation, elle couvre l’évènement…  jusqu’à être embarquée par la police et identifiée malgré elle comme porte-parole du collectif. D’autres personnages entrent en compte : au travers des gardes-à-vue, on suit le quotidien de policiers et leur chef, bien effacé, qui applique le schéma de maintien de l’ordre et enquête sur les révélations d’évasion fiscale. 

 

Amélie Cornu avec la compagnie Licorne de Brume dessine les dessous des milieux de l’activisme militant et du système politico-médiatique qui gravite tout autour dans une très bonne satire aux gros traits, sans jamais verser dans la caricature. Grâce au burlesque, au cynisme dilué et au dynanisme des comédien.nes (citons-les tous.tes Jean Barlerin, Amélie Cornu, Tristan Legoff, Aurélie Noblesse, Cindy Rodrigues et Hugo Sablic ), Cornu interroge les propres contradictions de chaque acteur.rice de l’histoire : les sources de l’engagement, la soit-disant « neutralité » journalistique, l’éthique en question devant le procédé de l’immersion ou encore le fait que certains ne peuvent s’appliquer les valeurs avec lesquels ils ont grandi et en faveur desquels ils se mobilisent avec par exemple la question de la parité dans les milieux associatifs. 

 

Du bon théâtre politique comme on aime avec beaucoup d’appels au public (bye bye le quatrième mur) et de la pédagogie pour une thématique parfois technique… Au vu du développement de l’histoire, on aurait même envie que ça continue…

 

A 21H15 à la Factory – Salle Tomasi

1h15

Du 4 au 25 juillet (relâche les 9, 16, 23 juillet)

 

 

Au nom du terre, du fils et de Jackie Chan – Condition des Soies

 

 

Arthur évolue dans une famille peu commune, qui a fait le choix de créer un foyer d’accueil pour personnes handicapées et de l’élever au côté des personnes accueillies. Ce personnage de théâtre est le double de Matthias Fortune. Une enfance où les besoins sont effacés tend à se répercuter à l’âge adulte. Le décès de son père ainsi que la naissance de son premier fils déclencheront la remise en question. Ici, Arthur montre comment avec une famille rongée par les traumatismes, il a trouvé en Jackie Chan une sorte de père spirituel. La relation père-fils déroule tout au long de la pièce, enrichie d’une réflexion autour des masculinités et de la santé mentale, comment les parents sont souvent par habitude de génération, dans l’incapacité de prendre charge leur traumatisme.

 

Un travail du corps impressionnant mais surtout une sacrée performance touchante pour Matthias Fortune et le compositeur Léo Grise !

 

 

A 17H à la Conditions des Soies

1H20

Du 3 au 25 juillet (relâche les 8, 15, 22 juillet)

 

 

Crédits photos : 1- Rémi Couturier / 2- Florent Drillon / 3- Capthéa / 4- Dang Phan

 

Jade SAUVANET

 

 

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Chris Isaak en concert à Paris et à Lyon

 

 
Au cours de ses quarante ans de carrière, CHRIS ISAAK, chanteur et acteur, plusieurs fois disque de platine et nominé aux Grammy Awards, s'est produit dans le monde entier avec les membres de son groupe de longue date, Silvertone. Sa discographie et sa filmographie comprennent treize albums studio acclamés par la critique, douze singles en tête des charts et plusieurs films, tels que Le Silence des agneaux, Twin Peaks : Fire Walk With MeThat Thing You Do ! Son travail l'a également amené à travailler dans les coulisses, en créant la musique de plusieurs bandes originales de films, notamment Eyes Wide ShutTrue RomanceWild at Heart et Blue Velvet
 
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49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

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