[CRITIQUE] PARADISE de Jérémy Comte, entre le Québec et le Ghana
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Du Ghana au Québec deux jeunes hommes souffrent de l'absence d'un père.
Entre le Ghana et le Québec, deux adolescents que tout semble opposer avancent pourtant avec le même manque : celui d’une figure paternelle. Deux trajectoires cabossées qui se répondent à distance jusqu’à ce que leurs destins finissent par se rejoindre.
Entre ces deux pays, ces deux cultures, entre ces deux jeunes hommes un drôle de lien va se tisser.
Alors que Chantal, la mère de Tony est persuadée de correspondre avec un capitaine de cargo, le jeune homme découvre qu'elle est victime de Kojo, membre d'un réseau de brouteurs ghanéens.
Tony décide de se rendre en Afrique pour dénoncer l'escroquerie.
Le récit se déploie en trois mouvements — le bateau, le capitaine et le feu — qui pourraient aussi se lire comme les étapes d’un même processus : l’arnaque, le désarroi, puis la vengeance. Une construction narrative qui souligne la manière dont les destins se croisent et se répondent, entre deux continents et deux réalités sociales.
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En s’emparant du phénomène des arnaques sentimentales en ligne (les désormais célèbres brouteurs), Jérémy Comte aurait pu livrer un simple thriller contemporain. Il choisit au contraire d’en faire le point de départ d’une réflexion plus vaste sur la confiance, cette force invisible qui relie les êtres autant qu’elle peut les conduire à leur perte
Très belle réalisation, formidable utilisation des décors du Québec et du Ghana. Photographie travaillée, Jeremy Comte à soigne le côté formel de sa mise en scène.
Le cinéaste y déploie un regard d’une profonde empathie sur des personnages en quête d’un équilibre que la vie semble leur refuser.
Derrière les manipulations et les faux-semblants, Paradise raconte avant tout le besoin de croire en quelqu’un, de combler un vide, de trouver un refuge, quitte à s’abandonner à l’illusion.
Le récit reste malheureusement un peu lâche et improbable, car les décisions et le comportement de Tony semble parfois incompréhensible.
Si le fond géopolitique est vraiment très intéressant dans sa constatation du choc entre les deux histoires des deux continents, le scénario manque, hélas, de crédibilité.
Un premier film ambitieux, à moitié réussi ou à moitié raté, à vous de choisir.
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Paradise
Distributeur : Tandem Films
Avec : Daniel Atsu Hukporti, Joey Boivin Desmeules, Evelyne de la Chenelière
Pays : Canada, France, Ghana
Genre : Drame
PARADISE de Jérémy Comte sortira en salles le 19 août 2026.
Nb/ Jérémy Comte est un réalisateur québécois. Auteur de plusieurs courts métrages documentaires et de fiction, son court métrage FAUVE a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, dont Sundance, Toronto et Telluride. Il a aussi été nommé aux Oscars.
PARADISE est son premier long métrage, sélectionné au Festival de Berlin 2026, en section Panorama.
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