Rentrée théâtrale à Paris : Les Oubliées de Londres - Jack L'éventreur raconté par ses victimes.
Une prostituée, ça intéresse qui ? Demain tout le monde aura oublié.
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Londres, 1888. Dans une ruelle de Whitechapel, une femme est assassinée dans l'anonymat de la nuit. À Scotland Yard, on hausse les épaules : ce n'est qu'une prostituée. Pas de preuve, pas de suspect, pas d'enquête.
Il faudra 4 autres corps et la pression de la presse pour qu'on daigne s'y intéresser. Le monde entier retiendra alors un seul nom : Jack l'Éventreur.
Elles s'appelaient Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Puisque personne ne les cherche, elles vont mener l'enquête elles-mêmes : trouver le meurtrier avant qu'il ne les trouve.
Inspirée de faits réels, portée par 6 comédiens et une centaine de personnages, cette comédie à l'anglaise renverse le fait divers le plus célèbre de l'Histoire. On y rit beaucoup, et c'est précisément ce qui rend la gifle plus forte.
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Notre avis
On a raconté mille fois l'histoire de Jack l'Éventreur. Plus rarement celle de ses victimes.
Un soir, sur scène, 5 femmes se mettent à citer les hommes qui les ont menacées de mort. Il y en a tellement qu'elles s'arrêtent net : elles viennent d'en faire la liste. Une autre cache son visage sous un grand chapeau et explique qu'elle est tombée dans un escalier. Rien de tout cela n'a été inventé pour le théâtre. Rien de tout cela ne nous est étranger.
C'est tout le vertige de cette pièce : on croit regarder un fait divers victorien, on se surprend à reconnaître le monde par la fenêtre. Entre le Whitechapel de 1888 et la France d'aujourd'hui, ce qui a changé, ce sont les lampadaires.
Là où la culture populaire a toujours starifié le tueur, l'autrice en fait une ombre sans visage. Le meurtrier n'est jamais nommé, jamais incarné : la menace peut alors prendre le visage de n'importe qui. Au lieu de demander « qui a fait ça ? », la pièce préfère interroger : qui va survivre ?
Pas de couteau, pas de sang, pas d'images choquantes. Le spectacle est tout public, y compris scolaire. Le sujet, les violences faites aux femmes, est abordé frontalement mais jamais démonstrativement : la comédie reste le meilleur moyen de toucher tout le monde.
Véritable hommage aux victimes et à la sororité, la pièce redonne une identité, une voix et une forme d’héroïsme à ces femmes trop longtemps reléguées dans l’ombre.
Du grand spectacle, qui mérite pleinement son succès, porté par une scène finale d’une émotion bouleversante, capable de faire naître de véritables frissons.
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Photographies : Bertrand Exertier
Distribution
Benjamin Alazraki · Alexandra Bialy · Antoine Bordes · Léo Grêlé · Dorothée Moreau · Fabienne Tendille
Texte et mise en scène Alexandra Bialy · Assistant à la mise en scène Jordan Topenas · Lumières Tristan Mouget · Musique Dominique Mattéi · Costumes Christine Vilers · Décors François Iafrate
Palais des Glaces
37 rue du Faubourg du Temple
75010 Paris
Les dates
Depuis le 8 septembre, tous les mardis et mercredis à 19h00
Durée : 1h20
Tout public, à partir de 12 ans
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